Black Roots + Yoha & The Dragon Tribe à  La Tannerie (Bourg-en-Bresse) le 18/11/2018

Après les concerts de Nai-Jah et Williams Brutus en septembre, La Grosse Radio était de retour à La Tannerie de Bourg-en-Bresse pour cette deuxième date reggae de la saison. En effet, le 18 novembre, notre grosse team avait rendez-vous avec les Black Roots qui venaient tout juste de sortir leur dernier album Take It (la grosse chronique ici), ainsi qu’avec Yoha & The Dragon Tribe qui assurait la première partie.

Si, d’une manière générale, une bonne humeur règnait ce soir-là dans la salle de concert, nous sommes malheureusement obligés de remarquer que peu de massives ont fait le déplacement pour accueillir les mythiques Black Roots. On nous glisse en effet dans l’oreillette que seulement 86 personnes étaient présentes, énième constat d’une triste série après la faible fréquentation observée lors des concerts de Pablo Moses (le gros report ici) et des Twinkle Brothers (le gros report ici) l’année dernière. Bourg-en-Bresse ne serait-elle pas une ville de reggae ? Peut-être, mais Lyon est pourtant tout proche au même titre que Mâcon, Dijon, Genève, etc, et auraient pu aisément fournir en nombre des spectateurs intéressés. Mais le nœud du problème est sûrement là. Le public français s’intéresse-t-il encore aux pionniers du reggae roots jamaïcain et anglais, ceux qui ont permis à des groupes comme Danakil, Dub Inc, Naâman, Jahneration, YaniSs Odua, Taïro d’exploser aujourd’hui et qui, eux, remplissent les salles ?

Il y faudrait un article entier pour y répondre, mais en tout état de cause, force est d’avouer que les elders n’ont vraiment plus la cote actuellement en France.

Cela ne nous a pas empêchés de passer un excellent moment dimanche dernier avec, tout d’abord, l’apparition de Yoha & The Dragon Tribe sur la scène de La Tannerie. Après notre rencontre avec lui en 2017 à La Cave à Musique de Mâcon (le gros report ici), le groupe a sorti un EP, Mad World (la grosse chronique ici), dont quelques titres ont été joués ce soir-là.

Nous le redisons encore une fois, mais ce qui nous frappe avant tout avec le combo bourguignon, c’est la richesse instrumentale : du violoncelle, de la trompette, du mélodica, de la flûte qui rajoutent une touche encore plus singulière à leur son. Alors, certes, la structure des morceaux est bel et bien reggae, mais Yoha & The Dragon Tribe demeure pourtant un groupe atypique qui puise partout, mais auquel nous refusons de lui accorder l’étiquette pour trop fourre-tout de world music. Une trompette funky et un clavier à la Ray Charles sur « I Wanna Live », un peu de rock, de jazz et de dancehall sur « Positive Direction », des claviers synthwave à la Kavinsky sur « Mad World », la tribu de Yoha n’a pas peur de mélanger les genres, surtout que le trompettiste, de son propre aveu, n’a fait qu’improviser sur les morceaux. On ne peut que le féliciter, d’autant plus que celui-ci ne vient absolument pas du reggae. Et ce n’est pas plus mal comme ça, nan mais !

yoha & the dragon tribe, la tannerie, 18 novembre 2018

yoha & the dragon tribe, la tannerie, 18 novembre 2018

yoha & the dragon tribe, la tannerie, 18 novembre 2018

Sinon, on aura encore été bluffés par les reprises du « Dreadlocks The Time Is Now » des Gladiators et du « Exodus » de qui vous savez (dont la fameuse intro que vous connaissez tous jouée ici au violoncelle), même si l’on a regretté que le crew ne se lâche pas un peu plus afin d’amener le dub en fin de morceaux.

L’assise rythmique est solide, l’enrobage instrumental est créatif et original, Yoha & The Dragon Tribe est donc paré pour sortir son second album qui ne verra le jour que…fin 2019. Mais qu’on se rassure, le groupe nous en a déjà dévoilé un extrait, « Natural Woman », qui confirme tout le bien que l’on pense des musiciens et de leur son pleinement inscrit dans la tradition des légendaires Wailers.

yoha & the dragon tribe, la tannerie, 18 novembre 2018

yoha & the dragon tribe, la tannerie, 18 novembre 2018

yoha & the dragon tribe, la tannerie, 18 novembre 2018

Moins connus que les Wailers, mais tout aussi légendaires, ce sont donc les Black Roots qui se sont présentés face aux quelques spectateurs qui avaient pris leurs billets. D’après certains bruits de couloir, le combo de Bristol aurait été extrêmement pointilleux et tatillon lors des balances, ce que l’on peut aisément comprendre. On ne peut pas prétendre à des décennies de carrière dans la musique, si l’on n’est pas rigoureux dans sa façon de travailler. Et ces exigences ont payé, puisque le son offert par les Black Roots pendant leur set aura été propre et carré.

Les lignes de basse sont loud & heavy et entrent parfaitement en symbiose avec le jeu du batteur : en deux mots, ça groove grave chez les Black Roots. Et ça tombe bien, puisqu’on était là pour ça ! D’autant plus que la section rythmique est suppléée par les percus (tambourin et conga) très nyabinghi de Kondwani Ngozi, renforçant encore plus l’aspect méditatif et rasta du groupe. Et que dire des cuivres, dont cette trompette absolument cool (décidément les trompettistes auront été les musiciens que l’on aura le plus remarqués ce jour-là), qui, même si elle se détache du reggae, nous rappelle quand même que le genre musical né à Kingston à beaucoup à voir avec des ambiances plus latinos.

black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

Les Bristoliens étaient avant tout venus à La Tannerie pour promouvoir leur dernier album Take It et ils ont ainsi tout naturellement interprétés quelques-uns des morceaux de cet opus, tels que « Be », « Forgive Them », « How Long » ou encore, bien évidemment, le titre éponyme.

Ils ont cependant joué des tracks plus anciens, dont le couple « The Father » et « Oh Mama Africa », avouant ainsi leur dévotion à la foi rasta. Et le son envoyé par le crew était tellement bon, que l’on ne leur en veut même pas de s’être emmêlés les pinceaux quand Errol Brown croyait devoir chanter « Juvenile Delinquance » alors que ses collègues s’apprêtaient à balancer ce qui, pour nous, reste le summum du groupe en live, j’ai nommé le grandiose « Blackheart Man » inna rrrrrub-a-dub styleeeee ou quand on s’aperçoit que la basse est définitivement l’instrument le plus important dans le reggae.

black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

                                  black roots, la tannerie, 18 novembre 2018

Un énorme BIG UP à tous les artistes présents !!
BIG UP également à La Tannerie ainsi qu’à Julie !!

Crédit photos : Romane Guillet



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