Les Soucoupes Violentes

Nouvel album sorti le 25/09/2009 : S’attendre au pire
Patate Records / May I Records / Socadisc
Prochain concert :
Mains d'Oeuvres
Saint-Ouen 93 – 08/12/2009

La scène punk française des années 80 s’était donné rendez-vous à Bastille ce jeudi 15 octobre 2009 pour venir applaudir les Soucoupes Violentes. Dans la salle, on croise quelques figures illustres : Didier Wampas, Gilles Coronados ou encore Rakam, le bassiste du mythique groupe Les Rouquins, qui officie en première partie, en compagnie de John Blutt.

À cette occasion, Stéphane Guichard - chanteur/guitariste/leader des Soucoupes - a bien voulu répondre à mes quelques questions.

Stéphane Guichard à la Scène Bastille
Stéphane Guichard à la Scène Bastille - 25/10/2009 - © Janto

JANTO : Salut Stéphane, ton premier album avec les Soucoupes Violentes date de 1984 si je ne me trompe pas. Alors, ça fait quoi de revenir aux affaires en 2009 ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de remonter le groupe ?

STÉPHANE : Salut Janto ! Pour la petite histoire, c'est le premier EP 4 titres autoproduit Les Soucoupes Violentes (sur notre label Planète Interdite) et distribué par Surfin'Bird, qui date de 1984. Le premier mini-LP 8 titres date de 1987 et était sorti sur Tutti Frutti, label qui avait édité à la même époque, quelques mois avant, le premier Wampas. Revenir aux affaires ? C'est surtout se faire plaisir !!! Et c'est tellement vrai que, même aujourd'hui après deux ans et demi de concerts avec la nouvelle formation et le nouvel album, j'ai du mal à y croire... Après un si grand moment de solitude, on va dire ! J'avais une guitare, je bricolais dans mon coin tout seul des bouts de chansons. Mais l'envie est venue en remontant sur scène par pur hasard, lors du concert d'un ami dans un rade où on m'a encouragé à faire un ou deux morceaux tout seul à la fin de son set. Comme ça s'est bien passé, ça m'a donné envie de recommencer !!! Mais ça a pris du temps pour remonter un vrai groupe qui tenait la route et écrire quelques chansons, même si j'en avais quelques-unes inédites sous le pied.

Didier Wampas applaudissant les Soucoupes Violentes
Didier Wampas applaudissant les Soucoupes Violentes - © Janto

JANTO : Parle-nous un peu du nouvel album. En découvrant la pochette et le titre, S’attendre au pire, on pense avoir en main un disque engagé. Alors qu’en fait les textes abordent des sujets plutôt personnels. Tu essayes juste de « garder le sourire », toi « le mec le plus cool de la terre », c’est ça ?

STÉPHANE : C'est marrant, mais « engagé » ça me fait penser à « Engagé dans quoi ? Dans une impasse ? ». Désolé, j'ai toujours préféré Bobby Lapointe à Jean Ferrat, les Dogs aux Béru, les Undertones aux Clash (putain, je vais pas me faire des potes là !!! Pas grave...). Même si j'adore Woody Guthrie, ou Neil Young, dont j'aime quasi tous les albums, mais des titres à lui comme Ohio ou Rockin' in a free world, pour le coup, sont vraiment des trucs engagés ! Et le fait que l'on ne trouve pas ce à quoi on s'attend, ça me plait bien aussi. Jouer avec les paradoxes. Même si c'était pas le but recherché du tout. Plutôt une joke...

Pour ce qui est de l'explication de mes textes, je sais pas faire ça. Je te laisse le champ libre.

Le nouvel album des Soucoupes Violentes : S'attendre au pire
Le nouvel album des Soucoupes Violentes : S'attendre au pire

JANTO : Comment vois-tu l’évolution de ton œuvre au fil du temps ? Une exploration d’univers différents à chaque album ou bien l’approfondissement d’une idée récurrente ?

