Bruce Springsteen – Only The Strong Survive

Depuis quelques semaines, les fans de Bruce Springsteen sont en émoi ! Le Boss a laissé fuité par la voix Jann Wenner, créateur du magazine Rolling Stone, qu’un nouvel album était dans les tuyaux ! Un 21ème effort studio pour le patron… Et voilà qu’arrive sur nos platines après quelques singles de mise en bouche, Only The Strong Survive, une compilation de vieux morceaux soul et rhythm and blues que le Boss a décidé de revisiter à sa sauce... Mais posons donc la galette sur la platine…

En guise d’amuse-bouche, et de premier single, Le Boss est parti puiser une pépite de Frank Wilson de 1965. "Do I Love You (Indeed I Do)". Un titre soul, gavé de feeling que le Boss soutient à merveille avec sa voix puissante et des cuivres énormes ainsi que des chœurs de folie. Autant dire qu’il place la barre haute !

Beaucoup de grands noms seront au programme comme les Four Tops. La version de leur "Seven Rooms of Gloom" envoie sauvagement. C’est du Boss façon E-Street Band qui pourrait vite devenir un hymne de stade si le Boss voulait l’exploiter en live avec son groupe fétiche.

Lorsqu’il reprend Aretha Franklin et son "Don’t Play That Song for Me", Le Boss fait honneur et rajoute au piano original plutôt minimaliste un groove énorme en musclant le morceau avec des guitares et des cuivres. Ça sonne terriblement bien. Il se  dégage une énorme puissance. On sent que le Boss se régale et son énergie est communicative. Springsteen n'a pas son pareil pour transformer une bonne chanson en hymne interplanétaire. Le Boss ! Vola bien un surnom qui n’est pas usurpé !!!

Avec "Turn Back The Hands Of Time", Bruce se pose en prêcheur soul avec toujours une section cuivre époustouflante et des chœurs à faire pâlir les « girls groups » de Phil Spector.

Le Boss s’attaque aussi aux Temptations, créateurs de "Papa Was A Rolling Stone" ou "My Girl". Sa version de "I Wish It Would Rain" nous offre une lecture puissante qui revitalise un peu le classique de 1968. Il revisite aussi un hymne de 1969 de Diana Ross et des Supremes "Someday We’ll Be Together", qui délivre encore un joli message d’espoir.

On notera la chanson "Any Other Way" qui est certainement ici comme un symbole de tolérance. Le Boss la crédite à Jackie Shane (qui elle-même l’avait emprunté à William Bell, un taulier de chez du label Stax-Volt en 1962). Pour la petite histoire, Jackie est une des première figures transgenre affirmée et dans la chanson "Any Other Way", on trouve la première utilisation du mot  "gay" dans une chanson.

Le "Soul Days" de Dobie Gray ou encore "Only The Strong Survive", titre éponyme, cover de Jerry Butler, sont revisités de manière assez conforme. Ce sera souvent le cas mais tout au long de l’album on aura droit à des orchestrations magnifiques. Il en est de même pour la reprise des Commodores (un des premiers groupes de Lionel Richie). En 1985, le batteur chanteur Walter Orange et ses troupes livraient un de leurs plus gros hit "Nightshift". C’est toujours très propre et soigné. Peut-être un peu trop se plaindront certains…

Le plaisir de jouer s’entend et Springsteen et ses amis sont là pour s’amuser. Les ambiances varient tout au long de ce disque et les chansons plus rapides dont on vient de parler plus haut côtoient aussi de très belles ballades.

Le Boss est parti chercher dans la discographie de William Bell "I Forgot To Be Your Lover". Billy Idol avait déjà exploré ce répertoire en transformant la ballade sous le titre "To Be A Lover". Springsteen choisit de rester proche des compos choisies et la garde en ballade. Sa voix et les orchestrations font encore du bon boulot.

En s’attaquant à la reprise des Walker Brothers, "The Sun Ain’t Gonna Shine Anymore", le Boss se permet une incursion dans une registre plus pop sixties. C’est une ballade à laquelle le Boss donne une âme grâce a ses qualités vocales. Et c’était un challenge annoncé pour cet album. La voix devait être en avant. Pas question ici de se cacher derrière des grosses guitares ou des compos sublimes. Le but, c’est de donner une âme à des titres qui nécessitent des techniques vocales plus pointues que celles utilisées par le Boss sur ses propres morceaux. Et il faut bien avouer que le pari est réussi.

Au final, le Boss nous emmène dans un univers qui lui est familier. Il livre comme d’habitude un travail soigné. Ses orchestrations sont superbes tout comme les musiciens du E-Street Horns présents tout au long de ses sessions. Si l’on devait faire un parallèle avec le précédent album comparable, celui de 2006 We Whall Overcome – The Seeger Sessions, on regretterait peut-être le fait que les compos soit majoritairement fidèlement reprises même lorsqu’on aurait pu espérer y trouver un petit grain de folie de la part du Boss et de ses troupes. Mais ne boudons pas notre plaisir, le Boss a une voix parfaite pour incarner ces vieux titres soul et R ‘n’ B un peu moins connus que les gros standards du genre mais qui valent de l’or…

Sorti le 11 novembre 2022 chez  Columbia Records

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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