Entretien avec Rawb – The beachFront

L’interview The BeachFront

The BeachFront est sorti le 9 avril. Cet opus de toute beauté signé Rawb, nous plonge entre rythmes reggae et beat hip-hop toastés d’une lueur de funk et de soul. Une lueur qui se transmet aussi dans les lyrics remplies d’espoir du chanteur natif de la Réunion.

On a donc voulu en savoir un peu plus et on a contacté Rawb pour lui poser quelques questions sur ce projet que l’on vous invite vraiment à aller découvrir.
Lors de cet échange, on y évoque le parcours, les influences mais aussi le processus de création, les rencontres du chanteur et bien sûr de ses titres.

 

On vous souhaite bonne lecture.

 

The BeachFront disponible ici

Visuel The BeachFront - Rawb

LGR : Salut Rawb, c’est Mamats de La Grosse Radio, enchanté, comment vas-tu ? Merci à toi d’avoir accepté l’interview. Nous sommes là pour parler de ton album The BeachFront qui est sorti le 9 avril sous le label Flowercoast.

RAWB : Salut ça va bien, merci. Enchanté également. Vraiment top votre chronique, merci.

LGR : Merci beaucoup. Tu peux nous parler de ta passion pour la musique ? Je sais que ton père écoutait très souvent de la musique surtout dans sa voiture et que dans ton environnement familial, les soirées se terminaient souvent en mode sound-system.

RAWB : Oui c’est ça. En fait dans la famille de ma mère, celle dans laquelle j’ai grandi, toute la famille habitait à 2-3 maisons l’une de l’autre et on se réunissait très souvent. Les soirées finissaient tout le temps en musique, en sound system. On ne parle pas d’un truc à la jamaïcaine mais il y avait cette ambiance musicale tous les week-ends avec la musique des îles, bien sûr.

LGR : Tu es originaire de la Réunion ?

RAWB : Ouais je suis né là-bas et j’y ai grandi jusqu’à mes 15 – 16 ans.

LGR : Quel est ton parcours musical ?

RAWB : J’ai commencé au collège car j’avais des potes qui déjà faisaient un peu de musique de leur côté. Ils avaient pris des cours de guitare et moi en les rencontrant, ça m’a donné envie. On a fait un petit groupe et de là je me suis mis à la basse, c’est l’instrument qui m’attirait le plus, j’avais envie de faire de la basse. J’ai eu aussi un deuxième crew avec mon frère, toujours à la Réunion. De fil en aiguille, je suis remonté en France et j’ai monté un groupe dans lequel je jouais de la basse, je faisais quelques chœurs aussi et l’idée d’un projet solo à fait son chemin. J’écris et compose depuis longtemps mais la maturité et le déclic n’était pas encore au rendez-vous. J’aime la musique au sens large, je faisais à l’époque quelques reprises avec ma guitare, des petits covers vite fait. Il fallait aussi que je trouve mon univers, que je me décide et que je me dise que c’est chanter dont j’ai envie.


Rawb
 » The BeachFront « 


LGR : La rencontre avec TRKA, déterminante dans ta carrière : j’ai vu que vous avez un premier EP ensemble Heart in Progress sorti en 2018 et The BeachFront qui vient de sortir. Tu peux nous parler de TRKA et de votre rencontre stp ?

RAWB : Comme tu dis cela a été une grosse et grande rencontre pour moi. Cela a été très rapide en fait. Je suis sorti en soirée dans le 20ème et il était là pour écouter un peu ce qu’il se passait parce que de son côté, il commençait à faire quelques repérages pour démarrer son aventure d’ingé son. Puis, il m’a proposé de venir à son studio pour enregistrer les morceaux que j’avais déjà et en 2 – 3 mois, il avait enregistré les sons, il avait rajouté des éléments dessus et cela était déjà suffisant pour que l’on se dise qu’il ne fallait pas s’arrêter là. Après ça, il y a eu des moments de pause parce qu’on ne savait pas exactement où nous voulions aller mais très rapidement on a fait d’autres morceaux.

LGR : Perso, je l’ai appelé ton « couteau suisse » dans la chronique, il a l’air d’être sur tous les fronts.

RAWB : Ouais carrément et il aime faire tout ça. Parfois, tu le fais un peu par obligation mais lui il aime vraiment l’aspect montage vidéo et j’ai trouvé peu de gens qui aimait le montage vidéo, moi le premier. Lui, c’est son truc de passer du temps sur des sons, des images, il aime vraiment ça.