STÉPHANE : Le mot « œuvre », je suis pas sûr qu'il est approprié pour les Soucoupes Violentes. Je ne me sens pas « artiste » dans le sens propre du terme - et je n'ai ABSOLUMENT RIEN contre ce terme et les gens qui se l'approprient - mais c'est juste que je me sens plus comme un têtu qui creuse toujours le même sillon. Peut-être un peu cinglé. Mais, je crois que c'est Ray Davies ou Iggy Pop (excuse du peu pour les références, ça peut faire mégalo... tant pis) qui disait un truc du genre « Depuis Chuck Berry, dans le rock, je crois qu'on écrit dans sa vie une bonne chanson, quand on a de la chance, et on passe le reste du temps à tourner autour ! ». J'essaye de continuer de faire un truc qui m'a toujours totalement pris : la musique. Écrire des chansons.

JANTO : On vous a vu récemment au Truskel, à la Féline, des salles underground parisiennes très actives. Que penses-tu de l’évolution de la scène parisienne rock, toi qui la connais depuis pas mal d’année ?

STÉPHANE : Il y a plus de salles petites et moyennes à Paris maintenant. Donc, quand t'es pas connu, que tu débutes, c'est plus facile de jouer maintenant. Donc c'est mieux. C'est clair !

JANTO : Tu chantes quelques chansons en anglais, est-ce des compos ou des reprises ? Qui écrit les textes en anglais et pourquoi ce choix ?

STÉPHANE : On doit faire deux reprises en ce moment sur scène en anglais, Love Potion N°9 de Leiber et Stoller, créée par Les Clovers, et Another Girl, Another Planet des Only Ones. Le reste des titres en anglais sont des originaux. Principalement de moi. Cela peut changer, mais j'écris tous les textes sur le dernier album. À part un, Tea Walk, totalement écrite par Florian (le guitariste lead, NDLR), paroles et musiques.

Sinon, ma mère est anglaise, famille quaker, originaire de Manchester. Et môme, même si on était pas bilingue chez moi, j'ai toujours baigné dans une culture anglo-saxonne ET française. Ray Charles, Presley, les Platters, Sinatra, du côté de ma mère. Beatles, Stones, Who, Creedence, Led Zep, du côté de mon frère, dix ans de plus que moi. Aznavour, Brassens, Brel, Piaf du côté de mon père.

JANTO : Que penses-tu des groupes français qui chantent l’intégralité de leur répertoire en anglais ? Je pense surtout aux jeunes groupes, de plus en plus nombreux, qui prennent cette direction.

STÉPHANE : Le truc c'est de sentir ce qu'on fait et que ça sonne. Le reste c'est subsidiaire. Il y a d'excellents groupes français qui chantent en anglais. Il y en a de très mauvais qui chantent en français.

Les Soucoupes en actionLes Soucoupes en action - © Janto

JANTO : Comment vois-tu l’avenir du rock français ? (Grande question, je sais !)



STÉPHANE : Pour moi, le label « rock français » c'est quasi rédhibitoire !!! Mais il y a en France depuis très longtemps, fin cinquante - début soixante en gros, sans dire trop de conneries, de très bons groupes. Et je le souhaite pour longtemps. Et beaucoup qu'on ne verra jamais, ou dont on n’entendra jamais parler, au-delà de leur département. Quand on tournait en province, il y a quelques années, il nous est arrivé, pas si fréquemment que ça c'est vrai mais quand même, d'avoir des groupes qui ouvraient pour nous totalement inconnus, qui n'avaient rien sorti, et qui faisaient des trucs puissants ! Vraiment. Le problème, c'est plutôt un truc culturel, pour faire court. Mais peut-être que ça s'arrange avec le Net, la multiplication des petites salles justement. J'ai dit peut-être...

JANTO : Avez-vous des projets de tournée en vue ? Des festivals ?

STÉPHANE : Oui. On a rien de fixé mais plein de propositions, en province, à Paris. En fait, on cherche un management ou un tourneur. Car avec l'album on peut penser trouver quelqu'un qui puisse nous faire jouer sans avoir à gérer tout le truc d'organisation. Avis aux intéressés.

JANTO : Comment vois-tu l’avenir des Soucoupes Violentes ? (Autre grande question !)

STÉPHANE : La prochaine répet. La prochaine nouvelle chanson. Le prochain concert : 8 décembre à Mains d'Oeuvres, Saint-Ouen 93 !!! See U ???

Les Soucoupes Violentes sur le web :


http://www.myspace.com/soucoupesviolentes

JANTO
http://www.myspace.com/enfinlibre



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