Kill The Princess (+ Death Run Radio + Nowhere) au Petit Bain (Paris) 17/01/26

C'est au sein de la capitale, en ce samedi 17 janvier, qu'une météo clémente nous accompagne pour la release party de Kill The Princess. Le groupe entièrement féminin vient ici retourner Le Petit Bain pour la release party de son album A Fire Within, sorti fin novembre dernier. Et force est de constater que de nombreux fans ont répondu à l'appel.

Nowhere

Mais avant de démarrer les hostilités, le duo Nowhere nous accueille en douceur. Camille et Axel, ainsi que leurs guitares nous invitent à un voyage folk où leurs voix se marient parfaitement, un univers qui n'est pas sans rappeler celui d'Angus et Julia Stone. Ces chants enchanteurs convainc une fosse plus qu'attentive, malgré un style musical qui dénote par rapport au reste de l'affiche. La chanteuse en profite pour discuter avec le public, introduisant la prochaine chanson. "Nothingness", relate la peur de l'inconnu et du vide, de rester dans une relation par convenance et confort, au lieu de faire un saut dans l'inconnu. C'est une introspection que l'on vit au travers de ce set.

Le duo navigue entre le calme et le rythme, nous parle de nos ressentis. Les connexions ratées entre les gens, les peurs de mauvaises interprétations, toutes ces questions se ressentent dans leurs vibrations, leurs voix, qui nous emportent. Nowhere navigue entre montées en puissance et douceurs semblables à un câlin. C'est cette bienveillance que l'on retrouve lorsque Camille appelle à scander "Time, it's here, I don't have it..Time". Le binôme offre une ode à la réflexion, en rappelant que Nowhere se lit aussi 'Now here'. En bref, un savant mélange d'introspection et d'ailleurs.

Une demi heure s'écoule et on monte d'un cran niveau musique puisque le rock s'invite désormais au Petit Bain avec les nantais de Death Run Radio.

Death Run Radio

Sur une musique énigmatique, le quatuor monte sur scène, paré d'une bannière à leur nom ainsi que de LEDs en X qui donnent le ton. Le groupe démarre sur les chapeaux de roues sur le titre "Apophenia" avec un rock énergique qui emballe tout de suite : "Salut Le Petit Bain, on s'appelle Death Run Radio, est-ce que vous êtes chauds ce soir ?". On se retrouve à vibrer au son d'un rock qui rappelle une adolescence vécue dans les années 2000.

Le groupe nous lance des inédits, tels que "POP (Pressure of Perfection)", mélangeant un son mélancolique à des parties plus criées. La complicité entre les membres se fait sentir, visiblement heureux d'être à Paris. Les guitares sont saturées et le rythme est frénétique. Des "Chris je t'aime" se font même entendre en direction du guitariste en question, repris ça et là pendant le set. Une ambiance bonne enfant en soit. Le rythme finit par se ralentir sur le doux et mélancolique "Miscommunication", mettant en avant la voix de Quentin au chant, avant de repartir de plus belle en explosion.

La formule magique des Nantais regroupe rock alternatif, solos de guitare et screams très metal. C'est très efficace mais on regrette un certain manque d'hétérogénéité dans leurs morceaux. Le groupe est prometteur, harangue déjà bien la foule et propose une énergie communicative, un bon départ pour offrir une plus grande diversité musicale. En attendant, son chanteur sort un "Vous vous sentez d'humeur pour du "on va se battre ?"" avant de lancer un wall of death qui retourne le Petit Bain, dans la joie et la bonne humeur. Dans la même continuité, le dernier morceau, "Little Cage" se fait entendre sous un "je veux voir un max de bordel". Pas de quoi s'ennuyer ce soir.

Setlist

Apophenia
On The Line
P.O.P
The Pawn
Miscommunication
Dementia
Wait
The Price
Little Cage

Kill The Princess

21h. Il est grand temps de laisser place au groupe phare de la soirée, les Parisiennes de Kill The Princess ! L'intro se fait légère avant d'emporter tout le monde, tel le raz de marée d'"Under The Water", dernier titre de leur album A Fire Within. Le rock est énergique et parfaitement maîtrisé. "Bonsoir Paris, on est Kill The Princess et j'espère que vous allez retourner Le Petit Bain !". Enchaînant avec "The Outsider", l'énergie se décèle sur scène entre les musiciennes, qui sautent avec force. C'est propre et efficace et les têtes se remuent dans la salle avant de terminer sous un tonnerre d'applaudissements.

Ornella, la chanteuse principale, a une voix unique en velours qui nous enveloppe. Elle scande "On est hyper content d'être là, parce qu'on l'a bossé cet album putain. Avec des gens trop cool !". Elle évoque le projet de Kill The Princess comme un moyen de casser le plafond de verre au dessus des femmes, en enfonçant des portes, une bonne introduction à "Glass Ceiling". Le rock est reine ce soir, et c'en est rafraichissant. Et puis, la lumière se baisse, dans un jaune feutré et intimiste, pour "Pieces", une invitation à l'introspection avant de repartir de plus belle dans un rock explosif, qui prend littéralement aux tripes.

La chanteuse reprend de plus belle "Je vous entends pas. Ça va toujours ?". Force est de constater que le public est là pour soutenir le quatuor et il y a des fans de la première heure en vue de l'aplaudimètre orchestré par le groupe. Petit rappel sur le nom du groupe, initié en raison du manque de représentations de femmes dans la scène rock, mais aussi pour en casser la représentation de type 'princesse' qu'on s'en fait, relayée par les contes de fées où on devrait plutôt brûler les châteaux.

"Bury The Castles" s'en suit, repris en choeur par la foule, un des morceaux les plus entraînants de l'album. Entre solos de guitares et de basses, de la part de Céline et Emi, chevauché par la bonne communion entre les membres, nous ne sommes pas en reste. Un grand "Hey !" se fait et "Your Denial" est joué, on ne peut qu'apprécier l'absence de téléphones de sortis ce soir et l'attention particulière que le public donne au groupe. D'ailleurs, Ornella fait bon de rappeler que "La musique c'est un partage où on se sent moins seul et où on fout le bordel !". Les pogos s'en suivent et même le premier wall of death, cathartique de la frustration de la semaine qu'on décante dans la fosse.

Kill The Princess s'éclipse de la scène avant qu'Ornella ne revienne, seule, un moment opportun pour Le Petit Bain de lui souhaiter un Joyeux Anniversaire (de la veille) scandé en choeur. A l'occasion également de cette release party, le groupe en profite pour jouer un outro inspiré de l'album, A Fire Within, qui termine la soirée en beauté.

Entre lancer de soutiens gorges à destination du groupe, et autres mosh et pogos, bercés par un rock incisif cette soirée laissera un souvenir mémorable.

Setlist

UNDER THE WATER
THE OUTSIDER
RUNNING AFTER TIME
GLASS CEILING
DICE ROLL
PIECES
TO THE GRAVE
GRIM SURVIVAL
BURY THE CASTLES
SNAKES
YOUR DENIAL
INANIMATE TOY
WHAT YOU WANTED
...............................
OUTRO (A Fire Within)

Live Report: Emma Forni

Photos: Luca Liguori



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