LGR : C’est cool, en fait c’était le binôme qui te fallait.

RAWB : Oui carrément, qui est arrivé un peu comme ça. Tombé du ciel.

LGR : Les bonnes rencontres se font souvent à l’improviste. Qu’elle est votre manière de travailler ? C’est lui qui te propose des instrus, toi qui lui propose des textes ou vous composez un peu en même temps ?

RAWB : C’est très changeant en fait. Dernièrement je me suis mis à la prod de mon côté donc je lui propose aussi des choses sur lesquels TRKA rajoute sa patte. En règle générale, on va au studio tous les deux et puis souvent on part de quelques accords de guitare. L’étape d’après c’est TRKA qui rajoute quelques effets, reprend les accords synthétiquement et on enregistre tout ça. Derrière, je rajoute une ligne de basse ou quelque chose d’un peu plus électro et une grosse part du taf est fait par TRKA pour le mix, etc…

LGR : Ça représente du boulot tout ça !

RAWB : Ouais, ça c’est le truc un peu chiant mais qu’il aime faire. Cela tombe bien parce que c’est pas facile et un travail laborieux et puis après toutes ses étapes, on fait des toplines. Cela veut dire que je me mets derrière le micro et je cherche des mélodies de voix etc…. Tu vois un peu ? Et ensuite, j’écris des textes et le processus de création fait son chemin comme ça.

LGR : Ta musique, c’est un flow dans l’air du temps entre mélodie reggae, beat hip-hop, le tout teinté de soul. Tu peux nous expliquer un peu tout ça stp ?

RAWB : En fait, c’est tout ce que tu dis en même temps. C’est ce mélange d’un peu tous ces styles et je suis passé par tous ces styles niveau auditeur. Quand je fais un morceau j’ai du mal à le laisser dans une case et si de nouveaux trucs me viennent, j’ai tendance à les rajouter et ça finit très souvent à tirer vers l’univers de la soul et du funk. On ne se limite pas à une seule ambiance musicale et on essaie toujours de tirer le meilleur dans chaque morceau.

Rawb
 » New Day  » 
Feat. Faya Pyd


LGR : Dans tes lyrics, tu parles très souvent d’espoir, d’une quête de personnalité meilleure et d’un monde plus juste. Pourquoi te focaliser sur ces messages ?

RAWB : Quand j’écris, c’est un peu pour moi-même. Du genre, me motiver comme-ci cela était fait pour m’aider. Si tu écris des choses auxquelles tu ne crois pas, c’est perdu d’avance en fait. Ces messages sont le reflet de moi, ils me parlent et c’est vraiment dans l’instantané. L’espoir, ça me permet d’avancer et j’ai le besoin de faire ça. La musique est un bon exutoire pour le coup. J’ai une chance énorme.

LGR : On va discuter des différents intervenants qui partagent avec toi un titre. On peut remarquer Faya Pyd sur  » New Day « , Soul-J sur  » Illusions  » et Ela Mbass sur  » Beyond Love « . Tu peux nous en dire un peu plus sur ces rencontres ?

RAWB : Ce sont des rencontres, un peu comme avec TRKA, que l’on n’a pas programmées ni provoquées.
Faya Pyd, j’étais en train de m’amuser, c’était le premier jour que je venais d’arriver au Rototom. J’étais à la tente d’à côté en train de gratter quelques accords et il est venu me rejoindre, on s’est rencontré comme ça. On a ensuite fait de la musique à distance et il a voulu à tout prix faire un feat. De mon côté, vu la distance, je n’y avais pas pensé au départ mais comme il était motivé, cela était super cool et sympa et cela n’a pas posé autant de problèmes que ça de le faire.


Rawb
 » Illusions « 
Feat. Soul-J


 

LGR : Non, c’est devenu même assez simple. Internet permet beaucoup de choses.

RAWB : Ouais c’est ça, c’est clair, fallait juste s’y faire. Pour  » Illusions  » avec Soul J, c’était beaucoup plus simple car lui est de Nanterre, enfin de Paris et il traine au studio car il bosse aussi avec TRKA.

Pour Ela Mbass, elle a vu des dubplates et freestyles de moi sur les réseaux sociaux, on a commencé à discuter ensemble, l’idée de partager un morceau est vite venue.

