No Logo Festival (Fraisans) – Jour 3 – 15.08.2021

Clap de fin pour cette édition un peu spéciale du No Logo. Le temps a passé tellement vite qu’on a du mal à croire que le week-end se termine, surtout que tout était radieux  : l’ambiance, le public, le staff, les artistes, ainsi que la météo. On allait presque verser une larme quand le ciel s’en est chargé pour nous ; un violent orage s’est en effet abattu sur le site et le camping vers 16h alors que le groupe surprise est monté sur scène, mais cela n’a (presque) en rien perturbé la fête qui allait se poursuivre jusque tard dans la nuit.

Crédit photos : Laurent Quibier

Mais avant de nous pencher sur le début officiel des hostilités en ce dimanche après-midi, soulignons juste que les deux chanteuses de Mystically, que l’on avait découvertes ici même en 2016 (le gros report ici), ont offert un show au staff et au public qui avait soutenu le festival lors de la campagne de financement menée l’année dernière.

no logo, 2021, mystically

no logo, 2021, mystically

Il fallait justement être un solide gaillard pour oser affronter la pluie torrentielle qui tombait sur les forges de Fraisans transformant l’espace du Dub Factory en un véritable champ de bataille. Mais l’heure était surtout à la découverte du fameux artiste mystère qui allait fouler la scène Yann Carou. Les petits malins avaient d’ailleurs repéré que Mike se baladait sur le site la veille et c’est donc tout naturellement que le chanteur de Sinsémilia s’est présenté devant les massives avec son fidèle pote de toujours, Riké, pour un concert intimiste et acoustique que les deux compères proposent habituellement dans les salons ou jardins de particuliers. Sauf qu’ici, ils étaient en live & direct devant des centaines de personnes ravies de pouvoir vibrer au rythme des chansons du groupe grenoblois, telles que « Douanier 007 », d’autant plus que Bozo est venu effectuer un beau solo au sax sur « Tout le bonheur du monde ». Et comme un signe, alors que le soleil se frayait un passage parmi les nuages, Mike et Riké ont interprété « Sunny Day » en guise de départ avant de les revoir avec toute la famille Sinsémilia.

no logo, 2021, sinsémilia

Le soleil brillait de nouveau intensément à Fraisans, le ciel était bleu et totalement dégagé et c’est à moment-là que Twan Tee a pris position sur les planches pour promouvoir les tracks de son album Crossing (la grosse chronique ici) produit avec Oddy. Présent en compagnie d’un full band et notamment d’un guitariste à l’allure plus metal que reggae (autant pour le look que pour la guitare), mais peu importe, on kiffe cette diversité et ce mélange des genres (petit message aux organisateurs, à quand Gojira ou Parkway Drive ?), le toaster a alterné entre tunes rub-a-dub, stepper et extended versions portés sur le dub. Ainsi, même si le public avait quelque peu déserté le devant de la scène après l’intervention de Mike et Riké, il n’en était pas moins toute ouïe face au flow de Twan Tee et aux riddims d’Oddy. On a par exemple particulièrement kiffé le rub-a-dub « Trust Yourself » avec son ambiance hyper smooth et planante avant d’écouter un « On The Road » en fin de set qui nous rappellerait presque le reggae originel quand il cherchait encore à s’émanciper de la soul.

no logo, 2021, twan tee

Zoufris Maracas fait partie de ce genre de groupes dont on entend parler depuis des lustres et qui squattent régulièrement les festivals, mais sur lesquels on avait eu la flemme de se pencher auparavant. Et donc quoi de mieux que de pouvoir faire connaissance avec le combo en live & direct au No Logo ? Pour la faire courte, Zoufris Maracas ce sont 9 musiciens qui alternent entre chanson française, ska et influences cubaines, latinos et afros ; ne manque plus que le hip-hop et le crew aurait pu parfaitement jouer après les Sidi Wacho la veille, tant des similitudes existent entre les deux formations. Bref, même si nous ne connaissions guère les Zoufris Maracas, force est de constater que ce n’était pas trop le cas du public pour qui les instrus lui étaient plus que familières. Par conséquent, on a appris à apprécier les vibes diffusées par la bande enjouée et plus précisément par le guitariste dès lors qu’il s’approche vers le devant de la scène pour délivrer un solo endiablé. « Mon ami mon frère » a aussi particulièrement résonné à nos oreilles avec son message aussi simple qu’efficace et sa tonalité afrobeat.

no logo, 2021, zoufris maracas

no logo, 2021, zoufris maracas

Au contraire, Clinton Fearon n’est certainement plus un inconnu pour nous. L’ex-membre des Gladiators est d’ailleurs un habitué des scènes et festivals français et son apparition à Fraisans n’était que du bon sens, surtout qu’il était backé ce soir-là par une dream team composée, entre autres, de Manjul (qui jouera aussi juste après avec Danakil) aux percus et de Kubix, lui aussi coutumier du No Logo (voir notre report de 2017 avec Meta Dia), à la guitare. Clinton Fearon ne manquera pas d’ailleurs de présenter ses collègues un par un aux spectateurs où chacun se fendra d’un petit solo. On n’en demandait pas tant. Rare ressortissant jamaïcain (en plus de Skarra Mucci) à avoir joué au festival, Clinton Fearon a su nous faire oublier, le temps d’un concert, toute cette période remplie de doutes, de divisions et d’incertitudes, comme il peut l’exprimer sur « What A World ». Et cela se lisait sur son visage qu’il était heureux d’être là et de pouvoir partager un moment convivial avec son public : « Follow The Rainbow » ou encore l’indétrônable « Chatty Chatty Mouth » ne pouvaient que susciter un écho particulier auprès des spectateurs.

