Interview Eliasse, le 25 novembre

Eliasse nous emmène sur Amani Way

Il y a quelques temps, nous vous faisions découvrir  » Amani Way « . Ce single qui est aussi le titre éponyme du nouvel album d’Eliasse sorti en octobre chez Soulbeats Records.

Il y a une petite semaine, nous avons pris contact avec le chanteur pour échanger avec lui sur cet opus qui nous emmène vers le monde du métissage. Un artiste qui mêle avec brio différents univers sur différentes rythmiques dans des langues différentes. Un album à son image.

 

Amani Way est diponible ici

Cover Amani Way - Eliasse


Bonjour Eliasse. Tout d’abord, merci de prendre le temps de répondre à nos questions. Je suis enchanté d’échanger avec toi à propos d’Amani Way, ton album sorti en octobre.

Eliasse : Enchanté, merci à toi.

LGR : Peux-tu nous parler de ton parcours ? Comment en es-tu arrivé là ?

Eliasse :Bah moi j’ai vu la lumière, je suis rentré. (rires)

La musique, en fait, je l’ai toujours écoutée et de tout sans filtre parce qu’on avait que la radio, donc pas trop de choix . En dehors  il y avait aussi l’école coranique. ça peut paraître contradictoire mais j’ai plus appris la musique du Coran (Lol). SInon  je n’ai pas été à l’école pour l’apprendre puisqu’il n’y en a pas.

LGR : En ce qui concerne tes premières scènes ?

Eliasse : Mes premières scènes, on va dire, c’était vraiment à l’école coranique dans les années 90. Pendant le mois de Mawlid*, c’est le mois où est né le prophète. Il y a des cérémonies partout, partout. Dans les villages, dans les écoles coraniques, dans les quartiers et étant dans le groupe de l’école, nous étions invités dans les villages, dans les quartiers, à gauche, à droite pour aller chanter. Donc moi, je me retrouvais comme chanteur et percussionniste dans ce groupe qui s’appelait Kassav (Rires) oui c’était le nom du groupe de chant de notre école Coranique.

*Source Wikipédia : un peu de culture, ça ne fait pas de mal . Le Mawlid (arabe : al-mawlid an-nabawîy, المولد النبويّ, la naissance du prophète, on trouve parfois aus-si Mouloud, Maouloud, Mouled ou Maoulide) est la commémoration de la naissance du prophète de l’islam, Mahomet.
Elle se célèbre à la date du 12 de Rabia al Awal1, troisième mois de l’année musulmane. Cet événe-ment, qui est aujourd’hui célébré par bon nombre de communautés musulmanes dans le monde, aussi bien sunnites que chiites, ne fait pas partie des deux fêtes religieuses canoniques que sont les deux aïds : le petit (l’Aïd el-Fitr) et le grand (l’Aïd al-Adha).

LGR : Tu as commencé à jouer assez tard d’un instrument ?

Eliasse : Très tard, j’ai touché ma première guitare puis enchainé mes deux accords en 1999. J’allais avoir 21 ans, on commencé direct à apprendre des accords puis des chansons c’est  » la méthode de la rue  » et c’est une méthode comme une autre. Du coup, en 1999 à mes débuts, tout de suite, j’ai fait des concerts avec le pote qui m’apprenait et ont tournait dans les quartiers, villages et même dans les campagnes électorales et autres. Le plus important c’était de jouer sans se poser de question . J’étais percussionniste, choriste et un peu de guitare vers la fin dans ce groupe de potes Universal Folk.

Entre temps, la même année, l’artiste Comorien Maalesh, prix RFI en 1995 me propose de remplacer Sedo Marley un de ces 2 percussionnistes pour une tournée à la Réunion. J’ai relevé le défi en sachant tous les deux que je n’étais pas musicien avec de l’expérience, mais je pense qu’il avait vu en moi ce « musicien ». En tout cas je prends la chose au sérieux et je travaille cet instrument particulier le BAO ( une planche en bois avec un porte serviette dessus),que l’on joue avec des baguettes des balais de batterie )

Il faut savoir aussi que je venais de passer mon BAC, c’était pendant les vacances, j’attendais la rentrée pour continuer mes études. Pour moi c’était un moment entre parenthèse et d’aller vivre une expérience musicale, moi qui était plus footballeur à ce moment là.

