Nomade Reggae Festival 2018 – Jour 2

Après le programme exceptionnel de la veille (le gros report ici), et principalement consacré au dub, le Nomade Reggae Festival, pour ce deuxième jour, revient à ses fondamentaux reggae. Et là aussi, le line-up a de quoi combler les attentes des massives : Ky-Mani Marley et Capleton, rien que ça, en têtes d’affiche. Mais avant que les Jamaïcains n’interviennent, place aux artistes français qui témoignent de la vitalité et de la créativité du reggae hexagonal.

nomade reggae festival, 2018, frangy

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A l’instar du Shinig Sound System, Dub Silence est un collectif haut-savoyard, de la Yaute, du 7-4. Il jouait donc à domicile ce jour-là, devant un public acquis à sa cause et qui a répondu présent face aux titres incontournables du combo, tels que « Pourquoi ? » ou « L’Hyme Des Légumes ». Dub Silence ne se prend pas au sérieux avec des textes mi-conscients mi-naïfs, là réside sa principale force sur scène. Et même si, à l’instar d’innombrables formations qui comportent le mot « dub » dans leur nom (Dub Inc, Dub Pistols, Dub War, etc…) mais qui n’en jouent pas véritablement, ils savent néanmoins mélanger les styles dans leurs compos : c’est tantôt reggae, tantôt chanson, tantôt jazzy, et même quelques relents pop, preuve d’une ouverture musicale et d’un refus du purisme. Quoiqu’il en soit, Dub Silence garde du reggae sa propension à propager des good vibes par sa bonne humeur.

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S’il y a bien un groupe dans le large panorama du reggae french touch qui ne s’enlise pas dans un reggae traditionnel, il s’agit bien de Wailing Trees. La bande à Riwan explore tellement de styles dans son répertoire qu’il serait difficile de pouvoir la faire rentrer dans une case. Et c’est tant mieux ! Mais ce qu’on apprécie surtout avec Wailing Trees, c’est un son qui groove et un jeu impeccablement maîtrisé, notamment de la part de la section rythmique. Les cuivres nous font transiter allègrement du ska au funk, le guitariste, de par sa formation punk, pimente un peu le show avec ce genre musical ou nous fait littéralement voyager vers le Maroc avec le gambri et des « Salam Alaykoum« . Il est on ne peut plus clair qu’un show de Wailing Trees est bouillant et énergique : ça skanke, ça jumpe, ça swingue, ça guinche, ça frétille, ça saute de partout. On nous dirait même qu’ils perpétuent l’héritage hyperactif de la Mano Negra ou des Négresses Vertes qu’on ne serait pas étonné.

nomade reggae festival, frangy, 2018

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En terme de section rythmique, avec le Booboo’zzz All Stars, on est servi. Le groupe qui accompagne Volodia sur sa tournée compte parmi les meilleurs backing bands français. Et il nous l’a encore prouvé avec le membre des Phases Cachées qui est venu interpréter parmi quelques-uns des morceaux de son album Un Pied sur Terre (la grosse chronique ici), paru en 2016. Le chanteur se posera ainsi sur « Les Gens qui passent » avant qu’il ne nous embarque dans son « Sac à Dos » ou sur « Captain ». Mais on a également pu entendre son dernier single, « Réveille la Ville », qu’on avait pu découvrir à travers un freestyle Dub In Da Truck (voir ici) avec le Booboo’zzz All Stars justement dans le camion de la tournée. Plus organique, moins digitale est l’orchestration sur scène de ce morceau, cependant, comme nous le disions au début, la section rythmique, et plus particulièrement la basse de Bubar, a fait plus que nous réveiller à travers la chaleur caniculaire de Frangy.

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Revenons maintenant à un reggae plus versatile par l’entremise du Neuchâtelois Junior Tshaka. Pour celui qui a sorti un 360° en 2016 (la grosse chronique ici), dans lequel il dressait un bon tour d’horizon musical (reggae, acoustique, hip-hop, pop…), l’esthétique s’en ressentait forcément en live. Il le dit lui-même dans une interview qu’il nous accordée peu après (voir ici), son « reggae est métissé et assez ouvert« . Deux guitares acoustiques (dont lui-même), des congas, rien qu’avec les instruments Junior Tshaka se détache du quartet habituel guitare/basse/batterie/clavier. On n’en demande pas plus, surtout que le Suisse a mis le faya au Nomade Reggae Festival et les massives ont été emportés par des titres tels que « La Jungle », « Dis-moi que je rêve » avec la choriste Shaïna D. Junior Tshaka électrisera une dernière fois les massives de Frangy en se posant sur un bouillant « La Limite » aux accents rock qui a fini par tout emporter sur son passage.

