Les “Fab’ Five” de retour à la Boule Noire !

Le point commun entre les toulousains de Oslo Tropique et les bitterois Fabulous Sheep qui jouaient ce 10 mars dans le 18e arron’ de Paname ? Des origines sudistes certes, mais également une même appétence pour un rock couillu-pointu et des textes sinon “engagés”, du moins “concernés” à 300%. Avant de réitérer l’exercice le 31 mars au Rockstore à Montpellier, les Fab’ célébraient la release de Social Suicide, leur second album au titre plus qu’évocateur.

Oslo Tropique. Un Oxymore climatique et symbolique revendiqué haut et fort par Christophe qui officie au chant et à la guitare. “Si on se retrouve avec des températures tropicales à Oslo, on sera vraiment dans la merde…” Le ton est donné et les textes confirmeront la tendance générale, entre écologie, surconsommation et addiction techno. Et si par hasard nous avions encore un doute, le chanteur guitariste le lèvera en fin de set en appelant à se méfier des “discours de lextrême droite comme de lextrême centre”. Malheureusement, le gros son - plus stoner que classic rock - que balancent derrière lui Mégane à la basse, Fred à la guitare et surtout le cogneur XXL Metty à la batterie, ne permettra pas toujours de bien entendre la voix et de comprendre de fait les paroles. On retiendra néanmoins que “les gens meurent en réseaux” et “qu’il faut sauver la République”. Et aussi que “aucun terminus ne mène à la mer” pour celui qui veut absolument voir les mouettes… Un morceau délire que Oslo Tropique se plait à faire durer. L’osmose entre le chant et l’énergie sonique intense aura lieu lors du dernier titre, preuve que les toulousains peuvent aisément prétendre à faire passer leur message pour peu qu’on leur laisse le temps de se chauffer. 

Laurent Besson - Caribou-Photo

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Depuis leurs premières notes, leurs premiers riff et rythmes - ça remonte au collège - les cinq Fabulous Sheep s’expriment dans la langue de Joe Strummer, mais pour autant, ils parviennent à se faire comprendre “fort et clair”. Dans leur ville, gangrenée comme on le sait par des idées nauséabondes émanant de la municipalité en place et ici, dans cette salle qui leur est bien familière. Piero nous confiait la veille que lors de leur précédente venue, leur ingé-son avait tenté sans succès, d’y pousser un volume nécessairement restreint pour respecter le bon voisinage… La diffusion avant leur entrée en scène de “J’attendrais ton retour” - la version de 1938 de Rina Ketty qui plus est ! - serait-elle une vengeance de sa part ? Un gag plus probablement, voire peut-être même un clin d’oeil à ceux qui s’attendraient à les entendre chanter “in French only”. La Boule ne se la joue pas pleine ce soir, mais celles et ceux qui sont présents sont impatients de retrouver les bitterois. Eux aussi sans aucun doute, qui n’ont pas tâté de leur terrain de jeu favori depuis des lustres. “Groupe de scène”, ce qualificatif parfois galvaudé, les Fabulous Sheep ne l’usurpent vraiment pas ! 

Laurent Besson - Caribou-Photo

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Ça tape direct dans l’oreille et le plexus solaire, avec “We fight”, un nouveau titre qui sonne façon étendard. Ils nous ont promis de nous faire découvrir ce second album, ça semble bien parti pour. Piero a d’entrée la gratte rageuse, le regard fiévreux des grands soirs, mais pas encore la mèche qui lui colle au front. Tim, béret crânement vissé sur la tête, se la joue moins démonstratif, concentré sur sa guitare, mais les mâchoires sont bien serrées, fin prêt qu’il est de prendre à la volée la relève de son binôme au chant. Bel enchaînement avec le frénétique “People around me” et… rupture groovy avec “Believe in Gods” introduit au saxo par Gabriel, qui délaisse ses claviers pour l’occase. Un changement de braquet assumé et bienvenu, car ce titre clame leur amour inconditionnel au groupe auxquels ils font forcément songer par leur énergie carrée, leur éclectisme et leur engagement viscéral. Ça sonne “Magnificent Seven” ? Ben ouais, c’est fait pour et c’est bien fait, sans être pour autant être “audiocopié”. 

Laurent Besson - Caribou-Photo

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On se souvient de la première rencontre sur scène à Bourges, en off du Printemps. On avait flairé en eux la graine des Clash. La fougue naturelle a laissé place à une occupation scénique toujours aussi intense, mais plus maîtrisée. Les regards qu’ils échangent sont désormais empreints d’une complicité de vieux routiers de la scène. Un espace où chacun a sa place ; Charles prendra par deux fois le chant - sur “Dogs” et “In this world” - et sa basse lead littéralement “Run" sur fond de choeurs à la Beasty Boys de ses acolytes. Son frangin Jacques devra comme de coutume vite tomber la chemise, signe de la puissance qu’il déploie en permanence. Avec “Mediterranean Cemetery”, Tim donne lui une nouvelle démonstration de son talent de crooner à la Iggy Pop, un talent déjà repéré avec les superbes “Hotel” et “Take Shelter”. Gabriel Tur, alias Mick Vincent - le présentateur disjoncté de leur clip “Parasite” - fera un feat à la hauteur de sa prestation en slamant dans le public. Il aura rappelé leur ADN de combattant-rock avec “Social Suicide” - “vous savez qu’on en est à 25 suicides par jour ? - mais Piero enfoncera tout de même le clou sur “Athenian street” en rappelant que nous sommes “tous des enfants de lEurope”. Référence sans ostentation à la guerre qui cogne à ses portes… “Keep on dancing” et “Zoo” seront l’occasion de terminer le set en mode molto furioso. Amis de Montpeul’, on vous souhaite le même show le 31 mars ! 

Fabulous sheep concert 31 mars

Setlist

We Fight

People around me

Believe in God

Wandering Souls

Satellite

Dogs

In This World

Hotel

The Futur is Unwritten

Run

You Think too Much

Take Shelter

Medterranean Cemetery

Suicide

Parasite

Kills me Slowly

Athenian Streets

Keep on Dancing

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Zoo



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