Buddy Guy – Rhythm and Blues


Buddy Guy a choisi de sortir son dernier album studio le jour de ses 77 ans, le 30 juillet dernier.
Rhythm & Blues. L’occasion pour lui, de nouer des échanges avec des guests. D’égal à égal, ils sont armés de leurs guitares et partagent les vocaux avec Mr. Magic Fingers.

L’approche du guitariste est immuable : jouer la musique qu’il aime et la faire partager. On lui connaît déjà de prestigieuses collaborations : Jeff Beck, Eric Clapton, Mark Knopfler, Stevie Ray Vaughan… la liste est longue.
Curiosité et découverte semblent être son carburant. Cette fois, au tableau, on trouve de vieux briscards comme les membres d’Aerosmith et de plus jeunes recrues, comme Gary Clark, Jr.

Aussi l’album représente-t-il une nouveauté en matière d’amitiés artistiques pour la majorité des invités.

Boogie, shuffle, rock, blues, country, rock’n’roll, riffs funk…tout ce qui fait le r’n’b est contenu dans l’ensemble du disque et la frontière est mince entre l’univers qualifié de Rhythm du CD1 et celui nommé Blues du CD2.

Un petit conseil pour aborder Rhythm & Blues, commencez en la lecture par Beth Hart, « What You Gonna Do About Me ». Seule femme à s’exprimer en voix lead et qui n’est pas sans rappeler Aretha Franklin. Elle donne la réplique à l’intonation suave et écorchée du musicien. La session de cuivres Muscle Shoals Horns apporte une assise chaleureuse au jeu de guitare de Buddy. Frissons garantis !

Muscle Shoals Horns, c’est la coloration naturellement r’n’b portée par ce projet. On retrouve la formation sur « What’s Up with That Woman » et en flamboyante ouverture sur « Best in Town ». Le mélange rock-blues-funky et r’n’b est une réussite.
Cette chanson autobiographique narre la rencontre entre Buddy Guy et son mentor Muddy Waters, à Chicago. A l’instar de « All That Makes Me Happy Is the Blues », chanson dans laquelle il évoque B.B. King. Ces textes en guise d’hommage sont un rituel auquel se prête toujours le musicien tant sur disque que sur scène.

Kid Rock que l’on découvre sur « Messin’ with the Kid » procure un moment de pure énergie rock et r’n’b sur un saupoudrage de riffs funky. Les solos et la rythmique pleins de vitalités adressent une révérence au standard de Junior Wells comparse de la première heure de Buddy. La voix de Kid Rock rappelle à s’y méprendre celle de Steven Tyler.

Steven Tyler, le bien-nommé, fait aussi partie complot, puisqu’il s’illustre au chant sur « Evil Twin ». Du sur-mesure pour lui, Joe Perry et Brad Whitford, le gang d’Aerosmith, qui accomplissent cette ballade blues-rock qui leur sied si bien. Une chanson pleine d’humour sur fond de supercherie ! En guise de démonstration voici le clip (un montage image proposé par un fan car, Il n’y a aucune vidéo tournée de l’album à ce jour).
 



 


« One Day Away » est une jolie ballade country dont le côté doucereux peut faire hésiter. Keith Urban, parfait dans le registre et le Mr. Guy tout à son aise dans le genre. L’une des leçons de vie que papa Buddy aime à dispenser : « Le temps est précieux, … Dis ce que tu as au fond du cœur. Dis à ceux que tu aimes que tu les aimes, dis-le aujourd’hui. N’attends pas demain, tu n’auras peut-être pas à nouveau cette chance. Il est trop tard pour dire tu es désolé lorsque tu gis dans la tombe« .
Ces paroles qui ont une connotation surannée permettent de découvrir, pour ceux qui l’ignorent, la dimension humaniste du compositeur. En effet, les textes de Buddy Guy méritent qu’on s’y attarde.

On remarque aussi que souvent, le refrain des chansons tient en une seule phrase. Sobriété et efficacité, à l’instar de ses phrasés de guitare.

Aux dires du guitariste, Gary Clark, Jr. incarne la relève et l’opportunité de faire connaître le blues à la jeune génération. « Blues Don’t Care » offre une tonalité rock façon Rolling Stones et boogie. Un bon balancement où les musiciens s’accordent à merveille.

On pressent que les invités et Buddy Guy ont pris du plaisir à jouer ensemble lors de ce tour de piste. Les titres étaient de choix et la partie dévolue aux guests, se montrait plus qu’honorable.

En reprenant les rênes pour piloter les morceaux du reste de l’album le guitariste passe en revue plusieurs univers : rock : « Meet Me in Chicago » ; boogie, shuffle :  « Well I Done Got Over It », « Never Gonna Change », « Whiskey Ghost » ; blues-rock : « My Mama Loved Me ». Une petite curiosité à l’allure de jam nous est proposée avec « Rhythm Inner Groove », virgule hybride jazz et rock énergie, marquant la transition entre les deux CD. Le blues reprend ses droits sur : « I Came Up Hard », « The Devil’s Daughter », « Too Damn Bad » et les senteurs de bayou assorties des longs et langoureux solos de guitare de « I Could Die Happy ». « I Go by Feel » est à lui seul un concentré de la sensibilité du musicien. Il y relate sa façon de jouer et de ressentir le blues, dans l’acception large du terme, qui dépasse le seul contexte de la musique. Le rock’n’roll conclue le disque avec « Poison Ivy ».

Avec Rhythm & Blues, Buddy Guy rappelle, une fois encore, qu’il est un musicien à la dextérité brute, subtile et directe. Un compositeur qui narre des histoires, qui raconte partiellement la sienne, ainsi que celle de ses pairs en guise de révérence. Un ménestrel qui prend plaisir à partager et à transmettre tout cela.
Et si là résidait le secret de sa virtuosité ?

Vous l’aurez compris : Buddy Guy, Rhythm & Blues, ça n’est que du bonheur !

Une frustration pourtant, celle que nous n’ayons pas la chance de voir Rhythm & Blues exécuté en live.
Vaillant, le septuagénaire au regard facétieux poursuit actuellement sa tournée aux USA, mais, à ce jour, aucune date n’est annoncée en Europe.. 

On se consolera en faisant replay>> again and again !…

TRACK LIST :

CD1 – Rhythm

  1. « Best in Town » (featuring Muscle Shoals Horns)
  2. « Justifyin' » 
  3. « I Go by Feel » 
  4. « Messin’ with the Kid » (featuring Kid Rock)
  5. « What’s Up with That Woman » (featuring Muscle Shoals Horns)
  6. « One Day Away » (featuring Keith Urban)
  7. « Well I Done Got Over It » 
  8. « What You Gonna Do About Me » (featuring Beth Hartg & Muscle Shoals Horns)
  9. « The Devil’s Daughter »
  10. « Whiskey Ghost »  
  11. « Rhythm Inner Groove » 

CD2 – Blues

  1. « Meet Me in Chicago »
  2. « Too Damn Bad »  
  3. « Evil Twin » (featuring Joe Perry, Steven Tyler, Brad Whitford)
  4. « I Could Die Happy »
  5. « Never Gonna Change »  
  6. « All That Makes Me Happy Is the Blues » (featuring Muscle Shoals Horns)
  7. « My Mama Loved Me »
  8. « Blues Don’t Care » (featuring Gary Clark, Jr.)
  9. « I Came Up Hard »
  10. « Poison Ivy »     

 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements