Entretien avec Christophe Godin à Guitare En Scène

En cette édition 2022 de Guitare En Scène, c'est un tout nouveau projet que présente Christophe Godin, The Prize. Le tout dernier jour, on a pu retrouver le prolifique guitariste pour un entretien autour de ce nouveau projet, réunissant ses compères réguliers Yvan et Aurélien auprès de la chanteuse Maggy Luyten.

LGR : La rumeur raconte qu'un fantôme chauve erre tous les ans près des planches de Guitare en scène. Quelquefois sur scène, en masterclass, des fois même parrain du festival. Guitare en scène c'est un peu toi, d'une certaine manière...

Christophe Godin : Ah non non non. Oh bordel, ça commence très mal ! (rires). Moi je suis l'âme damnée du festival ! Tu sais probablement que je suis le tout premier parrain du festival, et ils ont la gentillesse d'accompagner tout doucement ma fin de vie en me faisant venir trois jours en vacances chaque année à Saint-Julien. Je fais partie du truc, un peu comme au camping. Tous les ans tu retrouves les mêmes personnes aux mêmes emplacements. Y'a des bénévoles super sympa qu'on revoit tous les ans.

Concernant cette édition, des choses qui t'ont fait plaisir, que t'avais jamais vu ?

Figure-toi que je suis très frustré, parce que je mourrais d'envie de voir Jeff Beck, mais quand on a joué mercredi j'ai chopé une insolation. J'ai passé 17h au lit. J'habite pas loin, à Annecy, et quand je me suis réveillé son set était terminé, donc je me suis rendormi. J'ai pu profiter de Beth Hart hier, et aujourd'hui, Uriah Heep j'ai très envie de les revoir, c'est un groupe qui a une saveur particulière

Comment expliques-tu que Maggie se retrouve à la jam du mercredi soir et n'ai pas eu d'insolation ?

(rires) T'es con ! Je pense que Maggie était très fatiguée, qu'elle a tenu à l'adrénaline et à l'énergie.

Cette année tu nous proposes The Prize, un nouveau projet, avec les membres de Mörglbl mais aussi Maggie Luyten, qui a un CV assez chargé. Tu disais que c'était intéressant pour toi de travailler sur des compositions axées sur le texte, par opposition à tes compos instrumentales. En quoi ça a été un challenge ?

Avec Maggie on se connaît depuis une quinzaine d'années. J'ai participé à deux groupes, Gnô et Temple, dans lequel il y avait des chanteurs. J'ai très peu d'albums instrumentaux à la maison. On a presque monté Mörglbl par défaut, je ne chante pas assez bien et on ne trouvait personne. Si tu écoutes les albums sans le prisme du guitar hero, c'est très mélodique, des chansons sont écrites pour intégrer de la chanson et je rêvais depuis longtemps d'écrire pour une chanteuse. Il s'est avéré qu'avec Maggie, on a eu un emploi du temps qui concordait, on avait envie de bosser ensemble depuis longtemps, elle m'a invité à un de ses concerts, je l'ai invitée à une masterclass dans une école de Genève où j'enseigne, et on s'est passé des morceaux, on s'est dit que les deux univers correspondaient bien et qu'humainement on s'entend bien. Dans la démarche, j'ai pas eu grand chose à changer. Au lieu des mélodies faites par la guitare, c'est par le chant, et j'écris du texte depuis une éternité. Prize en Anglais, ça veut dire la récompense, et pour moi c'est une vraie récompense d'accompagner une chanteuse comme ça et de ne plus être au devant de la scène.

Le concert, c'était l'ouverture du festival. Tu as souvent joué ici, est-ce que tu as senti une réception différente ?

Je pense que les gens sont un peu déstabilisés de pas nous voir faire de conneries, mais qu'ils sont aussi impressionnés. Maggie a un timbre assez incroyable, elle a ce spectre qui va de Janis Joplin et Pantera, ce que les gens n'imaginaient pas. Moi j'ai une grosse affection pour le heavy metal, c'était dilué dans les conneries de Mörglbl, et là tout à coup on nous entend faire des gros riffs, des choses plus basiques. Certains doivent regretter l'absence de solos à rallonge mais pour le moment, les retours sont très bons. On est vieux, on a donc un réseau qui nous permet d'aligner beaucoup de dates, et pour l'instant, tout le monde est très positif. Mörglbl a 25 ans, 7 albums, ça fait du bien de se réinventer un peu !

Est-ce qu'Ivan et Aurélien connaissaient Maggie ? La réunion s'est faite naturellement ?

On s'est rencontrés tous les quatre en même temps, mais il n'y a que nous deux avec Maggie qui avons gardé le lien, via un groupe qui s'appelle Epysode, dans lequel elle a chanté et j'ai fait les solos. C'était à l'époque de Myspace, quand le monde était en noir et blanc et en mono (rires). On est toujours restés en contact, à échanger des idées. Lorsqu'on s'est décidés de proposer à Ivan et Aurel de faire le basse-batterie, je me suis retrouvé comme le chaînon entre les deux, ils ne se connaissaient pas dans le travail, on a fait une première résidence, à Genêve puis dans le centre de la France. On s'est alors rendu compte que tout le monde était sur la même ligne. Maggie est une bonne vivante, qui aime bien boire, manger, déconner, et finalement, il y a eu des soirs où j'allais me coucher plus tôt parce que je suis le vieux monsieur du groupe, et eux continuaient à faire la fiesta. Artistiquement, il a fallu découvrir les univers de chacun, mais il y a eu de la place pour tout le monde.

Même si on est dans les prémices de The Prize, on peut considérer que ce n'est pas ponctuel et que ça va continuer ?

Clairement, j'ai tout mis en stand by pour The Prize! Mörglbl est en pause, j'ai mis d'autres projets de côté, c'est la première fois qu'il y a tous les ingrédients que j'aime dans la musique. Il y a le côté pop, dans le fait d'écrire des chansons, des choses sophistiquées musicalement mais accessible, une voix incroyable, un combo compact. J'ai 54 ballets, il est temps de mettre toute mon énergie dedans, et de lancer cette formation comme unique ADN. Avec le Covid, on a eu des dates de Mörglbl qu'on n'a pas pu assurer, donc on fera au moins ça, ce sera ponctuel mais sans démarches futures. On a donné une trentaine de concerts avec The Prize, depuis la reprise, donc c'est déjà une machine qui tourne. On a pu jouer à l'étranger, on a cet aspect international grâce au chant anglais.

 

Son expérience avec Nightmare, qui joue beaucoup plus à l'étranger qu'en France, a pu aider, non ?

Totalement. Maggie est surtout très associée à la scène metal, là où nous on a une niche plus alternative, fusion. On commence à ratisser dans ces deux domaines-là. Elle prend très naturellement le devant de la scène, je peux profiter de certaines choses dont je ne profitais pas avant.

Un projet bien sérieux à suivre, donc !

J'espère ! Peut-être un Hellfest, dans pas longtemps, y'a eu des discussions !

 

Quel opportunisme ! Tout ça parce que tu as dans l'idée de te pointer à Clisson et de piquer la place de Zakk Wylde dans la réunion de Pantera.

(Rires) On rigole, on rigole, mais tu sais que je suis certainement le guitariste de jazz rock qui connaît le mieux tout le répertoire de Pantera !

 

En jazz rock, ça laisserait Anselmo sur le côté, et ça c'est parfait !

On a fait un truc marrant avec Mörglbl, c'était pendant un festival metal aux États-Unis. On avait deux morceaux de Far Beyond Driven qu'on jouait sur scène. On fait nos truc marrants et en plein milieu on te cale "I'm Broken" et "5 Minutes Alone", que je chantais ! Je me fracassais la voix, mais la connexion existait déjà à l'époque !

 

C'est une promesse donc ?

Je m'y engage.

 

Et ce sera écrit noir sur blanc sur les pages de La Grosse Radio. Rex Brown va être ravi !

Crédits photos concert : David Poulain
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe

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