The Fleshtones (+ Superyear) à La Sirène de La Rochelle

C’est une tournée surprise que nous offrent les Fleshtones, groupe de punk rock garage formé en 1978 à New York. Cette série de concerts probablement planifiée au dernier moment nous a pris un peu de court. Celui du 11 novembre 2011 à La Sirène de La Rochelle n’a été annoncé qu’à la mi-octobre, à peine un mois avant la date. Ça n’a pas empêché les fans de se déplacer formant un public bigarré, mélange de plus ou moins jeune et de style. Superyear, les locaux de l’étape, assurent leur première partie. 

Superyear

Les trois musiciens qui forment Superyear ne sont pas nés de la dernière pluie. Thierry (chant/batterie) a joué avec Les Pistones et Jivaros, Gilles (basse/chœur) avec les Spadblood avant de partir en tournée aux US et au Japon avec un projet électro, et FX (guitare/chœur), a fait partie de The Guzzlers, Volt, Pluton et Euromillard. Ces trois garçons, pour se sortir du marasme des confinements, ont formé Superyear et en sont maintenant à leur troisième concert ensemble. Ce n’est donc que le début, d’accord, d’accord.

Pendant leur prestation, le public, encore clairsemé, est sans doute en attente du groupe pour lequel la plupart se sont déplacés. Cela n’empêche pas la formation rochelaise de se démener sur la scène Club de La Sirène. Si le guitariste est un peu réservé, comme le batteur, pris par son jeu et le fait de devoir chanter, le bassiste, lui, fait le show. Gros yeux à la Reuno des Lofo, poses agressives, Gilles nous sort tout l’attirail du punk-rockeur. Dans la salle, les gens ne s’y trompent pas, les têtes commencent à dodeliner, les pieds à frapper le sol en rythme. Puis les corps se mettent à danser. Au point que Gilles (quand je vous disais qu’il faisait le show) invective le public lors d’un intermède « Eh ! C’est pas un baluche là ! Tapez-vous sur la gueule ! Nan j’rigole ! Dansez bordel, dansez ! ».

Si l’on fait abstraction d’une certaine redondance dans les morceaux, on ne peut pas nier que les Superyear ont bien chauffé la salle avec leur son roots, un peu crade même, tout à fait dans le style qu’on attend de ce genre de formation. Il n’y a rien à dire, alors que c’est à peine leur troisième concert, que leur set est en rodage et qu’ils ne répètent finalement que depuis quelques mois. Les Rochelais ont assuré.

The Fleshtones

Les new-yorkais ne sont plus tout jeunes, mais le public s’en fout, et visiblement eux aussi. Dès la première seconde, c’est une dinguerie. Peter Zarimba saute partout, bouge les bras dans tous les sens. Les musiciens commencent à transpirer dès le second titre. Au troisième, c’est tout le pit qui est en transe ! « Ça fait deux ans qu’on attend de pouvoir revenir à La Rochelle, holy shit », se met à déclamer Peter. Il est tellement déchaîné qu’il fait tomber son micro à plusieurs reprises.

Derrière moi, deux jeunes filles se lancent dans une danse endiablée. Un homme commence à sauter, à deux doigts de démarrer un pogo. Peter ne tient pas en place. Plusieurs fois, il descend dans la fosse pour toucher les gens, fusionner avec eux dans une grande extase punk rock.  Les autres membres du groupe ne sont pas en reste. Ken Fox, le bassiste, se retrouvera allongé sur la scène, ou à genou, ou encore complètement cambré dans une position qui semble impossible à tenir. Keith Streng, guitariste du groupe dès sa formation en 76, saute, donne des coups de pied au-dessus du public avec la souplesse d’un gamin de vingt ans. Il y a de quoi être jaloux de leur énergie et de leur forme physique. Seul Bill Milhizer a l’air un peu moins fou que les autres. Parce que c’est l’unique qualificatif qu’on peut donner à ces musiciens : ils sont fous.

Finalement, après trois ou quatre rappels — j’ai eu du mal à compter — tout le monde fini en bas de la scène, en une procession qui les mènera jusqu’en coulisse, ne nous laissant que le son continu d’une guitare saturée et la joie d’avoir partagé quelque chose de fort.

Si vous avez l’occasion d’aller les voir sur une scène, n’hésitez pas une seule minute. Prenez un billet. Pour vous aider, voici les dates de leur tournée :

  • 12 novembre : Arthez le Béarn
  • 13 novembre : Perpignan
  • 15 novembre : Angers
  • 16 novembre : Paris (Petit-Bain)
  • 17 novembre : Niort
  • 19 novembre : Montbéliard
  • 20 novembre : Lessines


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