Stone Temple Pilots – High Rise

Stone Temple Pilots est dans la tourmente depuis que son album éponyme, qui devait marquer son grand retour, est sorti dans l’indifférence générale. Oh certes, les fans ont répondu présent tant qu’ils’agissait d’aller voir le groupe en concert, mais très franchement, qui se suvient que le combo a sorti un album en 2010 (et de très bonne tenue qui plus est) ? La donne est certes un peu erronnée de ce côté-ci de l’atlantique, les STP n’ayant jamais été particulièrement populaires chez nous, contrairement aux USA ou le groupe a enchaîné les disques de platine dans les années 1990. Souvent qualifiés de groupe grunge de deuxième zone, les STP ont pourtant depuis toujours développé une palette plus large que cela, notamment en intégrant très tôt à leur musique un côté psychédélique, qui faisait d’eux le chaînon manquant entre la scène grunge et des cinglés style Jane’s Addiction. Problème, l’album de la reformation ne marque que moyennement, et Scott Weiland, n’ayant visiblement toujours pas décroché de ses addictions diverses et variées, se fait virer, ce qui donne lieu à une tempête judiciaire assez puérile. En gros, il était temps de se remettre à faire de la musique.


Or, le groupe a suscité colère et déception en s’acoquinant avec Chester Bennington, plus connu pour être le hurleur de Linkin Park. Les capacités vocales de l’homme sont indéniables, mais voir le frontman des demi-dieux pour boutonneux (enfin le groupe a pris de la bouteille quand même) en remplacement du dandy / junkie Weiland, il y avait un pas. C’est donc avec autant d’appréhension que de curiosité que l’on accueille ce High Rise, premier EP 5 titres de Stone Temple Pilots nouvelle version (sous-titré « With Chester Bennington » suite aux imbroglios juridiques pré-cités). Si le nouveau frontman des STP n’a certes pas le même grain de voix que son prédécesseur, que son côté plus nasillard ne plaira pas à tout le monde, force est de reconnaître qu’il s’en tire sans problèmes. Comme quoi il sait définitivement faire autre chose que d’alterner le chant clair et hurlé. En fait, il semble même se faire grandement plaisir, tout comme le trio de zicos qui joue derrière lui et qui sonne comme si rien ne s’était passé. 


L’association basse / guitare si particulière des frères DeLeo est toujours aussi solide, et c’est un bonheur de retrouver ces deux-là qui s’y entendent comme personne pour remplir l’espace sonore. La basse notamment, qui comme à son habitude prend un malin plaisir, tout en soutenant fidèlement la rythmique, à partir s’éclater dans tous les sens. Chez STP, la guitare a toujours fait jeu égal avec la 4 cordes, et ça continue ici. Niveau compositions, STP est en pleine forme. Dans la droite continuité de l’album éponyme, les compos sont courtes variées, groovy, bref, c’est du rock de très haut vol. On avait déjà entendu « Out of Time » et « Black Heart », mais le mid-tempo « Same on the inside », avec son magnifique duel de solo basse/guitare final, est absolument imparable, tout comme « Cry Cry », un brin académique, mais irrésistible. En bref, STP n’a rien perdu de son groove, de sa capacité à pondre des tubes, même si on pourra toujours regretter que le groupe se soit un peu éloigné de ses racines pour chercher à pondre des tubes un peu trop efficaces, un peu trop évidents. Surtout, ces 5 titres sont peut-être un peu trop proches de l’album précédent, et Chester, s’il a l’air de se faire plaisir, pourrait sans doute apporter davantage son grain de sel à l’avenir. Mais baste, pour l’instant, l’essentiel était de montrer que ce STP nouvelle mouture en avait sous le coude, et c’est bien là l’essentiel. Et sinon, l’album, c’est pour quand ?

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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