SIGUR ROS au Zenith de Paris

“Tu veux un Schnapps ?” me propose mon amie résidant en Allemagne en me tendant une mignonette de ce digestif dans la file d’attente du zénith de Paris ?
“Il faut les finir, on va pas les passer à cause de la fouille” rajoute t-elle au passage.

Tel est le préambule de ce live report du concert de Sigur Ros au zénith de Paris.
Invité de dernière mlinute par mon amie germanophone, me voilà donc en train de me faire palper par un palpeur professionnel à la mine patibulaire mais presque, les papilles aseptisées par les mignonettes d’avant.

Un plateau de 6 pintes à partager à 3 sur les genoux plus tard – plateau toujours offert par l’amie aux mignonettes d’Outre-Rhin –  me voilà donc fin prêt pour assister au concert de Sigur Ros, concert dont on m’avait mis au courant de ma présence à 11 h 00 le matin même.

Les spots déclinent, le tamisé devient pénombre, c’est l’heure de la première partie.

For a Minor Reflexion entre sur scène. Des islandais eux aussi, comme Sigur Ros. Islande, pays gravement touché par la crise économique à tel point que le batteur n’a pas eu les moyens de s’acheter de charley et maltraite donc une pauvre crash avec le bras droit en remplacement, ce qui a quand même le don de pourrir un peu le son et de faire criser l’ingé-son qui arrive à rattraper le coup peu à peu.

Passé outre ce petit désagrémént, l’ensemble est quand même pas mal foutu du tout :
une sorte de post-rock instrumental basé sur des montées qui s’organisent autour de riffs arpégieux assez bien sentis et qui explosent dans un joyeux bordel de saturations une fois le sommet atteint.
Les titres suivent un peu tout le temps cette même logique mais pour une première partie on s’en contentera et le public de ce zénith plein semble apprécier.

Petite pause, le temps d’acheter un sandwich et de s’ébahir sur la propreté des toilettes et place à Sigur Ros.

Premier morceau :
Petite nappe au clavier, petite ligne de guitare, petit chant de tête du chanteur Birgisson et on monte, petit à petit, peu à peu, trop lentement même et puis arrive un moment où le barrage explose. Birgisson gratte frénétiquement sa guitare avec son archer, tout le monde est à fond pendant 2 minutes et puis on revient à la plénitude.
Voilà. Vous avez là le schéma qui va à peu près s’apppliquer à la majjorité des chansons du set.

Les Inrocks qualifieraient cette musique d’ondées musicales aériennes aux mélopées stratosphériques portées par un chant frêle et solide, provoquant un état émotionnel semblable à celui éprouvé lors du visionnage du Chien Enragé d’Akira KUROSAWA.

Pour le connard de blaireau qui se retrouve là un peu par hasard, Sigur Ros fait de bonnes fins de morceau mais les débuts sont un peu languissants.
L’utilisation systématique de l’archer sur la guitare est lassante à la longue, le recours abusif de la voix de tête aussi, à tel point que le set ne respire pas assez.

Cependant, les gens qui sont là ont l’air totalement satisfaits eux, les téléphones portables sortent pas centaine à chaque début de morceau (le briquet s’est bel et bien fait supplanter), les applaudissements sont nourris et mon amie venue d’Allemagne pour l’occasion lâche des phrases du genre “c’est mieux que le sexe ce concert”.

Sigur Ros, groupe pour les filles ? Non, plein de mecs sont présents ce soir et pas que pour accompagner leur nana à un concert.
Sigur Ros, groupe chiant ? Non plus, et ce n’est pas de la musique prétentieuse. Il y a bel et bien des instants de grâce servis par un son plus que correct pour un zénith qui laissent une bonne impression globale mais ils seraient à mon sens encore mieux servis si quelques chansons venaient casser un peu le faux rythme qui prévaut tout au long du set.

Enfin, pour être complet, je dirai qu’après ce concert, on est allés bouffer dans un chinois.



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