Black Rebel Motorcycle Club – Specter at the Feast

C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on accueille ce mois-ci Specter At The Feast, le tout dernier bébé de Black Rebel Motorcycle Club. Car cela faisait trois ans que la bande n’avait pas sorti de nouvel album, d’autant plus que Beat the Devil’s Tattoo, le dernier en date, avait vraiment été un très bel effort. Alors, les Américain ont-ils réussi à renouveler l’exploit ?

 

black rebel motorcycle club, specter at the feast, 2013

A regrets, on ne peut pas vraiment répondre positivement à cette question. C’est un album faisant des vagues, qui avance en dents de scie. Il ralentit, accélère, ralentit encore… Il expérimente, refait du bon son comme on connait, puis re-expérimente, mais pas toujours avec bon goût. Un parcours assez torturé, qui reflète néanmoins l’état d’esprit de la formation. En effet, le groupe a connu un événement tragique en même temps que la composition de l’opus : le décès de Michael Been. Chanteur et guitariste de The Call, il a collaboré à l’occasion avec le groupe, mais il était surtout le père de Robert Levon Been, l’un des membres de BRMC. D’où le fait que cet album soit assez sombre, même si les BRMC ont toujours revendiqué ce côté un peu macabre.

Le premier single issu de l’album est un hommage à Michael Been. En effet, « Let the Day Begin » est une reprise de The Call. Reprise de bonne facture, BRMC y impose sa marque avec les belles guitares qui ont fait son succès. Un titre plutôt entraînant, une voix raisonnante  un peu lointaine, et c’est là que l’on constate que l’explosion d’énergie du groupe n’est pourtant pas à son maximum. Heureusement, il y a quand même certains titres sur lesquels les Américains parviennent à se secouer. Notamment sur « Rival », avec des grosses guitares explosives, une voix sortant des tripes et des sonorités crades, ou bien « Teenage Disease » avec du bon gros son brouillon. A signaler également «Hate The Taste» et sa rythmique pop et dansante.

Malgré cela, quelque chose s’est éteint chez le trio. Il y a comme une réserve. Certains morceaux pourraient être intéressants, mais ne décollent jamais complètement (« Funny Games », « Sell It »). Les BRMC ont aussi voulu jouer dans la douceur, mais cela aboutit à quelques ratés. On pense surtout au très déconcertant « Some Kind Of Ghost » ou « Lose Yourself ». Le groupe semble parfois ailleurs, comme planant dans un rêve éveillé (« Lullaby », « Returning »). Les chansons sont dans l’ensemble assez longues, et certaines auraient définitivement pu être écourtées.

 

On a déjà vu Black Rebel Motorcycle Club à un niveau supèrieur, il est donc légitime d’être un peu déçu. Le groupe ne sera pas parvenu à faire émerger un hymne de cet album. Il n’y a pas LE rythme ou le refrain addictif. Il manque quelque chose, et le réveil et la motivation ne semblent pas totals. Il faut bien sûr prendre le contexte d’écriture en compte, en espérant que les BRMC reviendront vite et au meilleur de leur forme.

Tracklist:

01 Fire Walker
02 Let The Day Begin
03 Returning
04 Lullaby
05 Hate The Taste
06 Rival
07 Teenage Disease
08 Some Kind of Ghost
09 Sometimes The Light
10 Funny Games
11 Sell It
12 Lose Yourself

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



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