Transatlantic à l’Olympia 2022 : la dernière escale ?

Simplement démarré il y a plus de vingt ans sous la forme d'un side-project réunissant des grands noms de la sphère progressive, Transatlantic est aujourd'hui devenu un mastodonte du genre. Rien d'étonnant donc à ce que le quatuor investisse la célèbre salle de l'Olympia pour défendre The Absolute Universe, son cinquième album. Dernière date de la tournée, et potentiellement dernière date tout court comme les musiciens l'ont laissé entendre sur les réseaux sociaux, c'est en toute logique que la prestation du soir est filmée. De quoi immortaliser un excellent concert où le public n'a cessé de donner de la voix et comme l'a rappelé Mike Portnoy lui-même, « où toutes les étoiles étaient alignées »...

Le dernier album de Transatlantic est sorti sous deux versions différentes (The Absolute Universe : The Breathe of Life et The Absolute Universe : Forevermore). Pourtant, ce soir c'est encore une troisième version que les musiciens interprètent, en parfait mix des deux autres. Dès « Overture », les spectateurs (en configuration assise, Olympia oblige) peuvent constater que le son est parfait. Chaque instrument est à sa place, depuis la basse ronflante et enveloppante de Pete Trewavas, jusqu'aux soli de guitare de Roine Stolt, en passant par les nappes de claviers de Neal Morse. Comme en 2014, c'est Ted Leonard (Spock's Beard, Enchant, Thought Chamber) qui épaule le quatuor en doublant tour à tour les parties de clavier ou de guitare en talentueux homme-orchestre.

Et derrière ces musiciens, la force de frappe du métronome de la formation, Mike Portnoy, est toujours là. Le batteur le plus occupé de la planète prog est une fois de plus impérial, proposant un jeu toujours diversifié, en effleurant à peine ses cymbales ou en martelant ses fûts dans des breaks inhumains.

Les différentes compositions constituant The Absolute Universe sont d'une richesse sans faille, et permettent de faire le tour du style du groupe, et particulièrement de ses deux compositeurs principaux, Neal Morse et Roine Stolt. Ces derniers se partagent majoritairement les parties de chant. On note toutefois que Roine Stolt s'aide d'une antisèche pour se remémorer les textes qu'il doit interpréter. Amusant quand on imagine le nombre de riffs et d'accords que le Suédois doit garder en tête à chaque concert de Transatlantic ou de sa formation principale.

Les thèmes de The Absolute Universe rentrent immédiatement en tête pour ne plus en ressortir et le public chante à tue-tête, accompagnant le groupe en donnant de la voix comme rarement à un concert de prog. Le final de « The World We Used to Know » donne également l'occasion au public de se lever pour une standing ovation. Première pause avec des applaudissements qui ne semblent jamais s'arrêter et c'est l'occasion pour Mike Portnoy d'enfin prendre la parole après 45 minutes de jeu. Ce dernier remercie chaleureusement le public de l'Olympia ainsi que ses partenaires, précisant que « si jamais c'est le dernier concert de Transatlantic, c'est un honneur d'avoir joué avec ces musiciens ! ». Puis d'ajouter taquin « Oh... Neal est ému, il va encore pleurer ! ». Cette courte pause permet à l’ensemble du groupe de se reposer avant de repartir pour la deuxième moitié de The Absolute Universe.

Celle-ci débute par un unisson a capella sur « The Sun Comes Up Today ». De quoi mettre en avant les influences 60’s et 70’s du quatuor, mais également de montrer que chaque instrumentiste maîtrise de mieux en mieux sa voix. D’ailleurs, si la voix de Pete Trewavas sonne parfois de façon nasillarde sur les albums studios de Transatlantic, il y a peu de choses à lui reprocher en live. Peut-être est-ce une question de mixage, mais le bassiste transmet beaucoup d’émotion sur « Solitude ». D’ailleurs, il apparait particulièrement impliqué dans le concert, allant à la rencontre des premiers rangs et sautillant régulièrement sur place avec une énergie rarement vue dans un concert de rock progressif.

Le thème épique de « Love made a way » voit le public se lever à nouveau pour une autre standing ovation, la seconde d’une longue série, l’audience participant activement au concert. Les musiciens s’éclipsent alors pour un entracte d’une vingtaine de minute.

A leur retour, c’est une surprise de taille qui attend l’Olympia puisque Transatlantic propose un medley de The Whirlwind, l’un de ses albums phares, condensant alors les meilleurs passages de ce titre qui avoisine initialement les 80 minutes. « Is It Really Happening » concentre tout le talent de la formation, à travers une première partie lente et progressive à souhait avant de s’emballer totalement et d’emmener avec elle tous les spectateurs dans une cadence folle.

A la fin de « The Whirlwind », Neal Morse semble une fois de plus ému, sentiment qui ne quittera pas non plus l’ensemble des spectateurs sur la ballade « We All Need Some Light », subtilement introduite par un beau duel guitare acoustique / guitare électrique par Neal et Roine. Mike Portnoy fait alors signe aux spectateurs d’allumer leurs téléphones portables et l’Olympia s’éclaire tel un beau ciel étoilé. Le public chante alors le refrain en chœur, tandis que c’est Ted Leonard qui donne de la voix sur le second couplet du morceau.

Cela fait déjà deux heures et demie que le groupe est sur scène. Transatlantic en profite alors pour s’éclipser, annonçant la tenue d’un rappel épique. En effet, lorsque le quatuor et Ted Leonard reprennent leur place, Neal Morse entame le début de « Duel With the Devil ». Transatlantic a en effet choisi de condenser dans un autre medley les meilleurs passages de ses deux premiers albums, SMPTe et Bridge Across Forever.

Tout le monde chante alors en chœur les thèmes de « All of the Above », mais c’est le final de « Stranger in Your Soul » qui est le plus riche en émotion. La salle entière est debout et Roine Stolt nous sert un sublime solo tout en finesse et en subtilité. Les applaudissements ne semblent plus s’arrêter, le temps semble suspendu et chacun est conscient qu’il vient peut-être d’assister à un concert historique, si c’est bien la dernière prestation de Transatlantic. En outre, Neal Morse est en pleurs et tombe dans les bras de Portnoy, dans une chaleureuse complicité qui fait plaisir à voir.

Si l’histoire du combo international s’arrête bien là définitivement, il est certain que cette date à l’Olympia constituera l’apogée d’un supergroupe qui mérite bien cette appellation. En attendant, il nous restera le témoignage audio et vidéo de cette très belle soirée pour vivre et revivre ces instants d’émotion.

Setlist 

The Absolute Universe

Overture : The Absolute Universe
Reaching for the Sky
Higher Than the Morning
The Darkness In the Light
Take Now My Soul
Bully
Rainbow Sky
Looking for the Light
The World We Used to Know
The Sun Comes Up Today
Love Made a Way (Prelude)
Owl Howl
Solitude
Belong
Lonesome Rebel
Can You Feel It
Looking for the Light (reprise)
The Greatest Story Never Ends
Love Made a Way

The Whirlwind Medley

Overture
Rose Colored Glasses
Evermore
Is it Really Happening ?
Dancing With Eternal Glory

Roine / Neal Guitar Duet
We All Need Some Light

SMPTe / Bridge Across Forever Medley

Duel With the Devil
My New World
All of the Above
Stranger In Your Soul

Photographies : © Christian Arnaud 2022
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements