Anneke Van Giersbergen – Drive

C’est moins de deux ans après son excellent Everything is changing que la belle Anneke nous revient avec un nouvel opus. La réussite de son album précédent se résumait finalement à peu de choses : un équilibre retrouvé et un style affirmé. Ses envies de pouvoir écrire des chansons simples et efficaces assumées, Anneke avait alors retrouvé une aisance et un naturel qui faisaient plaisir à voir et à entendre. De ce point de vue-là, Drive s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur et enfonce même franchement le clou. D’ailleurs c’est pas compliqué : il vous suffit de comparer les pochettes d’Everything is changing et de Drive, l’évolution entre les deux pochettes se retrouvant parfaitement en musique. La belle se sent bien dans sa peau, bien dans sa tête, bien dans sa vie, épanouie et heureuse artistiquement parlant. Pour résumer, Drive ne s’embarasse pas de faux-semblants et fonce tête baissée, tout en balayant les dernières réminiscences gathering-esques que l’on pouvait encore retrouver sur son prédécesseur.
 

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L’album est une pure collection de titres tubesques, énergiques et accrocheurs, dont les mélodies franc du collier ne s’attardent jamais dans une quelconque mélancolie. Visiblement, l’ambiance est au beau fixe chez les Van Giersbergen. Alors certes, on ne se refait jamais complètement, et quelques passages plus coulants émergent ici et là, mais le plus souvent pour mettre en valeur un refrain pêchu (« She »). D’ailleurs, les 4 premiers titres donnent le ton : pied au plancher, du rock moderne et décomplexé, des chansons faites pour être écoutées avec le son bien fort, parfaites pour se motiver le matin. Une petite ballade viendra légèrement ponctuer les débats (« My mother said », la touche de douceur qui fait du bien) avant que l’énergie ne reprenne le dessus sur « Forgive me ». A peine 3 minutes au compteur, et une petite démonstration d’efficacité. Pas l’efficacité crasse de NRJ évidemment, mais la qualité d’écriture et le côté légèrement plus sombre du refrain suffisent à en faire un titre qui ne vous quittera plus une fois écouté. Comme quoi pondre des tubes, c’est la classe quand c’est bien fait.

Ensuite, autant l’album est très bon, accrocheur, dynamique, frais, autant il ne s’agit finalement « que » d’une collection de couplets/refrains. Non pas qu’Anneke ait souhaité céder à la facilité, mais bien qu’on soit ravie de l’entendre aussi épanouie, on ne peut s’empêcher de regretter de devoir faire le deuil des espoirs qu’avaient pu faire naître les plus grandes réussites d’Everything is changing, au premier rang desquelles la magnifique ballade « Circles ». En explorant les différentes facettes de son univers avec des compositions de cet accabit, Anneke prenait une autre dimension et s’affirmait comme une artiste d’un tout autre niveau, capable de rivaliser (au moins artistiquement parlant) avec ses grandes soeurs Tori Amos et Kate Bush. Drive a beau être un album pop/rock de qualité, bien servi par la voix toujours aussi pleine de passion de son incroyable chanteuse, il possède les défauts de ses qualités et s’avère donc limité.



 

Il y a bien un sursaut d’orgueil sur « Mental Jungle » et ses influences arabisantes. La voix masculine et le tempo médian apportent une touche de diversité qui manque cruellement au reste de l’album. Immédiat et accrocheur, Drive est également assez linéaire et manque de profondeur. Il suffirait pourtant de pas grand chose pour qu’Anneke nous sorte enfin un album de référence sous son propre nom. Jusqu’alors, il a toujours manqué un petit quelque chose, et ce n’est pas cette fois-ci que le tir sera rectifié. Le tableau n’est pas tout noir pour autant, et comme déjà précisé, il y a de nombreux motifs de satisfaction. Sans compter qu’il suffit d’avoir des oreilles en état de marche pour éprouver le plus vif plaisir à retrouver cette voix qui compte parmi les plus éblouissantes de la scène rock. Mais avec un potentiel pareil, n’est-il pas légitime d’attendre un petit chef d’oeuvre, une vraie petite perle qui parviendrait à trouver le juste équilibre entre immédiateté et enthousiasme d’un côté, profondeur et émotion de l’autre, et qui permettrait à ce projet de s’affirmer ? Ce ne sera pas encore pour cette fois. Pas sûr qu’Anneke en ait envie, elle qui avait quitté The Gathering pour passer plus de temps en famille et pouvoir se consacrer à des projets musicaux plus directs et accrocheurs. C’est la vie !
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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