Jack White est de retour… Fear Of The Dawn vaut-il le détour ?

Jack White Période Bleue ! Acte IV ! Le patron de Third Man Records et ex leader des White Stripes fait le buzz depuis quelques semaines en annonçant deux albums pour 2022 avec extraits et clips à l’appui. Lui qui avait un peu perdu les fans de la première heure avec son troisième effort solo Boarding House Reach en 2018 vient de sortir le 8 mars la première partie d’un diptyque intitulée Fear Of The Dawn (on attend Entering Heaven Alive, la deuxième partie pour juillet 2022). Plongeons nous donc avec Jack White dans cette Peur de l’Aube…

Premier single publié, “Taking Me Back » ouvre avec un gros son et des sonorités fuzz où le taulier de Third Man s’en donne à cœur joie. Rock‘n’roll oui ! Mais pas que. On sent bien que le gars peut très vite partir en vrille dans de l’expérimental, un peu à la façon de son précédent opus qui, il faut le rappeler, nous avait un peu perdus en chemin du coté de La Grosse Radio.

Et à la poursuite de l’écoute, on se dit bien que ce nouvel effort du patron laisse libre court à pas mal d’expérimentation. On lorgne peut-être plus du côté de Sonic Youth que du rock garage et les premiers White Stripes sont quand même bien loin. Faut évoluer comme on dit… Jack déclare en interview qu’il veut sortir des sentiers battus, explorer des pistes qu’il n’a jamais explorées avant. Le parti pris est annoncé. C’est sûr Jack White se renouvelle plus qu’AC/DC. Mais attention à ne pas se couper de la base…

Partout dans l’album, ce son de guitare gavé de fuzz. Mais avec ces petits relents électroniques qui font que le son n’a plus grand chose avec la fuzz vintage des Hendrix ou autres Rolling Stones sur "Satisfaction". Ce nouvel opus sonne très actuel et arrivera facilement à dérouter l’amateur de sonorités plus classiques.

Et puis Jack White n’a plus rien à prouver. Si Jack veut faire un morceau hip-hop, il y a aura un morceau hip-hop sur l’album. C’est comme ça que Q-Tip, leader du collectif rap A Tribe Called Quest se retrouve sur cet album avec le titre "Hi De Ho". La légende veut que les deux gonzes se soient rencontrés backstage et se soient trouvés une passion commune pour la console d‘enregistrement du Houses of the Holy de Led Zeppelin. Il n’en fallait pas moins à Jacques Blanc pour inviter son nouveau compère. Musicalement, eh bien, c’est du hip-hop…Et puis si on samplait Cab Calloway sur ce titre ? Ça serait cool non ? Allez, on y va ! No limit !

On retrouve aussi des titres aux relents un peu plus psyche comme "Eosophobia" mais avec cette touche de folie qui se refuse à être classifiée. Jack White cherche un son nouveau, il explore, il tâtonne. Reconnaissons lui que sa musique n’est pas figée et à ranger dans une case. L’ami Jack est inclassable, indéfinissable. Mais de temps en temps l’auditeur à quand même besoin d’être rassuré. Je le répète, attention à ne pas couper le contact… Difficile à suivre décidément Monsieur Jack…

Le boss de TMR va loin dans ses choix. "Into The Twilight" fait la part belle à l’orgue toujours soutenu par cette guitare fuzz façon « fly of the bumble bee » qui alterne avec des nappes de claviers psychédéliques. Entre les apéros lounge hawaïens et le psychédélisme barré des Floyd de Syd Barrett… Ou carrément ailleurs…

Et si Jack White voulait écrire un morceau instrumental de 30 secondes ? Qui l’en empêcherait… C’est chose faite avec « Dusk »…

« What’s The trick ? » est certainement ce qui rapprocherait le plus l’homme à la désormais chevelure bleue (attention on n’est pas loin du violet de Benjamin Biolay) de certains brulots des White Stripes. Un titre qui prouve que l’âme rock‘n’roll de Jack White n’est pas morte même si elle est toujours agrémentée de fioritures plus actuelles. Mais dans ce titre, il faut reconnaitre qu’elles sont savamment dosées…

« That was Then, This Is Now » ne déroge pas à la règle d’une belle base rock mais déstructurée et agrémentée de disgressions plus légères. La qualité de la composition et de la mélodie est toujours au rendez-vous, ce qui nous prouve encore une fois le talent du bonhomme. Une incursion fort réussi dans un domaine très pop…

Et si Jack White avait envie de continuer un morceau « psyché » bizarre quelques plages plus loin dans le même album ? Qui va l’en empêcher ? Alors puisque Jack White a décidé de rajouter quelques minutes de plus à son « Eosophobia » et bien on écoute… Et on se tait.. C’est qui le patron… Et on apprécie le travail de la guitare wah-wah pour le coup bien ancré dans les seventies…

Et pourquoi pas une petite ballade atmosphérique ? « Shedding my Velvet » se pose comme un titre un peu pop, un peu lounge, un peu touche à tout. Il rajoute encore une direction nouvelle à cet album, qui devient un véritable théâtre des expérimentations de Docteur Jack sans aucune limite.

Jack White s’est fait plaisir sur cet album où il joue de quasiment tous les instruments. Ceci explique aussi pourquoi on ne ressent pas cette énergie proche du live que l’on croisait dans ses premiers efforts en duo.

Pour résumer, ce Fear of The Dawn reste dans la lignée du troisième effort solo de Jack White. Docteur Jack fait ce qu’il veut comme un cheval fou, personne ne le canalise. Il a passé l’âge de s’enfermer dans des carcans qui pourraient limiter sa créativité. Attention, si cette donnée n’est pas intégrée au moment de poser le précieux sur la platine, le risque est grand. Jack White n’est plus le leader des White Stripes, finie la période Rouge et Blanche, mais aussi finie la Période Bleue de Blunderbuss… Pour rester fidèle à sa logique, peut-être que Monsieur White aurait pu choisir une troisième couleur pour vraiment démontrer sa liberté de création totale. Un album déroutant donc mais c’est ce qu’il voulait, mission accomplie. Pas sûr que l’idole des White Stripes garde son public de la première heure avec des prestations comme celle-ci. A chacun de se faire son opinion…

Jack White viendra défendre dans l'Hexagone ses deux albums au moi de juillet prochain. Pour ceux qui sont intéressés, les dates sont sur les affiches ci-dessous... Petit rappel, pour les fans de concerts connectés, passez votre chemin, Monsieur Jack récupère tout vos engins connectés avant le concert et les enferme dans une pochette que vous ne pouvez desceller qu'en sortant de la salle... Jacques à dit !!!

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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