“Que Calor” au Trianon avec The Limiñanas !

L’aficionados Eric de Perpignan nous l’avait annoncé comme la “séance de rattrapage” après la realase party au Trabendo en septembre et c’est à un vrai festival qu’ont eu droit celles et ceux qui étaient présents au Trianon ce 6 décembre ! The Limiñanas nous ont régalés de leur garage-psyché obsessionnel, d’extraits de classiques des B Movies en fond de scène et d’un “Belin sur le gâteau” en guest-star. Nous n’avons pu résister à vous relater en long, en large et en travers le menu de ces réjouissances, film après film, morceau par morceau donc… 

Rien d’étonnant à ce que le Septième Art soit présent “physiquement” lors de ce concert, en regard avec la passion qu’ont manifestement Lionel et Marie Limiñana pour le cinéma de genre et les B Movies en général (leur dernier opus ne s’intitule pas “De Pelicula” pour rien…). Sur l’écran triptyque qui couvre le fond de scène, leurs clips vont donc se mêler – et sans démériter – à des extraits de classiques, en totale adéquation avec les éclairages forcément psychédéliques et cinématiques. Nos sept Limi s’installent et lancent “Saul”, le premier titre de leur album collaboratif avec le DJ Laurent Garnier. Beat et frappe hypnotiques, riffs de guitare moriconniens, clavier en mode presque clavecin, il était sans doute impossible de débuter autrement que par ce titre-manifeste qui annonce d’entrée la couleur. “Il s’agit d’un p’tit mec de province, il aime la musique et le cinéma…”. Flashback sur la jeunesse de Lionel Limiñana donc. Le ton est donné d’entrée ; la nostalgie, pour peu qu’elle soit pertinente et source de créativité, peut être ce qu’elle était… “Nous sommes les Limiñanas de Cabestany”, assène-t-il avec sa sobriété habituelle. Et c’est parti pour un show à deux cents à l’heure d’une bonne heure et demi, tout en dérapage et en lignes droites sur la route du fuzz, direction l’garage ! 

The haunting” (“La Maison du Diable”), des films horrifiques de la Hammer tels que “Le village des damnés”, des jumelles de “Shinning” ou un mort-vivant de Romero, autant de films-cultes qui se succèdent sur “Je rentrais par le bois… BB”. La forêt des Limiñanas est forcément hantée par les esprits d’un cinéma de genre fort peu recommandable à l’époque. C’est à Renaud Picard qu’incombe de poser la première voix sur “Last Picture Show”, accompagné à l’image par des extraits des « Tontons flingeurs ». Et c’est Edi Pistolas, le “leader colombien des combos rock psychédélique Panico et Nova Materia” qui prend le lead vocal sur “Last Picture Show”. La chevelure noire corbeau et la silhouette longiligne, la voix légèrement éraillée et le déhanché canaille, vu du balcon, Edi a des faux airs de Lux Interior des Cramps. Après “Shadow people” et “Juliette dans la caravane” toujours brillamment emmenés par Renaud, place à l’invité de luxe qui reviendra un peu plus tard pour “Au début c’était le début” (sur lequel il sera soutenu à l’image par les plus glamours des stars féminines du cinéma italien des sixties). Bertrand Belin est accueilli avec force applaudissements par le public ; serions-nous nombreux à trouver qu’il est encore meilleur avec le gang de Cabestany qu’en solo… 

Ivan Telefunken, qui sera tout au long du set un spectacle à lui tout seul, lance “The Gift” un titre presque pop. “Funeral baby” illustré par le long calvaire de Belmondo dans “À bout de souffle” lui succède et “Crank” – une reprise des Beach Bitches, un des premiers groupes de Lionel L. – convoque lui l’excellent “Ne nous fâchons pas”. Après l’entêtant “One of Us, One of Us, One of Us”, vient “Que Calor” à qui on doit notre titre et sur lequel Edi Pistolas s’éclate visiblement. Sur l’écran, une Ophélie semble se lamenter avec son crâne et Edi et Renaud balancent ensuite de convaincants “Baby I’m Dead”. On prend un projo en pleine face, sans doute pour nous préparer au CAN qui s’affiche en strombo pour aider les néophytes à comprendre qu’ils ont à faire à une cover d’un des groupes fétiches des Limiñanas… Lionel martèle sa guitare sur “Steeplechase” tandis que derrière lui, une gogo girl en jarretelles toute droite sortie d’un Paris Hollywood de la grande époque exhibe ses appâts. Ça tourne à l’orgie sonore orcherstrée par les frotti-frotta de guitare-ampli de le Grand Prêtre Ivan… 

Après une sortie de scène du groupe, durant laquelle les instruments abandonnés se voient nimbés d’un somptueux bleu klein, vient le temps du rappel. Marie délaisse la batterie pour chanter “Je m’en vais” et c’est Ivan Telefunken qui passera au devant de la scène pour une reprise des Undertones, “Teenage Kicks”.  “The Train Creep A-Loop in” – un titre de Tiny Bradshaw and His Orchestra que les Limiñanas reprennent depuis l’album avec Pascal Comelade – conclue d’une folle accélération ce set. Dans les dernières minutes, Lionel se sera rapproché de Marie. Ils vibrent à l’unisson, une belle façon de démontrer qu’ils sont l’épicentre de ce groupe unique que sont The Limiñanas…

« The Limiñanas live at Le Trianon – Paris – Full Performance – 6 décembre 2021 » capté par Eric Vautier

Photographies : Eric Jorda



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