Wadada Festival – 7 et 8 juin 2018

Paix et amour. C'est ce que nous promettait le Wadada Festival 2e édition et c'est bien ce qu'on a trouvé au bord de la plage de Tréompan dans le Finistère nord.

Un festival dimensionné pour l'échange des artistes avec le public et des festivaliers entre eux. C'est dû aussi à ce public si particulier venu pour faire la fête, danser sur du bon reggae et partager un bon moment avec toutes les personnes présentes. Rarement un festival a rassemblé autant les générations, mixant familles avec jeunes enfants, groupes d'amis de tous âges ou couples d'amoureux.

Programmé sur 2 jours dans le site protégé de Ploudalmézau, l'occasion de se promener sur cette belle plage de sable blanc. Les artistes présents n'ont pas manqué de souligner la beauté naturelle des lieux.

Cette deuxième édition était l'occasion d'installer le festival dans le paysage breton avec un site plus grand, une scène plus grande, des food trucks plus nombreux (et de super qualité) et toujours un bon choix de bières.
 

wadada festival

ça donne envie non ?

Mais pour profiter de l'ambiance, il fallait d'abord arriver sur les lieux, ce qui n'est pas facile a trouver surtout lorsque tous les panneaux signalétiques ont été dérobés pendant la nuit (sic), difficile donc d'y accéder mais le jeu en valait bien la chandelle.

Les choix en termes de programmation s'avèrent judicieux. Par exemple lancer le festival avec Jim Murple Memorial a permis aux personnes ponctuelles déjà présentes de se chauffer en douceur grâce à la voix de la chanteuse Célia toujours au top niveau et la bonne humeur communicative du groupe. Il a bien fallu quelques relances pour que les plus timides se rapprochent mais au bout de quelques chansons, il ne fallait pas prier le public pour reprendre en chœur les classiques du groupe comme "Jéricho", "Ska's not dead" et faire les choeurs sur le fameux "Mr big stuff".

La suite était tout aussi enthousiasmante avec la voluptueuse Hollie Cook porté par un backing band au jeu millimétré, manquant certes un peu de folie mais terriblement efficace.

wadada festival, hollie cook
Hollie Cook a ravi les festivaliers

La première surprise du festival arriva avec Tom Fire et un set explosif réunissant  tour à tour puis ensemble Flavia Coelho en mode sound system, le feu follet Bazil et le toujours électrique Winston McAnuff. Celui ci était d'ailleurs venu au contact du public juste avant le set pour prendre la température. Une photo ? "Eveready man", accompagné d'une accolade surpuissante, le vétéran est toujours aussi en forme. On assiste alors à un surprenant Tom Fire alternant des titres reggae, rub a dub avec une forte consonance bass music. Il fallait quand même voir Winston Mc Anuff reprendre ses titres sur une instru plus proche de la techno que du root sde ses débuts.
 

wadada festival, winston mcanuff

Winston McAnuff toujours aussi inspiré

Il fallait oser et c'est bien réalisé, le public un peu circonspect au départ s'est même laissé prendre au jeu pour ce qui sera finalement la tonalité principale du festival : une majorité de dj's et moins de live band, c'est une constante dans l'évolution du paysage musical qui se retrouve donc en festival.

On retrouvera sur cette ambiance électro Tambour Battant, Bard Box un one man band inspiré et même le Transglobal Underground qui propose avec Natacha Atlas un set international avec un mix d'influences orientales, indiennes et reggae.

Malgré les espoirs, la pluie n'a pas épargné les festivaliers. Petite pensée aux personnes au camping qui ont passé leur nuit sous la pluie. Il fallait donc être bien équipé en botte et ciré pour affronter la deuxième journée (ou alors ne pas ressentir la pluie comme de nombreux bretons waterproof pieds nus et en t shirt dans la boue).
Cela n'a pas découragé le public présent en plus grand nombre encore le samedi.

Un petit mot sur le chapiteau sound system qui a tourné a plein régime tout le week-end avec notamment Zion train et Aba Shanti I pour nous régaler de bon roots et de grosses basses.
La pluie et le son s'intensifient en même temps que le public se tasse sous le chapiteau. Bondé au plus fort de la pluie, le chapiteau s'enflamme quand une coupure électrique intervient. Incident vite solutionné qui a même permis de relancer l'ambiance juste à point pour accueillir Israel Vibration accompagné des fidèles Roots Radics.
On peut se dire que ce fut le meilleur concert avec tous les grands classiques et un duo en grande forme et même taquin lorsque Skelly entonne en riant sa chanson "dancing in the rain". Les classiques s’enchaînent avec "Vultures" ou encore "Same song".

Wadada festial, Israel vibration
Israel Vibration au top

Vite séché avec la fin de la pluie, un léger décalage permet de profiter encore d'Aba Shanti I avant la claque du festival, le détonnant Rakoon. Seul avec ses machines, l'artiste survolté a mis le feu en sautant dans tous les sens, en prenant sa guitare pour des solos de folie et en retournant le public sur ses instrus à la rythmique endiablée, plus violente que ne laisse  supposer son travail studio. Son set puissant est bien appuyé par un feu d'artifices aux lumières qui n'est pas pour rien dans la réussite de ce concert. C'est l'occasion de remercier les artisans de l'ombre, ingénieurs, techniciens sons et lumières dont le travail peut changer le cours de l'expérience des festivaliers.

De quoi finir en beauté un festival qui a fait la part belle à de multiples sonorités avec un accent marqué sur un reggae électronique qui par contraste a permis aux Roots Radics et Israel Vibration de sortir du lot en chauffant le public avec 2 rappels et un finish tous azimuts qui montre que malgré toute la qualité des artistes, les machines ne remplacent pas les musiciens et la connexion avec le public propre aux live band.
C'est donc les oreilles rassasiées et les yeux éblouis que l'on peut rentrer par les rues bien calmes des bourgs bretons.

Ce festival est une belle découverte tout comme cette partie caribéenne de la Bretagne. On espère que le Wadada festival pourra grandir encore et nous proposer pour longtemps paix et amour.

Crédits photo : Quentin La Gall et Laurent Le Guillou



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