L’expérience a durée 6 années, j’ai du faire le choix très vite dès la première année de mes études de Droit . Moi qui voulait faire des études de langues n’ayant pas choix avec mon BAC littéraire, la musique est venue me donner ce choix. Mes premiers pas un peu partout dans le monde (de l’Océan Indien, en Europe jusqu’au Canada en 2005).

En 2005 est sorti, ton premier projet solo, peux-tu nous parler ce son histoire ?

Eliasse : Mon premier projet a vu le jour à Mayotte en 2005.Une île Comorienne géographiquement et qui est « restée » Française politiquement, ce n’est pas reconnu par l’ONU mais c’est un autre sujet  très long et compliqué où il faut prendre le temps, bref. Donc, j’ai quitté Moroni et le groupe Maalesh pour m’installer à Mamoudzou (Mayotte) et tout recommencer.

Très vite je m’intègre dans d’autres projets en tant que percussionniste, choriste et un peu de guitare. Vite je monte mon premier projet seul puis en groupe guitare/percus qui s’est vite amélioré avec une guitare/basse. En 2006, j’ai enregistré mon premier album après une centaine de concerts sur l’île, les choses avançaient très vite. De 2005 à 2006, on avait énormément joué sur l’île et donc je me suis lancé avec cette envie de jeunesse. En 2008, mon premier album  » Marahaba  » est sorti en auto-prod. Ce fut ma première carte de visite pour sortir de Mayotte vers les Comores indépendants, la France (Suds à Arles , le jam à Montpellier, l’Equinoxe à Châteauroux, Festival des Voix divers etc.. ), La Réunion(Tempo festival, le Parc des Expo etc), Madagascar(Doniya festival), Maurice(Samemsa festival). Et tout ça tout en auto-prod et auto-booking, je faisais tout seul.
Après les choses ont pris un peu d’ampleur dans la région (prix meilleur artiste Océan Indien à la Réunion et lauréat des DomTomFolies  en 2010 un concours de France Ô TV qui nous permettait de se produire sur la grande scène des Francofolies)  jusqu’à ce que je vienne m’installer en France et à Bordeaux fin 2014.

Nouveau territoire donc  j’ai du revoir le projet complètement différemment en remettant le compteur à zéro avec cette fois-ci les quelques années d’expériences dans le sac sans connaitre grand monde sur place .

LGR : Oui, parce que j’ai découvert que cela ne faisait pas très longtemps que tu es en France ?

Eliasse : Non. En France d’en haut, on va dire.

LGR : Oui, oui, c’est comme cela qu’est dirigé ma question.

Eliasse : Je suis arrivé fin 2014 en France.

LGR : Pas pour la musique à la base, j’ai vu aussi ?

Eliasse : Non, je suis venu en France parce qu’avec mon ex qui est française, nous nous sommes séparés, nous avons une fille qui a 12 ans aujourd’hui. Alors j’avais deux choix : Soit, je restais aux Comores, je faisais ma petite vie ou soit je venais là et je recommençais tout dans tous les sens du terme. Une fois sur place je me dis Ok, qu’est ce que je veux faire, comment, avec qui, pourquoi, quand ?

LGR : J’ai vu que tu avais commencé par faire de la boulangerie ?

Eliasse : Oui en fait. Quand je suis arrivé, je ne savais pas trop quoi faire et j’ai toujours eu entre guillemets, un complexe de  » Je ne sais rien faire de mes mains « . Ce qui est assez contradictoire pour un musicien (rires) mais je pense que ça vient d’une part de l’éducation que l’on a en général. On nous dit souvent : Tu fais quoi dans la vie ? et quand on répond que l’on est musicien : Sinon tu fais quoi d’autre ? Je le pense, même si je n’ai jamais eu cette pression directement dans ma famille par exemple.

