Du reggae sur le nouvel album de DJ Khaled

Un album de DJ Khaled, c’est en permanence annoncé et relayé en grande pompe par tout ce que la planète peut compter de médias soumis au grand maître. Cependant, on cherche encore ceux qui se penchent réellement sur la musique du beatmaker, plutôt que de se contenter de faire un étalage aussi ridicule que pitoyable de l’effectif vocal pléthorique qui figure sur chacun des opus du DJ.

Alors certes, il est vrai que peu de monde ici bas peut se permettre de réunir à la fois Drake, Justin Bieber, les Migos, Lil Wayne, Jay-Z, Nas, Cardi B et j’en passe sur un seul et même album. DJ Khaled fait partie de ce cercle très restreint. Mais la qualité (et surtout l’originalité) musicale est-elle au rendez-vous ?

C’est là que ça devient plus compliqué. Khaled Khaled, tel est le titre de cette nouvelle galette du producteur, est sorti hier et force est de constater que le résultat est assez mitigé. Pour résumer, seule une moitié des tracks emporte notre adhésion, pendant que le reste fait pâle figure, et ceci est d’autant plus dommageable, eu égard au casting exceptionnel mentionné plus haut. 

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Et cette dualité s’exprime notamment via les deux tunes reggae de l’album. Pendant qu’on écoute à grand-peine un « Where You Come From » regroupant pourtant, tenez-vous bien, Buju Banton, Capleton et Bounty Killer, sur fond de dancehall, de trap et de samples de Barrington Levy, on préfère largement le « We Go Crazy » en feat. avec H.E.R. et les Migos porté par la prod dub stepper hallucinante de DJ Khaled.
La chanteuse et le trio se répondent en effet à merveille et on insistera pour souligner que la bande de Quavo, Offset et Takeoff domine plus que largement le rap game actuellement. A noter qu’on avait déjà kiffé le « Future » d’une certaine Madonna il y a quelques années en compagnie du même Quavo sur un reggae/trap composé par Diplo.

Concernant les autres morceaux, parmi les pleines réussites, on retiendra l’ouverture de l’album, « Thankful », avec Lil Wayne et Jeremih, les basses imposantes du « Every Chance I Get » avec Lil Baby et Lil Durk, la soul façon 90’s de « I Can Have It All » en feat. avec Bryson Tyller, Meek Mill et H.E.R. ou encore l’abstract hip-hop « Let It Go » avec Justin Bieber et 21 Savage

« Body In Mention » et « Big Paper » avec Cardi B, s’ils ne sont pas dénués d’efficacité, leur beat s’inscrit  beaucoup trop dans la vague actuelle du trap, sans prise de risque, pour nous satisfaire totalement. Quant aux tracks avec Drake (déjà parus depuis plusieurs mois) ou « Sorry Not Sorry » avec Nas et Jay-Z, on ne peut que déplorer leur manque de groove et de chaleur. Cela partait pourtant bien, sur le papier… 



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