Dätcha Mandala fait tanguer Petit Bain !

Il est loin le temps – plus d’une décennie désormais – où l’on parlait des Dätcha Mandala comme le power-trio de jeunots d’Bordeaux… Depuis le second album sorti en 2020, JB et Jérémy arborent désormais la barbouze propre à tout trentenaire-qui-se-respecte, les boucles de Nico ont pris un sacré volume et leur heavy-rock, une patine digne de leurs modèles. Selon leur propre aveu, nous avons été “bouillants” ce 16 mars à Petit Bain !

J’avoue, ce n’est guère sérieux pour qui se dit “chroniqueur”, mais j’ai fait l’impasse sur Red Sun Atacama, le premier groupe qui ouvrait cette soirée organisée par le label bordelais Mrs Red Sound Night. Mea culpa, rétrospectivement, c’est un peu dommage. Leur desert rock aurait certainement nécessité là aussi l’usage de bouchons d’oreille, mais au vu de ce que l’on peut écouter sur leur bandcamp, j’aurais pu capter quelques brides de chant dans le fracas des guitares… Chose impossible avec le Doom Metal de Witchfinder, lesquels auraient sans doute fait les choux gras de nos gros collègues metalleux. Le chant est à l’aune des accords de tronçonneuses distillés par ces Clermontois au demeurant fort sympathiques. On appréciera nettement plus les headbang frénétiques du public. Cette démonstration capillaire collective donne à Petit Bain comme un air de lieu de culte païen, avec les trois “trouveurs de sorcières” en grands prêtres.

Mon repli stratégique, à bâbord, tanqué contre la paroi, m’aura permis de m’installer ensuite au plus près de la scène et d’admirer l’échauffement de Nicolas Sauvey, le chanteur des Dätcha. C’est qu’un grand écart, ça se prépare ; un claquage en plein set serait du plus mauvais effet… Après les balances, il retire ses boots, allume son brûleur d’encens et arpente pieds nus l’incontournable tapis oriental. Une manière de dissiper les ondes frénétiques diffusées par leurs prédécesseurs ? Plus probablement un rituel, à l’image du gros câlin avant de monter sur scène, avec ses deux comparses Jérémy Saigne et Jean-Baptiste Mallet. Ils y convieront Kriss, leur manager qui ne les quittera pas des yeux durant tout le set, délaissant pour un temps sa table de merch…

Le premier titre donne raison à l’étiquette stoner-psyché, qui se rajoute à heavy-blues lorsqu’on évoque le power trio bordelais. Ce qui signifie que le set démarre donc plein pot, pour le plus grand plaisir des fans qui trustent le premier rang… La joie se lit sur ces visages que Nico se dit hyper-heureux de revoir “en entier”. Et du plaisir, pur, brut, les Dätcha Mandala vont en procurer à foison et à contrario des deux groupes précédents, il est fort probable que personne n’aura été oublié lors de la distribution. Les amateurs de blues – qui selon Nico, “ouvre les chakras des cœurs” – ont du être comblés par des titres comme “Mojoy”. Faut dire qu’il assure autant à l’harmonica qu’à la basse le garçon ! Les fanas de Ledzep auront kiffés le joussif et interminable “Have you seen the light”, qui alterne blues rock paresseux et rock débridé, en se permettant même un clin d’œil reggae. Quant à celles et ceux qui ne jurent que le rockab’ à Papa ou le classic rock sixties, plusieurs titres leur auront assurément donné satisfaction. Les fondus de rock disco à la Queen ont même dû trouver leur compte à l’écoute de “Sick machine”.

Si les Dätcha dépassent le simple exercice de style revival Seventies, c’est qu’au delà de leur virtuosité à reproduire cette musique, ils savent en retranscrire l’énergie de façon actuelle et surtout scénique. Jérémy n’est pas avare de regards mi-complices, mi-clownesques et Nico vocalise a l’unisson des soli de son camarade. Il enchaine des figures dignes d’un danseur étoile sans lâcher sa basse et exhibe des abdos en tablette-choco qui font se pâmer les groupies. JB cogne lui avec tant d’enthousiasme que sa cymbale ride se fait la malle, fort heureusement Kriss veille au grain ! Le public se déchainera littéralement lors du rappel ; on le laissera s’épuiser avec les Dätcha, le dernier bus n’attend pas… 

Le nouvel EP des Dätcha Mandala, The Last Drop, sortira le 20 mai prochain chez Mrs Red Sound. Il sera accompagné du documentaire “In studio with Dätcha Mandala” réalisé par Roger Merpillat. Suivez leur actu sur Facebook.



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