Et puis, il y a aussi ce côté sécurité que la vie et la société nous rappelle. Le jour où je me coupe un doigt, je ne suis pas Django Reinhardt (rire). Et puis j’avais tout simplement l’envie d’apprendre autre chose complètement différent de la musique, peut-être inconsciemment, c’était pour me prouver que j’étais capable de faire autre chose.

Parce que quand je suis arrivé justement à Pôle Emploi. Je donne mon CV, ils voient 15 ans de musique, ils me disent : Allez hop, y’a moyen de te mettre dans une formation de son choix que j ai tout de suite refusé. Donc j’ai fait des stages sur plusieurs métiers et j’ai fini par choisir la boulangerie, c’était  vraiment un choix de métier et c’était très intéressant. Je suis allé chez Les Compagnons du devoir, je ne suis pas Compagnon mais j’ai fait ma formation là-bas, ce fut très bonne expérience. J’ai eu mon CAP et la musique m’a rattrapé à la sortie de cette aventure.

LGR : On va revenir sur Amani Way, ton album qui est sorti le 20 septembre. Amani Way, cela veut dire Chemin de La Paix, tu peux nous parler de sa conception ?

Eliasse : Déjà en regardant la pochette, on voit un patchwork de tissus très colorés. Aux Comores, c’est quelque chose que l’on voit partout parce que les femmes portent des châles et des shiromanis aussi, soit sur les épaules, soit pour couvrir un peu les cheveux ou la partie haute du corps donc il y a pleins de couleurs, tu vois ? Un, c’était pour apporter en quelque sorte une touche des Comores et ces couleurs-là rappellent aussi la diversité c’est-à-dire le métissage, parce qu’aux Comores c’est une terre métissée.Ces couleurs là aussi représentent le métissage possible à travers le monde. Quand on parle de métissage, c’est le vivre ensemble et le vivre ensemble, appelle à la paix donc tout tourne dans cette idée-là et voilà d’où est né Amani Way. En regardant dans l’album, on s’aperçoit qu’il y a aussi le métissage des rythmes et aussi des langues.

LGR : C’est ma prochaine question.

Eliasse : Je te devance (Rires). Oui donc,  » Amani Way « , c’est du Comorien de l’Anglais et du Français dans cette chanson. Je ne m’enferme pas dans une langue même si je chante en Comorien principalement mais les sonorités et les jeux de mots jouent un rôle très important dans mes choix. Je fais de l’art avant tout. On trouve aussi par exemple le titre  » Ylang Langue  » au lieu de la fleur d’Ylang Ylang ou  » Laka Road  » etc…
 

Eliasse –  » Amani Way « 


LGR : J’ai vu que tu chantes en Shikomori (qui réuni 4 dialectes parlés dans les Comores), il y a du Français, de l’Anglais et tu mêles musique traditionnelle et rythmes blues, rock et folk. J’avais justement annoté en préparation de cette interview que c’était un sacré patchwork à l’image de la pochette et avec cet album, c’est toute la richesse de ce métissage qui en ressort.

Eliasse : Alors le Shikomori. En fait, les Comores, c’est un archipel de 4 îles donc il y a 4 dialectes. Qui ne sont pas très éloignés, on se comprend tous. Après, il va y avoir un mot, une expression qui va changer. Moi je suis né d’une mère qui vient de l’île d’Anjouan, et d’un père qui vient de la Grande Comore, la capitale et j’y suis né et j’ y ai toujours vécu . Et à la maison quand on parle en famille dans le même sujet, si je m’adresse à mon père, je lui parle en Grand Comorien et tout de suite si je m’adresse à ma mère, je vais employer l’Anjouannais et j’ai vécu 7 ans à Mayotte. La langue Comorienne vient du Swahili, de la grande terre l’Afrique mais il y a aussi de l’Arabe dans notre langue. Notre langue s’écrit aussi en lettres latines et en lettres arabes. Du coup, moi je suis parti avec tout ce que j’ai vécu et le mélange avec tout ce que je vis à travers mes voyages et mes rencontres.

