Le Prince Miiaou – Where Is The Queen ?

Le Prince Miiaou nous revient en ce début d’année avec son quatrième album au titre à rallonge qu’on se permettra (et parait-il que c’est permis) de simplement appeler Where is The Queen ?. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, et comme il s’agit de notre première chronique (et je dis bien chronique) traitant du Prince Miiaou sur le webzine de la Grosse, autant en profiter pour faire un petit retour en arrière…

 

Tout le monde le sait maintenant, le Prince Miiaou, c’est avant tout une seule et même personne, à savoir Maud-Elisa Mandeau; qui après moult atermoiements au sein de groupes post-rock décide de se prendre en main et de réaliser un album toute seule. C’est donc en 2007 que débarque Nécessité microscopique, album que peu de gens ont dû entendre, la sortie s’étant faite en catimini et n’ayant pas eu un très grand écho dans la presse. L’écho, on l’entendra plus tard en 2009 lors de la sortie de son second opus, Safety First. On passe donc de l’anonymat total à une petite reconnaissance médiatique grâce au buzz suscité par quelques journalistes soulignant la grande qualité du disque. Il faut dire que ce dernier est ultra prometteur et contient son lot de chansons imparables, « Football Team » en tête (et je me demande toujours pourquoi ce titre n’est pas passé en boucle à la radio).

 

 

Cette relative exposition amènera à une signature sur un label et met donc le prochain effort du prince dans de bonnes conditions. La presse ne manquera pas de parler en 2011 de Fill The Blank With Your Own Emptiness, troisième essai qui se révélera gagnant au vu du plébiscite critique. Pourtant, si l’album est mieux produit et plus maîtrisé que son prédécesseur, il est en deçà de ce qu’on pouvait attendre. Les oripeaux de Safety First sont encore trop présent, et la recherche de la nouveauté est encore tâtonnante; reste tout de même un lot de titres forts tels que « Turn Me Off » ou bien « I Love Nobody ».

 

 

Il fallait néanmoins battre le fer tant qu’il était chaud. Car, si la composition de Fill The Blank fut difficile, l’engouement médiatique qui suivit valait bien toutes les peines du monde. Parti de rien et en s’autoproduisant, à force de travail acharné et d’une bonne dose de courage, le Prince Miiaou réussit à s’imposer sur le devant de la scène. (Pour la petite anecdote, votre serviteur dut chercher dans les P divers pour trouver Safety First alors qu’il n’eut qu’à tendre la main vers l’énorme présentoir des nouveautés pour s’emparer de Fill The Blank)

Il était maintenant temps de changer, et ça le prince semblait l’avoir parfaitement compris. Première résolution, un voyage à New York, histoire de se remettre les idées en place et d’élargir son horizon. Deuxième résolution, et pas des moindres, lâcher un peu les rennes et laisser à un producteur le droit de mettre son nez dans la musique. Troisième résolution, sûrement  plus inconsciente celle ci, prendre son temps; ce qui a manqué à Fill The Blank, sorti peut être trop prématurément. On avait donc de bonnes chances d’entendre sur ce quatrième album à la fois la quintessence d’un Prince Miiaou riche d’expériences mais aussi le renouveau d’une musique qui aurait pu finir par tourner en rond. L’écoute de Where Is The Queen? ne nous donnera pas entièrement raison.

 

Si il y’a une chose qu’il faut reconnaître, c’est que le renouveau est arrivé. Pas forcément celui qu’on attendait, mais qu’importe. Le son est désormais plus incisif que jamais, une solidité à première vue un peu froide mais se mettant parfaitement au service des compositions; qui elles, peinent un peu plus à convaincre.

Le premier single pouvait mettre déjà la puce à l’oreille. « Happy Song For Empty People » n’est pas une mauvaise chanson en soi, juste un chouïa trop convenue, et surtout pas à la hauteur des précédentes chansons phares du prince. On est d’ailleurs chagriné qu’aucun des titres ne nous emballent plus qu’un autre (bon, ok, « Suddenly » un plus que les autres), l’album étant peut-être trop homogène ; et si il y’a moins d’imperfections, il y’a aussi moins d’instants de grâce.  Pourtant, bien que le son ait changé, on retrouve tout à fait la patte du Prince Miiaou, sa voix cassée et trainante qui explose dans les refrains ( et qui vire étrangement en mode petite souris sur « Hulrik et « JFK »), toujours aussi bien accompagnée par des beats de batteries insolites et des guitares tantôt nerveuses tantôt vaporeuses. Qu’est il donc arrivé au soldat  Miiaou ?

 

 

Pas grand chose, docteur. En réalité, le Prince Miiaou a continué son petit bonhomme de chemin comme elle l’a toujours fait, c’est à dire comme elle l’entendait. Le résultat est un peu moins original et viscéral que les débuts, mais on ne pourra certainement pas parler de retournement de veste. Votre appréciation de ce quatrième album dépendra donc en grande partie de votre propre sensibilité. Car si comme déjà mentionné, la patte de l’artiste est bien là, elle est un peu diluée, pour un résultat pro mais à l’identité un peu moins marquée.

C’est à ce moment là que votre humble serviteur se dit qu’il s’est peut-être tout simplement trompé de crèmerie; et qu’il n’a pas su miser le bon cheva… Euh, le bon chat. Mais ça ce n’est pas très grave, d’autres que moi y trouveront sans doute largement leur compte. Alors, je souhaite une bonne route au Prince et lui adresse tous mes vœux de réussite. Pour ma part, et comme à sa manière, je suivrai ma propre route à la recherche de nouvelles pépites musicales, tout en espérant que nos chemins se recroiseront un jour.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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