The New York Kleps – Cool Soul Cuisine Française

New York KlepsCool Soul Cuisine Française… Quelle est cette diablerie ?
– Réponse: “Un projet totalement dingue mené par Jean-Luc Jousse”.
– Mais c’est qui ce mec ?
– C’est le gars qu’on a croisé au concert de Barrence Whitfield And The Savages à Orléans. C’est lui le chanteur déjanté qui à repris « She’ll Always Be Mine » des Customs avec le groupe.  Tu sais, le gars de Jostone Traffic, celui qui fait tourner une tripotée de groupe garage dans l’hexagone. On l’avait déjà vu il y a quelques années avec les Cool Kleps, son groupe précédent, en première partie de Heavy Trash

Et bien, faire tourner les grands noms du garage, ça crée des liens. Et surtout avec Matt Verta-Ray de Heavy Trash. A force de voir Jean-Luc proposer avec son groupe des supers compos, Matt s’est décidé à l’inviter à les enregistrer dans son studio new yorkais.  Alors Jean-Luc a pris son cahier sous le bras, sa gratte et le voila en studio entouré des pointures du style. Matt propose, Jean-Luc dispose.
– Il faut un batteur.
– No problem, Craig S. Waters des Bellrays aime tes morceaux, il veut jouer dessus.
L’ami Jon Spencer, habitué du studio n’attendait que l’appel de son pote pour sortir la gratte. New York, c’est aussi la patrie des Fleshtones, c’est donc en toute légitimité que Keith Streng assure une grande partie des solos.
– Et si on a besoin de sax ?
– Ben écoute, j’ai Tom Quartulli qui joue avec Barrence Whitfield sous la main. Ca devrait le faire…

Et voila le résultat : 11 compos signées Jean-Luc Jousse et une reprise signée Johnny Thunders.

Des New York Dolls aux New Yorks Kleps, il n’y a qu’un mot et c’est donc en toute lpogique que Jean-Luc nous livre sa relecture du classique des Dolls, « You Can’t Put Your Arms Around A Memory » en français et en anglais mais en respectant le feeling de l’original. C’est ça la Cuisine Française. L’album couvre plusieurs aspects du spectre rock garage psyche sixties soul et même parfois pop en gardant une efficacité dans tous les styles.

Les fans de rock ‘n’ roll pur et dur se délecteront de ce « Ain’t No Secret », un rock à l’ancienne comme on n’en fait plus. L’accent frenchie de Jean-Luc Jousse emporte tout sur son passage. Sa voix apporte un charme à la langue de Shakespeare comme les Dutronc (groupe anglais de reprises de Jacques) l’ont apporté au français avec leur accent british. En tout cas, il n’y a pas de secret, c’est du rock ‘n roll.



 

« Loving Way » est dans le même jus tout comme « Underground Mon Amour » qui est un de ces morceaux que Dutronc (le vrai) aurait pu composer à coté de « Et Moi Et Moi Et Moi »’, « Mini  MIni Mini » et autres pépites garages. Jean-Luc y fait un clin d’œil du plus bel effet sur « Dusty Road » et nous prouve encore une fois que garage et langue française se marient bien.

« Hard To Be Cool » est lui dans une veine garage sixties avec des chœurs dignes des Beach Boys  ayant pris des acides avec Syd Barrett. Les claviers sont trippants à souhait et on tient encore un de ces morceaux qui vous restent dans le crâne.

A coté des ces rock ‘n’ roll, se trouvent des titres plus pop. « Paradis Privé » assume ce coté pop. Les textes sombres peuvent rappeler les grands noms du rock français comme Téléphone ou même Indochine pour les textes. Le mélange anglais français fonctionne encore parfaitement sur « Magic Land » où des touches plus pop s’entremêlent avec l’ambiance garage psyche du titre. « Poor Rich »  titre très planant s’inscrit dans la même démarche.
 

Jean Luc Jousse Cool Soul Cuisine Française 01 Jean Luc Jousse Cool Soul Cuisine Française 02
 

L’album est varié. Jean-Luc nous vante les mérites de la soul avec le bien nommé « Cool Soul », titre qui reprend le nom d’un festival qu’il a crée il y a quelques années. Le blues est aussi à l’honneur dans cette Cuisine Française.
« Jean Luc Blues » porte bien son nom et ne trompe pas sur la marchandise. Mais attention, pas n’importe quel blues, celui des obscurs bluesmen avec un son trash si chers à Jon Spencer. Celui-ci se rappelle d’ailleurs qu’il y a déjà 15 ans, il officiait au coté de RL Burnside pour livrer A Ass Pocket Of Whiskey. Son solo illumine le morceau.

Enfin,  il revient à  « Devil In My Mind » d’assumer le fait d’être le morceau plus mid-tempo de l’album mais restant dans un bon esprit tripé sixties avec tous les poncifs du genre maitrisés. Le coté musique de film ressort a travers ce titre. Mancini et autres Morricone ont été bien digérés. Décidément les westerns spaghetti sont à l’honneur dans les sorties garage. En plus des New York Kleps, les Liminanas ont livré un morceau du même acabit avec « I Miei Occhi Sono i Tuoi Occhi ». A noter la présence de Mick Collins (ex-Dirtbombs, ex-Gories) pour les vocaux.

Ces New York Kleps nous aboient dans les oreilles un rock ‘n’ roll très classe. Les compo du frontman Jean-Luc Jousse sont rehaussées par les meilleures lames du rock ‘n’ roll garage punk du moment. On imagine le pied que ce doit être d’enregistrer avec toutes ces pointures. Gageons que Jean-Luc, tourneur des stars, va tout mettre en œuvre pour faire monter ces New York Kleps sur les planches. Pas facile tant les mecs sont occupés avec leurs groupes respectifs mais ce side-project pourrait bien devenir une grosse machine de guerre en live… Wait and see…

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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