Source Wikipédia : Le comorien (en comorien shimasiwa, littéralement « langue des îles », ou shikomori, littéralement « langue des Comores ») est un groupe de quatre variétés linguistiques parlées dans l’archipel des Comores : grand-comorien, mohélien, anjouanais et mahorais, liés à chacune des quatre grandes îles, Grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte.

LGR : Pour cet album, tu t’es entouré de Jérémy Ortal à la basse et de Fred Girard à la batterie, tu peux nous en parler ?

Eliasse : Alors, moi je ne connaissais pas du tout les deux oiseaux (rire). C’est le producteur Fred Lachaize qui a crée le pont . J’ai rencontré ce dernier à Maurice en amont au MOMIX (Maritius Music Expo) en octobre 2017. Quand on a commencé à travailler ensemble une fois rentrés en France et qu’on a commencé à réfléchir sur le projet d’un album, on voulait aussi aller dans cette direction du métissage entre les rythmes comoriens et africains en général en rajoutant une bonne dose de Blues Rock et surtout des musiciens qui viennent de ces cultures là.  On s’est rencontrés, effectivement ça a matché comme on dit et ils ont fait de très bonnes propositions et voilà Amani Way . Je suis très content du résultat et ça se passe très bien. Que demande le peuple ?

LGR : J’ai vu effectivement quelques vidéos de ton concert à La Cigale, on en parlera après. En ce qui concerne les collaborations, sur ce projet, un seul titre  » Endra  » en featuring mais alors avec Touré Kunda & l’artiste Saodaj. Comment s’est faite cette rencontre ? Par le label Soulbeats ?

Eliasse : Pour Touré Kunda, c’était aussi pour avoir des parrains pour faire la  » bénédiction  » on va dire. Saodaj, on s’est rencontrés physiquement à La Réunion pendant le Sakifo 2018. Eux, ils sortaient d’une émission RFI, moi j’allais la faire . On s’est croisés, on a parlé deux secondes et je ne sais pas, le feeling est passé directement. Donc, on se retrouve avec trois générations Touré Kunda, moi et Saodaj.Pour Saodaj, ils sont deux à être venus pour le feat, Marie Lanfroy et Jonathan Itéma. Le fait qu’ils soient dans l’océan indien, ils aiment le métissage, Ils font du Maloya mais à leur sauce avec toutes leurs expériences aussi. Donc, il y avait aussi ce lien du métissage là qui nous rapprochait. L’idée c’était de retrouver ces trois générations et les trois couleurs sur ce titre et tout le monde s’est donné à cœur joie et le résultat est juste magique et surtout c’est gravé pour toujours sur un titre qui parle des Comores à l’image d’une femme. C’était le bon choix pour rendre hommage à mon pays

LGR : Touré Kunda, on a vu que tu avais fait leur première partie à La Cigale il y a un tout petit mois, quelle expérience.

Eliasse : Ah oui !!! Déjà la première expérience, c’est de faire la première partie de Touré Kunda que ce soit dans n’importe quelle salle. Tout petit, j’entendais déjà Touré Kunda à la Radio. Me retrouver en studio avec eux et faire leur première partie en plus à La Cigale, ce n’est plus la cerise sur le gâteau mais c’est la papaye (rires)!!!

LGR : Tu es un habitué des premières parties prestigieuses, tu as fait 17 dates avec Groundation je crois ?

Eliasse : Il y en a eu 19 au final. Ils m’ont rappelé pour deux autres dates en Italie. C’est aussi, une très bonne expérience de me retrouver avec eux pendant un mois sur les routes en Europe. Et puis, ils ont été tous très généreux et toute l’équipe au tour et le public était présent à chaque concert. Il y a aussi ce lien-là, d’avoir un public mélomane, on va dire. Ce n’est pas que du reggae roots , c’est un public beaucoup plus ouvert. Mais ce n était pas gagné d’avance parce que faire une première partie c’est compliqué aussi parce que le public n est pas là pour toi donc y a un challenge à surmonter dès la première minute En tout cas, ça s’est très très bien passé.

LGR : Pour revenir sur l’album, on parlait de rythmes un peu plus blues que l’on retrouve dans le titre  » Twarablues « . Le twarab, ça veut dire joie par la musique et pourtant j’ai vu que ce titre était sur un sujet assez dur, c’est un titre sur les politiques et leurs dérives ?

Eliasse : En fait le  » TwaraBlues « , il y a un mélange de deux choses. Comme tu le dis là, c’est joie par la musique et le Blues qui est entre guillemets le contraire : Quand on a le blues et l’histoire même du Blues qui a ce coté sombre et triste.

Au départ, c’était vraiment parti sur le côté rythmique, j’avais quelque chose musicalement mais pas de texte et je me suis dit qu’il fallait que j’arrive à mettre ensemble ces deux extrêmes (joie et tristesse)..En plus, je me retrouvais aussi à pouvoir danser le Twarab qui est une musique traditionnelle aux Comores, qui est beaucoup chantée dans les mariages mais c’est une musique  qu’on a hérité de Zanzibar et qui est originaire d’Égypte. Le but était d’arriver à un résultat d’une musique joyeuse pour rester dans la définition du Twarab et un texte triste pour représenter le Blues.

Le  » TwaraBlues « , parle de nos dirigeants qui s’en mettent plein les poches et nous population qui devenons de plus en plus fataliste. Peut-être abattu par la souffrance et l’absence de rêve et que nous finissons par dire c’est Dieu qui l’a voulu…tout a une explication certainement, je fais juste un constat qui n est pas général heureusement mais majoritaire malheureusement.

LGR : J’ai trouvé en tout cas moi que sur  » Gungu « , tu interprétes ce titre un peu à la manière d’un griot, est ce que c’était quelque chose de voulu ?

Eliasse : On a plus vraiment de griot chez nous. Après, tout est voulu bien sûr, mais est ce que tout est fait consciemment ? Je ne sais pas. Je ne me suis pas dit que j’allais l’interpréter comme un griot mais j’interprète comme moi je ressens les choses, peut être que ce sont des choses qui sont en moi. Peut-être le thème qui me ramène à chanter comme ça. Parce que « Gungu » est une justice traditionnelle qui consistait à juger les gens d’une façon particulière. C’est-à-dire que l’on ne mettait pas les gens en prison entre quatre murs. La personne concernée était habillée en haillon avec des colliers de coquillages, les gens faisaient le tour du village, du territoire concerné en dansant et en chantant l’acte commis. Donc, j’imagine, parce que moi je ne l’ai jamais vécu, j’imagine que c’était un moment très fort émotionnellement.  Comme dans  » TwaraBlues  » ils dansaient et chantaient des choses très tristes parce qu’ils étaient en train de condamner quelqu’un de la communauté. Il y avait cette contradiction aussi de joie et de tristesse et moi je trouve cela intéressant. Alors peut-être qu’il y avait quelque chose de spirituel qui faisait ce lien et que je me suis retrouvé comme tu l’entends  à chanter comme un griot.

LGR : Pour parler d’instrument, tu joues du merlin, c’est très original. Comment tu as découvert cet instrument médiéval ?

Eliasse : Tout à fait. Je ne connaissais pas du tout le merlin. Il y a trois ans, j’étais parti chercher un Ukulélé et je tombe dans un magasin il y avait cet instrument plein de poussière. J’ai demandé au gars ce que c’était, il m’a expliqué brièvement il m’a dit que c’était là depuis plusieurs années et que personne n’en voulait. Je suis allé voir de plus près et quand j’ai commencé à toucher les cordes, tout de suite, il y a eu quelque chose qui s’est passé et depuis, cet instrument fait du chemin avec moi jusqu’à le retrouver sur deux titres dans cet album ( » Ylang Langue  » et  » Endra « ).

LGR : Quel est le message que tu veux faire passer à travers ta musique ?

Eliasse : Dans cet album, je veux vraiment faire passer la possibilité de vivre ensemble. C’est ce dont je parle dans plusieurs titres  par exemple dans  » Amani Way « , je dis :  » Quelle que soit la couleur de la peau, de la religion de ton voisin, il ne faut pas que cela te fasse peur « . C’est exactement ce que l’on vit ici ou là-bas aujourd’hui, et je pense que l’on ne peut rien faire sereinement si on n’arrive pas à franchir le pas sur ce  » vivre ensemble « , en acceptant les différences des uns et des autres. A un moment, il va falloir y penser et passer à l’acte plus sérieusement que ce que nous faisons aujourd’hui.

LGR : Autre chose dont nous n’aurions pas discuté et qui te semble important ?

Eliasse : Moi je pense que si j’avais quelque chose à rajouter. Je dirais que Amani soit dans nos chemins. C’est maintenant ou maintenant.

LGR : C’est le message que tu publiais assez souvent sur les réseaux sociaux : c’est maintenant ou maintenant.

Eliasse : C’est maintenant ou maintenant parce que c’est vrai, on a l’impression que l’on a de la marge. On se dit : C’est maintenant ou jamais. Mais dans le jamais pour moi, on se donne  une porte d’issue de secours. Dans le jamais, il y a peut-être 0,5% que ça arrive.

C’est maintenant ou maintenant, on se dit, on n’a pas le choix. Tu dois vivre avec ton voisin maintenant parce que demain n’existe peut-être pas. On ne se donne pas le choix, ce n’est pas je vais te détester pendant 6 mois et après on verra, non c’est tout de suite.

LGR : Des projets à venir ?

Eliasse : : Toujours. Se retrouver sur la route, aller à la rencontre des gens parce que c’est l’essence même de ce que l’on fait. On a cette chance d’aller à la rencontre des gens et donner du positif. Et quand tu sors un album, tu penses au prochain. Forcément des petites projections sur ce que l’on pourrait faire par la suite c est un eternel recommencement.

Aussi une tournée dans l’Océan Indien en Mars 2020 qui débutera à la Réunion au
Francofolies de la Réunion, Mayotte et peut-être la Grande Comore on croise les doigts sur
ce dernier..Ce serait dommage d’être à côté et ne pas passer faire au moins un concert.


LGR : J’ai vu que ça avait bien accroché avec Flavia Coelho, pourquoi pas un travail en commun ?

Eliasse : Ah, je ne dirais pas non. Et en plus j’ai trouvé qu’on avait un discours, une sensibilité assez proche pourtant on ne s’était jamais rencontrés

LGR : Effectivement, je trouve que les deux personnages collent assez bien ensemble.

Eliasse : Tout à fait et je pense que l’on a des histoires pas similaires mais proches en tout cas dans la façon de la raconter. On débarque d’ailleurs, on arrive ici et oui… dans sa manière de parler, l’histoire, la politique, la vision de la vie on avait à chaque fois une fenêtre qui s’ouvrait sur le discours de l’autre et musicalement oui, ça serait avec grand plaisir.

LGR : Je pense que ça pourrait quelque chose de sympa.

Eliasse : On va lui envoyer quelque chose. (Le message est passé)

LGR : Un dernier message pour les auditeurs de La Grosse Radio.

Eliasse : Faisons ce monde une maison en colloquant avec nos différences.

LGR : Encore un énorme merci à toi Eliasse.

Eliasse : Marahaba So much

 

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