Nomade Reggae Festival 2018 – Jour 3

Troisième et dernier jour à Frangy, au Nomade Reggae Festival, et celui-ci ne se déroule pas sans complications, puisque Salif Keita, tête d’affiche de la journée, ne jouera pas, eu égard à des problèmes de visa. Et c’était sans compter sur des basculements d’horaires entre Manudigital et Jah9. Qu’à cela ne tienne, ce fut, une fois de plus, encore un très beau moment, surtout que nous avons évité de justesse le déluge qui s’abattait quelques kilomètres plus loin.

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Mais c’était encore sous un soleil de plomb que Devi Reed a inauguré ce dernier jour de festivités. Il n’en fallait pas moins pour que l’ex-chanteur des Banyans puisse diffuser les vibes de son dernier album, Ragga Libre (la grosse chronique ici), enregistré sous la chaleur de La Havane. Cependant, le rendu sur scène n’est pas totalement « hispanisant » (hormis quelques samples) mais à forte connotation hip-hop et electro. En effet, on est d’abord surpris, d’entrée de jeu, d’entendre un dub stepper joué par les deux musiciens (batteur et DJ) qui accompagnent Devi Reed. Dès lors, il va s’évertuer à faire déferler son mélange de reggae et de hip-hop efficace et rythmé : il est clair qu’avec ce set, Devi Reed s’inscrit dans la lignée certaine des Jahneration, de par l’énergie et la fougue déployées sur scène. On ne constate aucun temps mort et là réside la clé de la réussite du show. Et à vrai dire, on ne comprend pas pourquoi Devi Reed n’a pas été programmé à une heure plus tardive (celle de l’apéro par exemple) devant des massives plus nombreux qui, assurément, auraient skanké et jumpé comme des diables.

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A la manière de Junior Tshaka présent la veille (le gros report ici), Vanupié pratique un reggae métissé à base d’acoustique. Pour celui qui est essentiellement connu grâce à la vidéo de « Rockadown » enregistrée dans une station de métro en compagnie de Lidiop, il se produit actuellement dans nombre de festivals pour défendre son dernier album, Gold (la grosse chronique ici), paru en début d’année. Là aussi, l’heure n’était peut-être pas tout à fait appropriée pour cet artiste qui sait mobiliser un public conséquent. Cependant, les massives étaient présents très tôt pour écouter ce reggae acoustique teinté de pop music. En effet, cela n’engage que nous, mais on sent un peu de Phoenix en Vanupié, avec ses mélodies pop accrocheuses surplombées de textes dans la langue de Shakespeare. Alors, certes, son approche du genre né à Kingston ne plaira pas forcément aux défenseurs du reggae pur et dur, mais le son de Vanupié en a emporté plus d’un durant le show.

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                               nomade reggae festival, frangy, 2018

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Entre la suppression du concert de Salif Keita et le décalage de celui de Jah9, il règnait un calme relatif au Nomade Reggae Festival en cette fin d’après-midi. Le site n’était pas aussi complet que d’habitude, alors qu’il était bondé les deux jours précédents, et on pouvait donc circuler allègrement au gré de nos envies et surtout attendre moins longtemps pour aller choper une bière ou un ti-punch (ou un jus de fruits, pas de panique, on ne pousse pas à la consommation d’alcool).
Côté musique, les spectateurs pouvaient soit s’imprégner de grosses basses auprès du Shining Sound System ou aller passer un moment en compagnie d’un groupe de percussions qui assurait le remplacement de Salif Keita sur la scène.

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Passé cette accalmie, le retour des concerts « officiels » s’est fait en la personne de Manudigital, décidément omniprésent sur la route des festivals ou en studio. Le meilleur beatmaker français est venu à Frangy avec ses MCs Joseph Cotton et le Londonien Deemas J. Et puisqu’il s’apprête à dévoiler son second album, Bass Attack, le 5 octobre prochain, Manudigital en a profité pour en jouer un track, un gros dub en collaboration avec Panda Dub. Puis, l’attaque des basses s’est poursuivie avec le remix en jungle du « Step On The Corn » avec King Kong ou encore le dancehall massif « Devil Inside » avec un Joseph Cotton en très grande forme (comme d’habitude, cela va sans dire) qui demandait pull-up sur pull-up. Finalement, en fin de set, Manudigital a envoyé deux big bad tunes : le premier, un remix survitaminé du « 54-46 » de Toots & The Maytals et un dubplate avec les deux compères de Raggasonic, Daddy Mory et Big Red.

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Malheureusement, étant en interview avec Manudigital (voir ici), nous n’avons que très peu suivi le set de L’Entourloop, accompagné, comme à l’accoutumée par le trompettiste N’Zeng et le MC Troy Berkley. Seul « Le Bonheur » composé avec Panda Dub a pu parvenir jusqu’à nos oreilles.

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Et ce fut la talentueuse Jah9 qui a opéré le concert de clôture de ce Nomade Reggae Festival, quatrième du nom. On parle du talent de la chanteuse, mais on se doit tout aussi de souligner celui de son backing band, Dub Treatment. Cette esthétique roots, profonde, méditative et mystique, elle le doit en très grande partie à ce groupe qui développe un son très lourd, porté par des overdubs et des percus magistraux. Du dub en live dans toute sa splendeur. Dès lors, la Jamaïcaine n’a plus qu’à poser sa voix suave sur les riddims de « Mr Preacher Man », « Humble Mi », le sublime « Avocado », « Unafraid ». On l’a même surprise à reprendre en catimini le « Legalize It » de qui vous savez. Mais on attendait également qu’elle nous dévoile sur scène quelques-uns de ses nouveaux titres, comme « Love Has Found I » qu’elle a interprété dans une orientation très soul. Plus que jamais, Jah9 & Dub Treatment est l’une des meilleures formations qui existent aujourd’hui dans la sphère reggae au niveau international. Un concert de toute beauté !

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Un immense BIG UP à tous les artistes présents au cours du week-end !!
Un immense BIG UP également à Bafing Kul, au staff et aux bénévoles du Nomade Reggae Festival !!

Crédit photos : Live-i-Pix



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