Mephisto – Faces in the crowd

Dire que pour les chanceux qui avaient pu voir Mephisto en concert au Klub en 2007, ce 2e album était attendu au tournant est un doux euphémisme. Car leur premier effort, A call from nowhere, nous montrait un groupe très doué et contenait des titres forts réhaussés par la voix chaude de Laurent Sanchez. Tout n’était pas parfait, le quintet originaire de la région montpelliéraine ayant une petite tendance à se perdre en route et à se laisser aller à des développements inutiles. De petits défauts qui ne venaient en rien entacher le plaisir de l’écoute de compositions énergiques, romantiques et pleines de feeling.

Cela étant, si vous avez bien lu, 2007 c’est pas tout près. Les musiciens ont pris leur temps pour bosser (comme le précisait Laurent, « les joies de l’autoproduction ») et n’ont repris contact qu’en novembre 2011 avec un superbe EP de 3 titres tous plus excellents les uns que les autres. « What can I do ? », le titre éponyme ultra efficace, « Die Ana Ross », du Mephisto pur jus avec un gros refrain, et surtout la magnifique « Never gonna let you » et son petit côté folk. Laurent a encore progressé et utilise à merveille son timbre particulier, tour à tour rauque et enchanteur. Le groupe montre qu’il a bien retenu les leçons de son premier effort et nous propose des compositions ultra maîtrisées et tournées vers l’essentiel, avec des développements toujours présents mais qui évitent de se perdre en chemin, notamment grâce à un gros travail sur les arrangements. Aussi excellent soit-il, cet EP n’en restait pas moins un peu court, et il était plus que temps que le quintet nous revienne avec son véritable 2e album, qui sort aujourd’hui même.
 

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Le son Mephisto, c’est du rock dans ce qu’il a de meilleur. Puissant, énergique, mais aussi chaleureux, toujours au service de l’émotion, et qui n’hésite pas à piocher dans d’autres courants comme l’alternatif ou le progressif. Cette forte identité à la croisée de plusieurs chemins explique aussi que le groupe se soit retrouvé en première partie de groupes aussi différents que Moonspell (le nom du groupe fait référence au titre bien connu des portugais) et les Tambours du Bronx. A l’instar de ce qui nous était proposé sur l’EP What can I do ?, Faces in the Crowd nous montre que le groupe a appris à canaliser son propos et à se concentrer sur l’efficacité. N’allez pas croire pour autant que Mephisto se soit mis à faire du Linkin Park ; il s’est simplement délesté d’arrangements un peu bateaux car longuets pour se concentrer sur ses qualités. Témoin de cette volonté, l’album est court : 8 titres, 35 minutes, les musiciens ont avant tout cherché à proposer un album sans artifices qui s’écoute et se réécoute avec plaisir.

Le changement par rapport au premier album, qui prenait tout son temps (parfois un peu trop), est étonnant au premier abord, mais la qualité des compositions et le plaisir de retrouver la patte Mephisto intacte l’emportent rapidement sur le reste. Car oui, ces compos sont du même tonneau que celles de l’EP (issues des mêmes sessions de composition) et s’avèrent dans l’ensemble ultra efficaces, comme le démontre le premier extrait « It makes no sense » qui annonce parfaitement la couleur. 8 titres excellents qui montrent les progrès des musiciens, bénéficiant de vraies harmonies vocales, des sons de clavier plus variés, le travail sur les arrangements a payé et la cohésion est désormais en béton armé. Après un départ canon (« It makes no sense »-« New A »- « Sacred life-Secret lie », boum ! paye ton départ canon), Mephisto nous rappelle qu’il apprécie également les ambiances moins évidentes avec la montée en puissance « Until you Burn » et un milieu d’album globalement plus alambiqué. Ce petit détour met en valeur la fin de l’album, de nouveau composée de titres très accrocheurs voire franchement imparables.
 

 


Comme un sourd pourrait s’en rendre compte à l’écoute de « It makes no sense » ci-dessus, le fait que Mephisto se concentre sur l’essentiel ne veut pas dire pour autant qu’il délaisse les chemins de traverse et se focalise sur du couplet/refrain classique en permanence. Mais les compositions ne s’embarassent plus de fioritures et sont en constante évolution. L’ensemble est admirablement charpenté, tout en restant bien éloigné de la facilité. 


Après un premier album et des prestations marquantes, on attendait de Mephisto qu’il confirme tout le bien qu’on pensait de lui. C’est chose faite de la plus belle des manières avec ce Faces in the Crowd bien plus abouti que son prédécesseur qui parvient à montrer le groupe sous un nouveau jour sans trahir son identité. L’émotion est toujours aussi présente, mais mieux mise en valeur par des chansons taillées pour tuer. Une cure d’amincissement qui aboutit à un résultat plus imposant, voilà un petit exploit dont le quintet peut être fier. On ne peut que regretter que des groupes de cette qualité, qui de surcroît se bougent autant pour leur projet, ne bénéficient pas de plus d’attention, mais qu’importe après tout, car c’est aussi un plaisir de dénicher de pareilles perles. Avec ce deuxième album, Mephisto frappe très fort, et peut désormais s’atteler à aller le présenter sur la scène, son domaine de prédilection. Vivement des dates !

8,5/10

A noter : Toutes les productions du groupe, y compris ce nouvel album, sont en écoute intégrale sur le bandcamp du groupe, également accessible via leur site internet.

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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