Babylon Circus – State Of Emergency

Voilà environ un an que nous vous avons annoncé la sortie du nouvel album de Babylon Circus avec un premier single intitulé "Monster" (voir ici). Oui, un an déjà ! Cela peut paraître lointain, mais l'on se doit d'avouer que, malgré tout le contexte sanitaire et sécuritaire que nous avons pu connaître (et que nous connaissons toujours) au cours de cette malheureuse année 2020, le temps aura passé très vite. Nous mettons d'ailleurs notre main à couper que le groupe s'est fait exactement la même remarque.

Et nous ne croyons pas si bien dire dès lors qu'on nous souffle dans l'oreillette que les Lyonnais était censés fêter leurs 25 ans de carrière (!), une célébration qui devait passer par les salles de France et de Navarre en 2020 et dont cet album devait être le fer de lance. Les circonstances en auront décidé autrement, mais force est de constater que Babylon Circus se doutait forcément de ce qu'il adviendrait en cette maudite année pour le spectacle, la culture et l'événementiel. State Of Emergency, tel est en effet le titre de cette galette du crew et qui se révélait finalement prémonitoire.

Prévu à la base pour le printemps, l'album a été repoussé (à l'instar de nombreuses productions) et il est finalement sorti le 18 septembre chez Akirira. Il acte donc le quart du siècle du combo qui demeure l'un des rares survivants de toute cette vague reggae/ska/punk/chanson française (La Ruda Salska, Marcel Et Son Orchestre, etc...) qui a émergé au milieu des 90's dans le sillon creusé par le patchwork de la Mano Negra notamment. Cela ne nous rajeunit évidemment pas, d'autant plus qu'on écoute encore avec beaucoup de nostalgie celui qui reste comme l'opus mythique du collectif, j'ai nommé Dances Of Resistance, paru en 2004.

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Alors certes, le temps a fait son œuvre et a passé terriblement vite depuis toutes ces années, mais la verve, l'entrain et l'éclectisme de Babylon Circus n'ont, quant à eux, pas pris une ride. Les compos ont évolué, puisqu'il faut savoir se renouveler, mais l'état d'esprit inhérent au groupe est toujours bel et bien présent. La forme change, mais le fond reste identique.

Et cet état d'esprit il est également pétri de partage ; c'est d'ailleurs la première fois que les Lyonnais convient autant de chanteurs sur un album. Une bonne petite moitié des morceaux est en effet en feat. avec un autre artiste, de Ben l'Oncle Soul à Sylvain Duthu de Boulevard Des Airs en passant par...Cedric Myton, le Jamaïcain étant probablement la cerise sur le gâteau de ce State Of Emergency

Ainsi, le titre éponyme (intégralement en anglais) met lui-même sur pied une collaboration, en l'occurence avec l'Irlandais Barry Moore, dans un mélange de voix pitchées, de cuivres façon stepper anglais, de dub et de pop/rock digne des groupes français anglophones tels que Skip The Use et Shaka Ponk (qui eux aussi se sont quelquefois aventurés du côté du reggae et du ska) et de trap. Cette vibe pop/rock et dub (agrémentée de gimmicks à la DJ Snake et de voix pitchées) était justement identifiable dès le premier single, "Monster", évoqué en introduction.

Et pour rester sur cette veine rock n'roll, ce n'est pas peu dire que les Babylon Circus sont allés explorer les confins du rockabilly et du surf music (avec ses guitares emblématiques) sur "Fallin" (saupoudré de reggae et d'effets dub) et "Tu n'écoutes même pas" ; on n'a par conséquent guère d'appréhension sur l'efficacité de ses morceaux auprès du public quand il s'agira de retrouver les fosses des salles de concert. Ce sera aussi assurément le cas avec ces deux dancehall que sont "Rio Grande" avec ses trompettes latino et la reprise très blues du "Partisan" de Leonard Cohen en feat. avec Adil Smaali.

On retrouve par conséquent les invariants hétéroclites qui ont fait le succès de Babylon Circus ; le groupe n'a pas failli à sa réputation bigarrée avec ce State Emergency. Ben l'Oncle Soul est même venu apporter sa touche soul et blues sur "Degeneration", le chanteur de Boulevard Des Airs Sylvain Duthu est en terrain conquis sur le rocksteady "Dancing Girl" et on kiffe ce morceau aux allures hip-hop et electro/swing façon Smokey Joe & The Kid sur "Cuckoo" qui ne manquera pas de vous rappeler certains titres fameux du crew.

Quant aux reggae addicts pur jus, il apprécieront cette ballade captivante qu'est "Les Oiseaux de Passage" et ses notes délicates au piano, le rub-a-dub "Fire Drill" avec ses cuivres épiques puis les arrangements et effets dub du très addictif "Easy". Mais tout ceci n'aura été qu'une mise en bouche afin de préparer le terrain à cet excellent morceau qu'est "Lettre ouverte", un stepper limpide et parfaitement rythmé dans lequel Babylon Circus amène avec brio le falsetto de Cedric Myton, voix qui se complète à merveille avec la clarinette. On se demande d'ailleurs pourquoi le groupe n'a pas pensé plus tôt à associer les deux, tellement cela coule de source. Oui, ce morceau avec le leader des Congos est définitivement la cerise sur le gâteau de ce State Of Emergency.

TRACKLIST

1. Monster 
2. Cuckoo 
3. Dancin' girl feat. Sylvain Duthu
4. Les oiseaux de passage 
5. Rio grande 
6. State of emergency feat. Barry Moore
7. Degeneration feat. Ben l'Oncle Soul
8. Fallin 
9. Tu n'écoutes même pas 
10. The partisan feat. Adil Smaali
11. Easy
12. Fire drill
13. Lettre ouverte feat. Cedric Myton

Artiste : Babylon Circus
Album : State Of Emergency
Label : Akirira
Date de sortie : 18/09/2020

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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