YGGL, artiste complet(ement grunge)

Le parcours du Basque Yrwan est particulier. De snowborder, il est devenu musicien sur le tard, et depuis il ne lâche plus ses instruments. C’est suite à une blessure au genou qu’il s’est mis à apprendre quelques accords à la guitare et à envisager de se mettre à la musique. De là à pondre quatre albums en cinq ans, c’est une autre histoire ! C’est à la fin de sa vingtaine qu’il s’y met sérieusement, en expérimentant. En novembre dernier, c’est l’excellent et très grunge Gaijin qui est arrivé sur nos platines. Si Yrwan joue tous les instruments de l’album : guitare, clavier, plus une boîte à rythme et un looper, l’album a été réalisé par Christian Bolognaise, qui bosse avec la fine fleur du rock bordelais. Sans prétention, YGGL trace un sillon typé 90’s que les fans de Nirvana et Pearl Jam ne renieraient pas.

Ton nouvel album, Gaijin, m’a beaucoup séduit, mais comment passe-t-on du snowboard au Grunge ? Vois-tu des similitudes entre le sport et la musique ?

Déjà merci ! Une blessure au genou m’a permis d’apprendre quelques accords à la guitare et de commencer à envisager de me mettre à la musique. Ensuite, je dois dire que le monde du snowboard est quand même assez lié aux cultures musicales alternatives. D’ailleurs, en ce qui concerne le grunge et le snowboard, il y a eu une ribambelle de groupes signés chez Sub Pop Records dans les vidéos de snowboard et la ville de Seattle est proche des montagnes où des événements mythiques de snowboard ont eu lieu. D’ailleurs, beaucoup de snowboardeurs connus ont été dans des (fait partie de ?) groupes dans ce coin des US. Et ce pont me semble assez logique car la musique comme le snowboard sont des pratiques créatives et rebelles qui se sont développées loin des sports traditionnels formatés par des fédérations avec des entraîneurs et des règles à la c… Le snowboard c’est comme le punk, tu prends ta planche et tes potes et tu fais en sorte d’avoir la meilleure session de ta vie. Peu importe ton niveau et les conditions, en mode système D, tu te contentes de ce que t'as. C’est aussi l’état d’esprit du punk et ensuite du grunge, de prendre une guitare, peu importe sa technique et d’y mettre tout son cœur.

Gaijin est ton quatrième album en cinq ans, et l’année précédant ton premier tu commençais la musique. D’où t’est venue cette force créatrice ?

Je pense que commencer la musique à la fin de ma vingtaine m’a permis d’emmagasiner pas mal de choses à exprimer et à évacuer. Ensuite, mes chansons sont comme des petits exercices où je me challenge en essayant des trucs. J’apprends ma pratique au fur à mesure que j’écris des chansons et donc des albums. Du coup, je suis toujours curieux d’essayer des nouveaux trucs et pour cela, je compose.

Crédit photo : Guillaume Fauveau

Comment s’est passé l’enregistrement de Gaijin avec Christian Bolognaise, qui bosse avec toute la nouvelle scène rock cool bordelaise ?

Christian avait déjà enregistré mon précédent album Forgotten. On s'était rencontrés après un de mes concerts et il m’avait proposé ses services. Depuis, on est devenu très potes et il lui arrive même de me faire le son sur certaines dates. Aussi, il faut dire que le cadre de son studio, qui est une véritable capsule magique en mode retour dans les années 90, me rappelle mon enfance et change de l’ambiance froide de studios plus pros. En plus, on a beaucoup de goûts en communs et pas seulement musicaux. Je savais qu’il comprendrait la direction sonore dans laquelle je voulais faire évoluer ma musique et il a accepté la contrainte de m’enregistrer tout l’album en seulement 5 jours. On sent de l’urgence dans le disque et un côté brut assumé. Si jamais, j’ai sorti un petit making of de l’enregistrement si vous voulez jeter un œil.

Est-ce que malgré tes qualités de compositeur, tu ressens une espèce de syndrome de l’imposteur (l’arrivée rapide dans un milieu différent) ? C’est ce qui te pousse à composer sans cesse ? Et sinon, qu’est-ce qui te comble le plus dans la musique ?

Franchement, pas du tout. J’ai vraiment conscience de faire une musique très simple avec des accords à 3 cordes, typés grunge loopés en 4 barres. Bref, une formule on ne peut plus classique. Du coup, je me sens à ma place à faire mes petites chansons sur mon loopeur solo chez moi avant de les jouer sur scène. J’assume le côté débutant et même, si par magie j’atteignais un certain niveau, je ne chercherais pas à devenir un virtuose. Je fais de la musique de manière un peu égoïste à la base, pour que mes chansons me permettent de me défouler, de me sentir bien. Après, c’est sûr que si elles plaisent tant mieux. ça fait toujours plaisir plutôt qu’elles passent à la trappe. Mais j’intellectualise le moins possible pour que tout reste spontané. Pour te dire, pour cet album je n’écrivais même plus mes lyrics sur du papier ou sur un ordi, je cherchais à tue-tête les phrases et si elles me restaient suffisamment en mémoire, sur tel ou tel passage, je me disais que c'était la bonne sentence. Donc, je pense que ce qui me comble c’est d’avoir du plaisir dans l’immédiateté. Dès que je suis inspiré, je vais dans ma salle de musique, j’allume tout et je joue avec mes tripes. Et si la chanson me lasse, j’en commence une autre… Ad vitam.

Gaijin est sorti le 24 novembre 2023 chez Musique d'Apéritif

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