The Gluts – Ungrateful Heart

The Gluts est revenu avec un quatrième album, un opus proto-punk, psychédélique et dense. Quelque part entre les souvenirs dévastés de l’underground américain à qui le groupe est redevable, The Gluts exploite avec Ungrateful Heart ce son du début des années 80. Des sons tordus, denses et résonants qui s’écrasent et se déforment à l’unisson. L’album frappe fort et ne laisse personne s’ennuyer durant ses 43 minutes.

Le morceau “Mashilla” commence par des riffs proto-punks furieux et des cris rauques, avant de se fondre rapidement dans un groove space rock insistant avec un long passage psychédélique. Le single « Love Me Do Again” sonne aussi d’emblée avec la voix de Nicolò, le chanteur, qui entre en jeu et la guitare qui commence à bourdonner par derrière. Des chansons comme “Black Widow” se délectent d’un psychédélisme sombre, le monde brûle autour de nous, le groupe nous entraîne dans un enfer. Il mélange la rareté ouverte avec une soudaine montée de tumulte sonore qui fouette et tourbillonne dans une frénésie. Le grognement primitif de Nicolò attire directement l’attention de l’auditeur. Ungrateful Heart prend le post-punk comme point de départ et part dans plusieurs directions. Cet opus est dense tout en étant énergique !

“Leyla, Lazy Girl From The Moon” est un morceau plutôt calme, simple et lent. Il flotte sans but, avec une douce ligne vocale et des oiseaux qui chantent au loin. C’est un bref répit qui étonne mais pas pour longtemps puisque “Something Surreal” fait irruption pour nous rappeler que nous ne sommes pas là pour dormir. L’avant dernière chanson de l’album “FYBBD” met les pieds dans un sujet politique et indique clairement que “Si vous êtes un fasciste, vous feriez mieux d’être mort. » Simple, direct et efficace ! En annonçant le single, le groupe a d’ailleurs déclaré : “Dans un monde global qui exige des solutions globales, le nationalisme est un point de vue simpliste, ainsi que dangereux. Notre quatrième single est une façon de dire que nous sommes contre toute forme de fascisme, de pensée et de pratique”. 

Enfin, “Eat Acid See God” n’est pas comme tout ce que le groupe a pu sortir auparavant et peut être décrit comme un coup de pied musical au visage. Brut, provocateur et pur, montez le volume et profitez en à fond. Le groupe explique à propos de cette chanson qu’elle “est sortie lors d’une session tenue dans une atmosphère sombre avec seulement des lumières tamisées dans la salle de répétition, malgré le soleil brillant et long en cette fin d’après-midi d’été. Les premières notes de synthé avec lesquelles nous avons commencé se sont transformées en une boue musicale collante. Nous nous sentions comme des mouches coincées dans le miel – en colère et désespérées – et par conséquent, c’est la chanson la plus psychédélique de l’album”.

Les membres de The Gluts ont déclaré dès la création du groupe qu’ils n’avaient pas peur de repousser les limites et nulle part ce cœur ingrat n’est plus clair : des messages politiques puissants à la manipulation intelligente des genres. Le groupe sait ce qu’il fait et c’est beau à entendre.

Paru le 8 octobre 2021 via Fuzz Club Records.

 

Tracklist :

Mashilla
Love Me Do Again
Black Widow
Breath
Leyla, Lazy Girl From The Moon
Something Surreal
Ciotola di Satana
Bye Bye Boy
FYBBD
Eat Acid See God

Line up :

Nicolò Campana : voix et synthé
Marco Campana : guitare
Claudia Cesena : basse
Dario Bassi : batterie

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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