Muse au Stade de France (22 juin 13)

On l’attendait avec impatience ce concert de Muse. On avait encore des étoiles plein les yeux de leur Stade de juin 2010. Cette année, le groupe réalise encore l’exploit de remplir le Stade de France deux soirs de suite. Que l’on aime ou pas, Muse a du succès et ce n’est pas près de s’arrêter. Le groupe nous avait donc donné rendez-vous les 21 et 22 juin. 

 

muse, stade de france, affiche, 2013

22 juin, 17h, ouverture des portes plus ou moins dans le calme. La veille ce sont Paramore et Fun. qui avaient ouvert le bal. Ce soir, Polly Money se lance la première. La jeune chanteuse force l’admiration; seule sur cette immense scène, juste accompagnée de sa guitare acoustique,elle ne semble pas effrayée. Toute mignonne et à l’aise, elle garde le sourire et essaye d’échanger quelques mots avec nous. Sa voix n’est pas s’en rappeler Selah Sue, en plus sage. Mais il faut le dire, on s’ennuie vite. Sa musique trop douce endort plus qu’autre chose, sans compter que les morceaux finissent assez rapidement par se ressembler.

Mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attend ensuite. Car après cela, c’est au tour de Dizzee Rascal. Il est vrai que le rappeur sait mettre l’ambiance. Il a une belle énergie et il parle pas mal. Le public venant de tous horizons, une bonne partie de la foule, ravie, jumpe au rythme de la musique. Mais pour quelques-uns d’entre nous, ce son est un vrai supplice, et on retourne s’asseoir au sol au bout de dix minutes à peine.

Les trente minutes de torture enfin écoulées, on se prépare à accueillir Biffy Clyro. Lorsque le groupe débarque, il est déjà torse-nu. Le trio a à peine joué trois notes qu’il transpire déjà. Pourtant, malgré une énergie à son maximum et les déhanchés sexys de Simon, le malicieux chanteur, une bonne partie du public reste de marbre. Paradoxalement, même si le son est lourd, il n’emporte pas vraiment. Biffy aussi a droit à ses spectateurs se rasseyant. Il faut dire qu’en discutant avec les gens, on se rend compte que le groupe n’a pas encore une notoriété si élevée en France. En tout cas, même si le dernier album des Ecossais manquait un peu de punch, il se révèle efficace en live.

 

C’est à 21h15 que l’on passe aux choses sérieuses. Tout le mur derrière l’immense scène est en réalité un écran géant surdimensionné pour que personne ne perde une miette du spectacle. Outre la caméra filmant le groupe, on aura aussi droit à beaucoup de vidéos. Le show commence avec quelques secondes du dialogue issu de la vidéo de « The 2nd Law: Unsustainable ». Le groupe fait ensuite une entrée classique. Si la scène en elle-même est plutôt sobre, la bande a les moyens de nous en mettre plein la vue. Pyrotechnie, fumigènes, explosion de faux billets, un live de Muse n’est pas qu’un concert, c’est un spectacle autant visuel qu’auditif. Et finalement, c’est ça que l’on regrette. Le trio déborde d’idées, mais il en fait trop. Si les neurones géants illuminés installés dans les gradins sont jolis à voir, on se demande par exemple pourquoi le groupe décide de lancer dans les airs un ballon géant en forme d’ampoule avec une danseuse acrobate suspendue en dessus. On est venu voir un concert de Muse non ? Le groupe avait également quelques invités. La danseuse est venue sur scène lors de « Feeling Good » déguisée en secrétaire énervée, tandis qu’un trader a simulé sa mort au milieu d’un amas de billets sur « Animals ».

Qu’on se le dise, tout ce visuel n’est pas là pour cacher la faiblesse scénique du groupe. Celui-ci veut seulement que l’on passe un moment inoubliable… même si l’on sait bien que Muse s’inscrit dans cette petite gué-gerre de qui sera consacré meilleur groupe live. Techniquement, il n’y a rien à redire. Le son est maitrisé jusqu’au bout des doigts et des baguettes. Matthew (chant/guitare), Dom (batterie) et Chris (basse) jouent avec une aisance déconcertante.

Niveau playlist, le groupe a bien évidemment mis en avant plusieurs morceaux de The 2nd Law. Ils ont commencé le show avec « Supremacy », la génialissime perle de ce dernier album en date. Bizarrement, pas de mouvements de foule. Pas de personnes se déchainant totalement au son des grosses guitares. Mais la bonne ambiance fut quand même au rendez-vous tout au long de la soirée, notamment grâce à des morceaux comme « Liquid State », un titre issu de The 2nd Law, chanté par Chris. Il faut avouer que ce dernier assure vraiment dans le rôle de chanteur. Sur « Madness » (ce morceau écœurant était inévitable), Matthew s’est mis à jouer avec la caméra, tandis qu’il est descendu serrer la main du public le temps de « Undisclosed Desires ». Un peu plus tôt, la roulette sur l’écran avait décidé que de « Stockholm Syndrome » ou « Newborn », « Newborn » serait la chanson jouée ce soir. Un intense moment de bonheur et de folie. Le groupe est parti se reposer le temps de « The 2nd Law: Unsustainable ». Il a laissé sa place à un robot géant et animé, faisant presque deux fois la taille de Matthew, répondant au nom de Charles. Le trio nous a aussi laissé seuls le temps d’un magnifique et émouvant « The 2nd Law: Isolated System ». Matthew nous a également attendris lors de « Blackout » sur lequel il a chanté allongé au sol. Le groupe s’est amusé de temps en temps à jouer quelques secondes de covers diverses.

 

Les Anglais auront joué 2h15 et fait deux rappels. S’ils parlent peu, les remerciements sont néanmoins sincères. Matt et ses acolytes ont pris la peine de venir très souvent jouer sur l’avant-scène au milieu de la fosse où Ils avaient même installé un clavier. Le verdict de cette soirée est un peu difficile à établir. On en prend plein les yeux, l’énergie est là, le groupe se démène pour nous faire vivre les choses en grand. Mais Muse, c’est un peu comme une usine. On enchaîne, on doit rentabiliser. Le groupe vient, joue, et s’en va. A part Matthew cassant sa guitare, les adieux ne se prolongent pas. Il manque la sincérité du vrai concert, celui où l’on se sent proche des musiciens, ces derniers n’ayant besoin que de leurs instruments pour nous faire garder un merveilleux souvenir. Muse se cache derrière les fioritures, et c’est bien dommage. 

Setlist:

Supremacy
Panic Station
Plug In Baby
Map of the Problematique
Resistance
Animals
Knights of Cydonia
Dracula Mountain
United States of Eurasia
Butterflies & Hurricanes
Monty Jam
Feeling Good
Follow Me
Liquid State
Madness
Time Is Running Out
Dead Star
New Born
B-Stage
Unintended
Blackout
Undisclosed Desires

Rappel:

The 2nd Law: Unsustainable
Supermassive Black Hole
Survival

Rappel 2:

The 2nd Law: Isolated System
Uprising
Starlight 



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