no logo, 2021, clinton fearon

no logo, 2021, kubix

C’est également dans ce contexte si singulier que les Danakil ont surgi sur la scène du No Logo. En effet, en raison de la pandémie, le pangolin, Karine Lacombe, Olivier Véran, toussa, toussa, le groupe se voit contraint de fêter ses vingt ans de carrière l’année de ses 21 ans, avec un album à la clé, Rien Ne Se Tait, à paraître le 3 septembre. C’est donc tout un condensé du parcours de la bande des Yvelines qui nous a été offert ce soir-là à Fraisans. Balik et ses acolytes ont ainsi interprété quelques-uns de leurs anciens titres dans un medley où on a pu entendre « Mon Ile » (qu’ils devraient d’ailleurs jouer plus souvent), « Quitter Paname » ou encore « Poupées Russes ». C’était autrement l’occasion de dévoiler en exclu quelques tracks issus du futur opus comme « Oublions » ou « Life Goes On » avec un trio vocal constitué de Balik, Natty Jean et même Manjul, oui oui, et auquel viendra se joindre Mike de Sinsémilia. Et vu que les ODG jouaient quelques instants plus tôt sur le dub corner, les Danakil ont remixé, avec une guitare presque noise façon Dub Trio, le remix d' »EchoSysDub » de la fratrie de Tours extrait du Danakil Meets OnDubGround (la grosse chronique ici).

no logo, 2021, balik

no logo, 2021, natty jean

Entre Danakil et Manudigital c’est une très longue histoire et c’est la raison pour laquelle le beatmaker invitera son pote chanteur à se poser sur un freestyle avec Caporal Negus, le MC qui accompagnait l’auteur de Bass Attack (la grosse chronique ici) ce soir-là. Pour sa nouvelle apparition au No Logo après 2016 (le gros report ici), ce serait un euphémisme d’affirmer que Manudigital a totalement mash up le site de Fraisans ; il fallait de toute façon une bonne grosse dose de basses et de kicks survitaminés afin de clôturer de la meilleure des manières cette édition du festival. Introduisant son show avec « Ruff It Up », Manudigital a ensuite déroulé un déluge de rub-a-dub, de dancehall, d’electro, de dub, de reggae digital et de jungle, qu’il s’agisse du « My Story » avec Panda Dub et Royale ou du remix du « Original Nuttah » de Shy FX & UK Apache. Mais le clou du spectacle aura sûrement été atteint avec sa réappropriation stepper du fameux « Make It Bun Dem » de Skrillex & Damian Marley porté par un public en feu. En fin de set, alors qu’il balançait son habituel dubplate en mode jungle avec Raggasonic, Florent Sanseigne, le directeur du festival, ainsi que MC Sunatcha, le speaker, l’ont rejoint sur scène, symbolisant une unité toute particulière et comme pour mieux montrer que ce No Logo 2021, 8ème édition bis du nom, aura été une belle fête.

no logo, 2021, manudigital

no logo, 2021, manudigital

Allons désormais faire notre petit tour quotidien auprès du dub corner. L’après-midi a commencé avec le GSF Sound System, avant que Bisou n’intervienne pour diffuser son electro dub pop. S’il a joué pas mal de morceaux extraits de ses différents opus, il en profité pour mettre en avant quelques exclus à la posture massive et très electro qui ont assurément conquis les amateurs de sensations fortes réunis en nombre devant les enceintes Clear Sound. Et cerise sur le gâteau, Suzanne Belaubre est venue le rejoindre pour « On sera beau » (voir ici).

Ensuite, ce sont les Dub Traveller qui ont pris position sur la scène. Et de voyage, il en a assurément été question avec les multiples influences du crew : on navigue ainsi entre de la trance tribale, du stepper, de l’electro, des sonorités plus indiennes, nous rappelant presque en cela un certain Raavni.

Les OnDubGround faisaient eux aussi leur grand retour sur le Dub Factory afin de nous présenter leur dernier album en date, Brothers (la grosse chronique ici), paru en 2020. On en avait déjà eu un petit aperçu via le feat. avec Bisou que le Montpelliérain a joué quelques heures plus tôt. Et comme fait exprès, alors que les Danakil allaient fouler la grande scène peu de temps après leur passage, les Tourangeaux nous ont gratifié de leur remix du « Echosystème » de la bande à Balik.

Finalement, pour clore ce week-end de dubwise sur le Dub Factory, Dubamix et ses compères ont pris le contrôle du dancefloor avec des tracks issus de Camarades (la grosse chronique ici), paru peu de temps avant le premier confinement l’année dernière. N’ayant presque pas pu le défendre au moment opportun, c’est donc plus motivés que jamais que la troupe composée du beatmaker, de Daman, Nada et Krak In Dub a fait skanker des massives résolument décidés à en découdre pour cette fin de soirée . Alors que Daman se lançait sur le stepper « Sacco E Vanzetti », Nada a renchéri avec « Front International » via son flow hip-hop. Puis, Dubamix a envoyé son « Stonewall », sa façon bien à lui de revisiter le tube de Bronski Beat, « Smalltown Boy », avant que Krak In Dub n’intervienne pour proposer un remix de « Solidaridad » aux accents reggae/dub et jungle et qui aura bien évidemment droit à un pull up.



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