Biffy Clyro – Opposites

Les écossais de Biffy Clyro n’en finissent plus de gravir les échelons de la reconnaissance, et pourtant, ils ont sacrément pris leur temps pour donner un successeur au très acclamé Only Revolutions. Après trois premiers albums passés relativement inaperçus dans nos vertes contrées mais qui leur permirent de faire monter la sauce et d’accumuler de l’expérience (et de bosser avec le producteur Chris Sheldon, Therapy ?, Foo Fighters, Oceansize… Le genre de mec avec qui on doit apprendre quelques trucs utiles !), la France et le monde découvrent le combo écossais en 2007 avec Puzzles, et surtout en 2009 avec un Only Revolutions qui aura fait couler beaucoup d’encre. Se tournant volontiers vers un alternatif progueux difficile à décrire à ses débuts, le groupe s’est, sur ces deux derniers albums, concentré à écrire des compos plus concises, plus courtes, plus accrocheuses, et ce faisant a largement privilégié une approche power-pop, tout en continuant de puiser dans son maelström d’influences personnelles.  Ainsi, des riffs énergiques et tordus continuent de fleurir, pour un rendu certes plus consensuel, mais bien plus travaillé (le trio a notamment réalisé un gros travail sur les arrangements), 

 


 

Autant être honnête,Only Revolutions, après tout le bien que j’en avais entendu, m’avait laissé sur ma faim. Car paradoxalement, ces compos conçues pour être accrocheuses ne l’étaient pas tant que ça. Rien à voir, par exemple, avec un Foo Fighters avec lequel on les a beaucoup comparés.  A force de vouloir trop bien faire et concentrer à tout prix un vaste panel d’influences dans des compos toujours plus courtes, le trio s’était à mon humble avis un peu pris les pieds dans le tapis. Pour autant, il faudrait etre sourd pour ne pas se rendre compte du potentiel du groupe, qui après avoir opéré sa mue, avait peut-être tout simplement besoin de se poser, de digérer tout cela, de faire le point et de trouver un nouveau défi à relever. Après avoir tourné de façon intensive, c’est bien ce qu’ont fait nos écossais, qui ont pris le temps pour composer ce double album qui sort aujourd’hui même. 

Double album, houlà ! Vous êtes sûrs que c’est bien raisonnable ma bonne dame ? Tant que c’est bien fait hein… Or, si le groupe y apparaît plus apaisé que jamais (notamment sur le premier disque), ce qui ne manquera certainement pas de faire grincer quelques dents (malgré quelques belles décharges d’adrénaline, et un rendu en concert que l’on imagine toujours aussi brut de décoffrage), les Biffy Clyro ont cette fois pris toutes leurs précautions pour aboutir d’un album qui rende justice à leurs ambitions. Car vu le panel d’influences extrêmement vaste auquel le trio vient s’abreuver, un double album était en effet le format idéal pour qu’ils puissent en exploiter toute la palette. Du coup, sans opérer une quelconque révolution dans leur son (on se trouve au contraire dans la continuité directe des deux albums précédents), les musiciens ne cherchent plus à tout faire rentrer en moins de 4 minutes et parviennent à pondre des compositions toujours aussi accrocheuses, mais qui cette fois respirent mieux. Le titre de l’album s’avère particulièrement bien choisi, car si les deux disques ne sont pas des frères ennemis, ils n’en possèdent pas moins chacun une personnalité propre tout en s’avérant diablement complémentaires.



 

Fini le sentiment d’étouffer parfois (ce que certains regretteront peut-être ?), ce qui permet de profiter pleinement de la musique des écossais, qui ont franchi un nouveau palier en termes de qualité d’écriture. Les arrangements à base de cordes et autres sont mieux intégrés aux compositions pour un rendu moins « pompier ». Bon, il y a toujours quelques « hohohohoooooo » de ci de là, mais après tout on ne leur demande pas non plus de changer du tout au tout, et puis ils n’en abusent pas. C’est donc sans doute son meilleur album jusque là que Biffy Clyro vient de sortir, en étant parvenu à affiner son propos juste ce qu’il faut pour faire ressortir ses qualités. Difficile d’évoquer quelques titres en particulier tant le groupe prend un malin plaisir à varier son propos avec brio. Une fois de plus, les allergiques aux mélodies power-pop peuvent passer leur chemin. En revanche, ceux qui n’avaient que moyennement apprécié lesprécédents jets du groupe peuvent clairement s’y intéresser à nouveau. Quand aux aficioonados, nul doute qu’ils vont prendre un pied monstrueux. Puzzles et Only Revolutions avaient fait monter le nom du groupe en première division. Gageons que cet Opposites l’y imposera pour de bon.

8,5/10

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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