Eiffel au 106 de Rouen (7.12.2012)

C’est au 106, ancien hangar maritime de Rouen reconverti en salle de concerts, que nous avions rendez-vous le Vendredi 7 décembre. Salle superbement aménagée d’ailleurs. Quand nous entrons, les Eiffel sont déjà installés dans l’ « aquarium » pour une interview d’avant show. Sensation un peu étrange de les dévisager ainsi à travers une vitre. Nous entrons dans la salle à proprement parler, il est 20H, la première partie, Twin Twisters, ne devrait pas tarder. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la salle n’est pas très remplie encore…

 

  • Twin Twisters


C’est un duo rock qui a la lourde tache de réchauffer l’ambiance quelque peu glaciale de ce début de soirée. Formation guitare/voix – batterie désormais classique. Première remarque qui pourrait vous venir en tête : « c’est fou ce que ce type de formation semble coloniser les premières parties de concerts rock ces derniers temps. »
Simple effet de mode ? Opportunité d’avoir un groupe « léger » pour faciliter le changement de plateau ? Grosse erreur.

Twin Twisters - photo officielle du groupe. Source : http://twin-twisters.com

Twin Twisters – photo officielle du groupe. Source : http://twin-twisters.com
 

Quelques riffs de gratte et pieds de grosse caisse plus tard, le verdict tombe : les Twin Twisters ne sont pas un groupe bouche-trou et vont parfaitement tenir leur rôle. Le contraire serait étonnant d’ailleurs puisque la totalité du groupe (qui se résume donc à Hugo Cechosz et Christophe Gratien) est passée par les rang… d’Eiffel ! Les Twin Twistters, anciennement Twin Sisters, pratiquent leur art dans un style totalement différent cependant puisque vous pourrez les ranger du côté punk-blues de vos rayons. Les pieds se mettent à battre la mesure et les têtes impriment des mouvements de plus en plus amples au premier rang (bon, il ne faut pas non plus rêver, les culs vissés sur les strapontins dans le fond de la salle, y resteront vissés et les sièges alignés semblent présenter une étrange collection de mannequins plastique. Ca sera d’ailleurs le cas toute la soirée.)

Le groupe nous sert une formule indéniablement très (trop ?) inspirée de Jon Spencer Blues Explosion avec ce mélange reconnaissable de reverbe typée « plate » très longue et forte sur la voix, de batterie aux pieds lents et lourds, de break parsemants les morceaux et ce son de gratte sale avec montées subites de notes grinçante caractéristique. Même les intonations du chanteur semblent toute droit sortie du superbe album Acme du groupe de New York. (« c’est pas une reprise de « Blue Green Olga » ça ? ah ? »)

Le groupe n’est peut-être pas d’une originalité folle, mais il fait très bien le taf : la salle se remplit peu à peu et les sourires se dessinent sur les visages autour de nous. En fin de set, on a chauffé les semelles, les genoux et les nuques. Le public est fin prêt !
 

  • Intermède – une page de publicité…


un changement de plateau d’un bon quart d’heure, histoire de refroidir tout le monde. Et si ça ne suffisait pas, la décision étrange de nous faire patienter avec de la bossa-nova. Ca ne me donne pourtant pas envie de Schweppes. Heureusement, la bière n’est plus interdite au 106 de Rouen depuis un moment maintenant (voir l’article de Paris-Normandie)… Bon moi les gars, faire attention à ma santé, manger 5 fruits par jour etc., j’y songe. Mais pas sur du Gilberto Gil. Par pitié.
 

  • Eiffel


Les héros de la soirée débarquent enfin sur scène. La mise en place franchement longue explique que, quand résonnent les notes du premier morceau du set « Place de mon coeur », tout le public n’est pas encore là. Mais la plus grande partie de la masse arrive avant la fin du morceau dans un bordel plutôt sympathique.

Romain Humeau (premier plan) - Nicolat Courret à  la batterie. Crédit photo : Vincent R. pour La Grosse Radio

Romain Humeau – Nicolas Courret. 7 décembre 2012
 

Comme on pouvait s’y attendre, la setlist laisse une très large place au dernier album Foule Monstre des Eiffel (10 morceaux sur les 19 en seront issus).

Eiffel, 7/12/12 au 106 de Rouen. Crédit photo : Stéphanie A.

Eiffel, 7/12/12 au 106 de Rouen. Crédit photo : Stéphanie A.
 

Bien entendu, les grands succés des deux premiers albums du groupe de « Il pleut des cordes » à « Sombre » ou « Hype » se font entendre ainsi qu’une bonne part d’ A tout moment, l’album précédent qui amena définitivement Eiffel sur le devant de la scène (ce moment d’explosion médiatique est toujours un peu douloureux pour les fans les plus anciens, et à la question « T’as mis où tes vieux titres ? » que lui pose un grand gaillard du premier rang à la pilosité faciale impressionante, Romain répond en rigolant « Je pense qu’ils sont planqués dans ta barbe… » ).

Nicolas Bonnière - Eiffel - 7/12/12 au 106 de Rouen. Crédit Photos : Stéphanie A.Estelle Humeau - Eiffel - 7/12/12 - 106 de Rouen - Crédit photo : Stéphanie A.

Nicolas Bonnière, Estelle Humeau au 106 de Rouen. Crédit photos : Stéphanie A.
 

Il faut dire qu’en bientôt 15 ans de carrière, le groupe a largement évolué. Du malaise adolescent de « Te Revoir » avec lequel je découvrais un Romain Humeau jouant sur scène et sur disque un personnage ambigü, voir un brin androgyne, au costaud « patron » de scène qu’on entend ce soir-là, capable de faire exploser la foule en un mouvement du menton, qui fait asseoir tout le monde sans avoir à le demander, il y a un monde. Il y a… 15 ans, oui voilà !

Foin de nostalgie : si on aime les groupes qui n’évoluent pas, on n’a qu’à écouter les morts !

Et puis une ligne de force, un angle, qui permet d’appréhender la discographie d’Eiffel comme un tout cohérent est rendue évidente avec le dernier morceau de la soirée. « Je voudrais pas crever », reprise de Boris Vian qui était sur Abricotine en 2001. Ce désir de réunir poésie, surréalisme, énergie et arrangements ambitieux…
 

Eiffel - 7/12/12 au 106 de Rouen. Crédit photo : Vincent R.

Eiffel – 7/12/12 au 106 de Rouen. Crédit photo : Vincent R.


Eiffel, le 7 décembre 2012 au 106 de Rouen.

Setlist

Place de mon coeur
Libre
Il pleut des cordes
Nous sommes du hasard
Milliardaire
Chamade
Frères ennemis
Le coeur Australie
Sombre
Dispersés
Le même train
A tout moment la rue
Sous ton aile
Chanson trouée
—-
Foule monstre
Chaos of myself
—-
Lust for power
Hype
Je voudrais pas crever

Merci à Stéphanie et à Vincent pour m’avoir autorisé à utiliser leurs photos !

Crédit Photo concert de Eiffel (exceptée première et dernière, crédit photo : Vincent Robert)
Stéphanie A.
Toute reproduction interdite sans autorisation
écrite préalable de la photographe.



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