Peter Ames Carlin – Bruce (Bouquin)

« Encore un bouquin sur Springsteen !!! Y en marre de tout ces mecs qui écrivent leur mémoires, nous racontent comment ils sniffent les cendres de leur père, leurs folles soirées de débauche à massacrer des chambres d’hôtels et à tirer un nombre de groupies chaudes comme la braise. Font chier les rockers, qu’ils fassent de la musique bordel. Ils ne sont pas là pour causer… ».

J’avoue que mon pote Lulu n’a pas vraiment tort. On trouve pas mal de bouquins pseudo autobiographiques souvent chiants comme la mort. Mais là, l’approche est différente.

Bruce est destiné aux fans du boss pur jus. La documentation est super recherchée. On sent que Peter Ames Carlin maitrise le sujet à fond. A l’instar d’Antoine de Caunes, l’ami français de Bruce, qui s’est fendu d’une énième préface réussie comme toujours.

 

Ici, on se penche beaucoup sur la philosophie de Springsteen. Cinquante pages sur son enfance pourraient rebuter le néophyte mais le fan y trouvera son compte tant les anecdotes sont interconnectées avec ses chansons. Le bouquin se rapproche d’une thèse monographique sur le bonhomme. Ce n’est pas simplement une histoire qu’on nous raconte. Pour cela, on préférera Bruce Frederick Springsteen de Hugues Barrière et Mikaël Ollivier (publié chez Le Castor Astral) qui lui aborde le boss sous plusieurs angles et à travers plusieurs thèmes (social, politique et aussi musical quand même). Chez Peter Ames Carlin, c’est sa psychologie qui est étudiée à travers une étude fine de son caractère, de ses relations avec ses acolytes du E-Street Band mais aussi avec toute l’industrie de la musique, plus ou moins honnête et désireuse d’attirer la poule aux œufs d’or.

On suit Bruce dès son plus jeune âge à travers la genèse des différents groupes lycéens. On y découvre un garçon d’un milieu social défavorisé mais prêt à tout mettre en œuvre pour inverser la tendance. Bruce est un passionné, mais aussi un grand travailleur, soucieux du détail. Dès les prémisses du succès, il choisit de s’entourer de personnes influentes et dévouées à sa cause. Son ascension y est dépeinte de manière objective, s’arrêtant sur plusieurs épisodes douloureux comme les choix qu’il a dû faire vis-à-vis de son personnel et le fait qu’il se pose en patron incontestable. Le Boss, c’est le Boss, le titre n’est pas usurpé.

On le retrouve le couteau sous la gorge avant Born To Run, ultime chance donnée par les maisons de disques. On essayera de comprendre le conflit financier avec Mike Appel, son manager, et on verra un Bruce autoritaire faire une musique sans concessions notamment avec Nebraska où il reste maitre de sa direction musicale sans que personne ne puisse l’influencer.

La relation privilégié avec Steve Van Zandt et Clarence Clemons, ses plus fidèles collaborateurs, est finement analysée tout comme la période Born In The USA et sa récupération par les politiques. La dissolution du E-Street Band, les albums plus personnels et la reformation du légendaire groupe de nos jours sont aussi étudiées pour arriver jusqu’au début de la tournée Wrecking Ball.

L’œuvre de Bruce est donc au coeur du bouquin mais on suit en filigrane des aventures plus personnelles comme les relations avec la famille et surtout avec Patti Scialfa dans la deuxième moitié de sa carrière. Une biographie donc extrêmement complète.

On s’éloigne vraiment des bouquins coécrits, exemple Life de Keith Richards et son biographe. Ici l’auteur analyse toutes les interviews possibles et imaginables du Boss et de ses complices. Le récit est facile à suivre et on se laisse entrainer dans les aventures et les états d’âmes de Springstenn. On en profite pour réécouter les classiques et découvrir quelques titres obscurs. Les fans vont se régaler…

 



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