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Avec les Mellow Mood, la tonalité se veut beaucoup plus roots. Et il se trouve qu’ils ont justement sorti un album tout récemment, Large (la grosse chronique ici), enregistré de manière vintage. Les Italiens ne sortent donc que très peu (voire pas du tout) des codes usuels du reggae, mais leur son est propre et ne connaît pas de fausse note, cela dû en grande partie à leur ingé son, il maestro del dub, Paolo Baldini. On remarque un petit changement de line-up depuis nos dernières rencontres avec les jumeaux, puisqu’ils ont recruté un guitariste (instrument dont ils jouaient en alternance auparavant sur scène) pour assurer les parties rythmiques. Et malgré leur deuxième venue consécutive (ils étaient déjà au Nomade Reggae Festival l’année dernière) le public n’a pas fait la fine bouche et a réécouté avec vigueur les classiques du groupe comme « Inna Jamaica » ou « Dance Inna Babylon » et il a su recevoir de manière exaltée les nouveaux tunes tels que « Tuff Rocky Road », « Large » et l’excellent « Ms Mary ».

nomade reggae festival, frangy, mellow mood

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Après quelques escapades en sound system au Télérama Dub Festival (voir ici), Soom T était de retour en full band, configuration qui fait suite à son dernier album, Born Again (la grosse chronique ici), résolument éclectique, à la manière de Free As A Bird (la grosse chronique ici). Elle en a donc profité pour interpréter quelques titres de cet opus, « Warriors », « Stand My Sister » ou « High Aye », mais elle a aussi revisité une partie de ses titres incontournables (« Ganja Ganja », « Boom Shiva ») et qui font mouche à chaque fois, qu’elle évolue en band ou en sound system. Force est cependant de reconnaître qu’on préfère la Soom T du sound system, beaucoup plus à l’aise qu’avec un groupe et surtout beaucoup plus énergique. Qu’à cela ne tienne, cela ne nous a pas empêché d’apprécier un « Politic Man » porté d’une main de maître par Thomas Join-Lambert à la batterie, un « Easy Weed » sur un riddim de Manudigital et un « Broken Robots » toujours aussi funky et groovy.

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Depuis la disparition du Tuff Gong en 1981, ses enfants perpétuent son héritage musical et il ne passe pas un été sans qu’un ou plusieurs Marley ne foulent les scènes des festivals français. Cette année, après son passage au No Logo l’an dernier (le gros report ici), c’est Ky-Mani qui s’est rendu au Nomade Reggae Festival. S’il a interprété plusieurs de ses propres morceaux, tels que « Love Over All », « Be Smart » ou encore « All We Need Is Love », Ky-Mani n’a pas failli à la réputation des frères Marley qui reprennent tous, inlassablement, des morceaux de leur père. Une bonne ou une mauvaise chose ? Peu importe, on soulignera avant tout qu’il s’agit d’un hommage et on a d’ailleurs beaucoup aimé un « Zion Train » réarrangé dans un format plus dub ou encore la touchante et excellente interprétation du fameux « Redemption Song ». L’esprit et l’âme du reggae ne peuvent pas s’éteindre dès lors que les morceaux du grand Bob résonnent encore à pleine puissance partout sur la planète.

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Capleton connaît beaucoup de détracteurs quant à sa façon de se produire sur scène : il ne ferait que brailler et demanderait trop de pull-up à son band. Certes, et alors ? Bien sûr, son flow est plus que rauque et rocailleux, mais il ne hurle pas, il se permet juste de transmettre « fire » et « energy« , les deux mots qui reviennent le plus souvent dans sa bouche lors d’un concert. King Of Fire ne porte pas son surnom pour rien, il passe à 1h30 à électriser des massives toujours très motivés, malgré qu’il soit 2 heures du matin. Et puis, il faut tout de même souligner qu’il se permet quelques pauses musicales avec des titres moins virevoltants comme le one drop « Raggy Road » ou en exécutant un freestyle a capella de plusieurs minutes. Mais les massives voulaient surtout entendre « Jah Jah City », l’hymne de Capleton, chose qu’il a bien sûr exécutée, de même que ses couplets sur le tonitruant « Rock Stone » de Stephen Marley en toute fin de set.

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Crédit photos : Live-i-Pix



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