Handful of Dust – Handful of Dust


Un groupe français contenant en son sein des ténors du genre qui sort un album sans que celui-ci ne soit annoncé des mois à l’avance et qui, malgré une attitude très pro ne surjoue pas dans la communication, c’est rare et cela a désormais un nom qu’il faudra retenir : Handful of Dust !

Pour faire des présentations simples, ce combo est né courant 2011. Au départ, Yves « Vivi » Brusco, qui fut bassiste et guitariste de Trust, fait des maquettes chez lui, puis une fois qu’il en a suffisamment avancé quelques-unes, il les fait écouter à son compère Farid Medjane (Trust également). Celui-ci enthousiaste lui propose de monter un groupe pour que ces chansons prennent vie dans le cadre d’un nouveau projet. Rapidement, l’ajout d’un bassiste, Izo (pourquoi aller chercher loin ce que l’on a sous la main ?), complète le line-up qui doit alors se trouver une voix. C’est Lou Ben qui décrochera le poste et tous les quatre enregistreront l’album dont il est présentement question aujourd’hui (par la suite, un deuxième guitariste viendra grossir les rangs, il s’agit de Sylvain Laforge). Voilà pour les présentations, now, let the music do the talking !

Handful of Dust, balayons tout de suite un a priori qui pourrait survenir en raison de la composition du groupe, n’a AUCUN rapport avec Trust ! Musicalement, on évolue plutôt dans un big rock parfois mâtiné de blues, de très haute volée. D’ailleurs, avant même d’évoquer  la musique à proprement parler, il faut dire que ce disque possède un atout énorme : le son. Clair, magnifiquement dessiné, chaque instrument sonne superbement et le mixage propose un équilibre entre tous les ingrédients qui rend l’écoute délicieusement confortable. Qu’il s’agisse de la rondeur des basses, du son cristallin des guitares acoustiques, de la puissance de la batterie ou bien du tranchant des guitares électriques, il s’agit là d’un vrai travail d’orfèvre (non, je n’ai pas oublié le chant, mais ne soyez pas impatient, je vais y venir).

 

Handful of Dust, Vivi, Izo, Farid Medjane, Lou Ben

Malgré le CV de ses géniteurs, il n’a pas fallu longtemps pour décider que ce disque aurait davantage sa place sur le webzine Rock de La Grosse Radio que sur son pendant Metal. Car ici, il y a de la finesse, de la douceur pour contrebalancer les moments les plus énergiques. N’allez pas en déduire pour autant que cet opus soit mou du genou, non ! Simplement, il s’inscrit davantage dans une optique rock au sens large que dans le cadre d’un brûlot bien hard. Car varié, ce disque l’est assurément, explorant un spectre très étendu, allant du big rock au blues dépouillé en passant par les ballades toutes douces ou les morceaux basiquement rock.

Et la grande force d’Handful Of Dust, c’est d’être convaincant dans quasiment tous les cas. Vivi se révèle ici un guitariste qui sait en quelques notes donner une vraie couleur à ses titres, un musicien qui sait exprimer des choses avec sa six-cordes. Côté rythmique, Farid Medjane/Izo Diop, ça se passe de commentaire ! C’est carré, efficace, au service des chansons et toujours dans le bon ton (pas de digression qui flatte l’égo en alourdissant le propos inutilement). Bref du travail de pro !

Et puis il y a le chant… Suspense… Magnifique ! Bon ok, c’est petit de ma part de laisser planer le doute ainsi, mais c’est vrai que c’est souvent le talon d’Achille des groupes « made in France ». Sauf que là, c’est carrément l’atout numéro un ! Lou Ben (que je découvre pour l’occasion) survole littéralement ce disque de sa voix légèrement voilée. C’est lui qui donne à ce premier cd d’Handful Of Dust toute sa cohérence en donnant au combo une très forte identité sonore, une empreinte qu’on retrouve quel que soit le style abordé. Un gaillard qui se permet d’être un bluesman bouleversant sur « A Spell On Me », de faire penser à David Lee Roth (excusez du peu) sur « You Can Bet » qui ouvre la galette ou bien un chanteur quasiment de charme sur « Rain From Your Eyes » en transcendant chacune de ses chansons. Capable de susurrer à l’oreille de l’auditeur comme de poser ses cordes vocales sur la table, Lou Ben fait un sans-faute tout au long des douze titres qui composent ce très réussi premier album.

 

Handful Of Dust, Vivi, Farid Medjane, Izo, Lou Ben

Sans tomber dans le track by track fastidieux, on retiendra le triptique d’entrée avec le très Big Rock « You Can Bet », le plus rentre dedans « The War of the Worlds » et la ballade « Take Me To Heaven » qui permettent de rapidement saisir à quel point Handful Of Dust possède un le potentiel pour plaire à un large public. J’aime aussi beaucoup les couplets très JoeJacksonnien de « My Precious Time ». On notera aussi la reprise du « Pinball Wizard » des Who, un exercice assez casse-gueule car sur un tel monument, grand était le risque de faire du réchauffé sans saveur et là encore, bingo ! Ca fonctionne grâce à la voix d’un Lou Ben qui reste lui-même sans tenter de singer Roger Daltrey. Dans un registre foncièrement rock mid tempo, « I’ll Forgive You » offre à Vivi ses plus belles interventions à la guitare.

Seul petit reproche (parce que j’en cherche un pour ne pas faire trop flatteur d’un coup), trois ballades sur douze morceaux, c’est peut-être une de trop, même si force est de constater que chacune fait son effet. Il manque aussi sans doute LE hit incontournable qui permettrait d’accrocher de façon encore plus instantannée.

Vous l’aurez compris, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Handful Of Dust nous offre un album qui a vraiment la carrure pour porter ce groupe très haut. On espère vivement que les activités extérieures de ses membres ne viendront pas perturber l’envol d’une formation qui peut légitimement prétendre à un bel avenir. Car le plus fort dans tout cela, c’est qu’on sent vraiment que la motivation première de ce projet, c’est le plaisir de proposer une musique sincère.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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