Avec son Cabaret, Demi MondAine nous a fait un effet monstre !

Découverte par le « grand » public dans The Voice, connue des rockers – pas seulement d’Montreuil – pour ses albums rock et sulfureux, reconnue par le show business pour sa participation au spectacle de Jean-Paul Gaultier, Béatrice Demi MondAine est tout cela et plus encore… car elle charme les monstres du bestiaire fantastique comme d’autres les serpents et a su s’entourer de magnifiques artistes pour incarner ses chansons. Wilkommen au Cirque Electrique pour un cabaret sensuellement rock !

Depuis les Stones et leur Rock’n’roll Circus, on sait que les arts circassiens et notre genre musical favori font bon ménage, surtout lorsqu’il s’agit d’en mettre plein la vue et de donner de sa personne en suant sang et eau sur scène ou sous un chapiteau. Tout comme le fantastique plait beaucoup aux rockers et pas seulement aux gothiques, ce ne sont pas feu Screaming Jay Hawkins ou ce bon vieux Ozzy Osborne qui nous contrediront… Bien loin de se servir d’un simple décorum, Demi MondAine livre avec ce projet éminemment personnel un spectacle total qui magnifie ses figures mythiques favorites. Pour le mener à bien, elle a fait appel au metteur en scène Nicolas Bigards, a récupéré son alter ego guitariste Mystic Gordon et recruté à des habitués du Cirque Electrique ou à des artistes passés par le Freakshow de Gaultier.

Ensemble, le plus souvent en dansant, ceux-ci se font lycanthropes ou créatures simiesques et entourent Demi MondAine lorsqu’elle chante au micro, guitare en bandoulière. Individuellement ils vont s’attacher à donner vie aux monstres dont elle raconte les pitoyables existences sur son piano. Le long de sa corde ou enroulée autour de son anneau, la danseuse aérienne Chris Silya nous transporte dans son interprétation de femme-serpent ou de goule et lorsqu’elle foule le sol, c’est pour devenir une créature de Frankenstein au déhanché mécanique. L’art spectaculaire du jongleur Antoine Redon donne à voir un pyromane des plus fascinants, à l’image de son immense cerceau de bois qu’on entendra longtemps résonné en rythme à la fin de sa performance. Lors d’une étreinte saphique sur piano à queue, la pulpeuse et sensuelle Maud d’Amour – attachante momie adepte du shibari et définitivement « ma » sorcière bien-aimée – nous offrira elle le tableau le plus torride du spectacle. Mystic Gordon, chapeau melon et lunettes noires, est lui l’alter ego rock de Demi MondAine et leur duo de guitares électrise littéralement le cirque.

Demi Mondaine au cirque électrique © Marine Berger

Et notre Demi MondAine, quelle créature incarne-t-elle ? Entrée la première en scène vêtue d’une robe blanche et diaphane, chuchotant telle Ophélie qu’elle ne  » voulait pas devenir cette créature« , c’est elle qui va clore son spectacle lors d’une étreinte finale et meurtrière avec le sculptural danseur cubain Lazaro C. Costa. « Je t’ai tué mon amour » chante-t-elle, serait-elle une vénéneuse Bride… A moins qu’elle ne soit une vestale assassinée revenue d’entre les morts, héroïne du morceau « La Source« , l’un des moments les plus poétiques et personnels de ce cabaret si monstrueusement beau. Béatrice Demi MondAine lui a insufflé toute sa sensualité exacerbée et libre, on lui souhaite de pouvoir le jouer à nouveau au Cirque électrique et dans de nombreux autres lieux.

Demi Mondaine au cirque électrique © Marine Berger
Photographies © Marine Berger


Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements