Derek Sherinian – Vortex

Derek Sherinian, artiste aux multiples facettes ayant joué pour KISS, Alice Cooper ou encore Dream Theater, possède une discographie solo dense. La guest list également est bien fournie puisque le claviériste n'hésite pas à s'offrir les services de grands noms du rock et du metal. Il avait fallu attendre neuf ans entre l'antépénultième album et l'avant dernier. Pour ce nouvel opus intitulé The Vortex, les fans ont simplement patienté deux ans. Alors vraie nouveauté ou continuité ?

The Phoenix sorti en 2020 faisait la part belle aux guitares en mettant Derek en arrière plan. A la première écoute de The Vortex, on voit clairement que le claviériste a décidé de se mettre un peu plus en avant. Il évolue toujours dans un style fusion mais n'hésite pas à prendre plus de place pour notre plus grand plaisir. Cela se sent dès le premier morceau éponyme où Derek Sherinian explose clairement la ligne de conduite pour cet album : il sera le chef d'orchestre, celui qui gère la mélodie et les riffs. Beaucoup de morceaux sont basés sur des riffs aux claviers comme le très jazzy "Scorpion" : accompagné par Simon Philipps son grand ami batteur ainsi que Tony Franklin, une pointure à la basse, il se permet d'écarter les guitares pour se recentrer sur son instrument de prédilection : le piano à queue. Son jeu authentique et l'alchimie flagrante entre les trois musiciens donnent l'impression d'être dans le studio et d'être témoins de la création du morceau à partir d'un riff, d'une idée de mélodie.

Cette authenticité se retrouve également sur le très funky "Key Lime Blues" qui nous plonge dans une atmosphère sans prise de tête où on verrait les trois compères accompagnés par Steve Lukather et Joe Bonamassa, jammer sur un riff au clavinet que ne renierait pas Stevie Wonder. Ca joue, ça groove, ça se renvoie la balle musicalement parlant avec une facilité déconcertante.

Il faut dire que Derek a toujours su s'entourer des plus grands et tirer le meilleur d'eux. La section rythmique de Tony Franklin et Simon Philipps fait des merveilles et le batteur brille particulièrement par la diversité de son jeu qui lui permet de se fondre dans la diversité des styles développés par le claviériste. A la guitare, Steve Stevens fait des ravages sur "The Vortex" et "Seven Seas" dans un style plus proche de ce que Sherinian a l'habitude de faire : le rock/jazz fusion.

L'album contient donc des morceaux un peu plus classiques comme "Seven Seas" ou "Nomad's Land" avec Mike Stern à la guitare. Derek nous propose des compositions assez complexes, fusion avec des progression d'accords très intéressantes qui raviront les fans de jazz mais qui pourront parfois effrayer les fans de rock plus simple.

Autre composition très complexe : le morceau final "Aurora Australis" avec Bumblefoot. D'une durée de 11 minutes dans un style très prog, Derek Sherinian ne cherche pas la facilité, se perdant parfois dans une structure un peu copier-coller de riffs. Par contre "Fire Horse" avec Nuno Bettencourt est un modèle de construction : les riffs et les mélodies s'enchaînent avec une facilité déconcertante, et les deux héros du morceau Derek et Nuno sont sur un pied d'égalité. Même constat pour "Die Kobra", le morceau composé pour Michael Schenker, une des idoles du claviériste. Après une intro avec un son de sitar, le morceau déroule un hard rock classique avant de faire place à une partie très Scorpions dans le côté lyrique et mélodique et pour se finir avec un riff extrêmement puissant.

Derek Sherinian, Simon Philipps, Tony Franklin, Steve Stevens, Joe Bonamassa, Steve Lukather, Zakk Wylde, Ron “Bumblefoot” Thal, Michael Schenker, Mike Stern,Nuno Bettencourt

Contrairement à The Phoenix qui était l'album de guitare de l'année 2020, un comble pour un claviériste, The Vortex semble revenir à l'essence de Derek Sherinian. L'opus est un mix entre lettre d'amour à la guitare et album solo fusion classique du claviériste. Loin d'être un copié collé de The PhoenixDerek nous montre qu'il a encore des choses à dire et on se surprend à rêver d'une tournée avec des invités prestigieux.

Sortie le 1er juillet sur le label Inside Out Music.

Tracklist

1. The Vortex (feat. Steve Stevens) (04:45)
2. Fire Horse (feat. Nuno Bettencourt (04:26)
3. Scorpion (03:38)
4. Seven Seas (feat. Steve Stevens) (06:16)
5. Key Lime Blues (feat. Joe Bonamassa, Steve Lukather (04:42)
6. Die Kobra (feat. Michael Schenker, Zakk Wylde) (06:44)
7. Nomad’s Land (feat. Mike Stern) (05:20)
8. Aurora Australis (feat. Bumblefoot) (11:10)

Derek Sherinian, Simon Philipps, Tony Franklin, Steve Stevens, Joe Bonamassa, Steve Lukather, Zakk Wylde, Ron “Bumblefoot” Thal, Michael Schenker, Mike Stern,Nuno Bettencourt

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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