LGR : C’est cool, j’ai beaucoup aimé sa vibe. Je pense qu’elle a beaucoup de talent.

RAWB : Elle a déjà sorti 2 titres il me semble. Personnellement, je trouve ça très bien et une voix féminine, il n’y en a pas beaucoup.


Rawb
 » Beyond Love « 
Feat. Ela Mbass

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LGR : On va reparler un peu de TRKA qui réalise tous les clips et qui est beaucoup là. J’ai vu aussi que faire ensemble les choses, c’était aussi pour affirmer votre volonté d’indépendance.

RAWB : En fait, moi je t’avoue que je n’avais pas trop réfléchi encore sur le sujet. Bien sûr, je restais ouvert à toutes opportunités. TRKA, de son côté, il avait déjà eu cette réflexion-là par rapport au taf de son studio. Le risque de demander à droite et à gauche était de nous faire faire des trucs qui ne nous correspondent pas forcément. On a d’ailleurs essayé pour le premier clip, on a payé quelqu’un et on a été un peu déçu. On n’avait pas beaucoup de budget, le gars n’était pas trop dispo.

LGR : C’était pour s’occuper de la promo du premier single ?

RAWB : Même pas au niveau de la promo, c’est au niveau montage et vidéo. On a fait quelques prises, le gars a commencé le taf du montage et il a fini par envoyer sa version finale, sur laquelle il ne reviendra plus. Je trouvais que l’on n’était pas allé au bout des choses encore. C’est de là que TRKA m’a dit qu’il aimait faire ça et qu’il avait l’habitude. On a loué une caméra et on s’est lancé nous-même.

LGR : A quoi peut-on s’attendre pour Rawb à l’avenir ?

RAWB : Bah écoute, la même dynamique, le même mélange de son et peut être quelques surprises aussi. J’aimerais faire un mélange entre l’acoustique et le digital et cela demande beaucoup plus de moyen, cela demande du gros studio pour enregistrer une guitare acoustique ou une batterie, etc… Peut-être des choses un peu plus travaillées, des choses un peu plus riches acoustiquement et puis sinon toujours la même dynamique, voilà.

LGR : Il faut que tu gardes cette identité là, ça te correspond bien et je pense que cela ça va fonctionner. Perso, Mag m’a souvent parlé de toi et de notre côté, tu peux compter sur notre soutien.

RAWB : C’est cool merci, cela fait plaisir à entendre. C’est ce que je ressens, qu’il y a un gros soutien de votre part. A chaque fois, je me dis, c’est fou car on n’a jamais échangé avant aujourd’hui.

LGR : Nous sommes là pour ça, c’est notre rôle premier pour moi. Et puis, je trouve qu’il y a beaucoup de monde dans le reggae, de personnes qui débutent et beaucoup en France qui ne sont pas très connus ou pas du tout alors qu’ils font un taf de dingue. Il mérite que l’on s’attarde sur eux, les épaule et les mette en avant.

RAWB : En tout cas, c’est un gros boulot et cela est respectable. Moi en tout cas, cela m’a toujours fait plaisir de voir cela car ce n’est pas facile et vous faites ça bénévolement.

LGR : Par passion uniquement. Merci, ça fait aussi plaisir à entendre.

Pour clôturer, j’aimerais te passer un message. Ce sont les impressions de Mag à ton sujet et certains retours qu’elle a pu lire ou entendre.

« Rawb : Certains m’ont révélé leur surprise très positive à l’écoute de cet album. Ils pensaient avoir affaire à un opus très axé urbain. D’autres plus puristes, au moment des premiers singles, trouvaient ça encore fragile. Dans cet album, chaque morceau est maîtrisé. Rawb n’en fait pas des tonnes et pourtant il est convaincant. L’émotion passe quand c’est le moment, de même pour une certaine nostalgie. Tout ceci est mêlé à une positivité, un enthousiasme, une envie de mordre la vie, de vivre le bon comme le moins bon et ça fait du bien. Un beau mix de reggae, de hip hop, de dancehall saupoudré d’urbain et de pop, c’est tout cela Rawb et à la Grosse Radio, on aime. »

Merci Rawb et TRKA

RAWB : Merci c’est un beau message, franchement merci.

LGR : Avec grand plaisir. Je passerais le message. Merci à toi Rawb.

Rawb
 » Come Along « 

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