The Pretty Reckless – Going To Hell

Pretty Reckless ? Rock ‘n’ roll ou arnaque médiatique ? Avec Going To Hell, le groupe tente de faire pencher la balance vers la première proposition. Voyons un peu ce que Taylor Momsen et ses sbires nous proposent avec ce deuxième volet de leurs aventures.

Quelle belle entrée en matière avec ce sample d’une femme en plein orgasme pour introduire « Follow Me Down » ! Simulé, pas simulé ? Est-ce la Momsen elle-même qui s’y colle ? Voila de quoi alimenter bien des fantasmes… Mais ne nous égarons pas. Essayons de faire abstraction du physique pour se consacrer un peu plus à la musique. « Follow Me Down » propose un heavy rock puissant bien emmené par une vocaliste des plus agréables. A la fois grave et puissante mais pouvant grimper dans les aigus, Taylor Momsen crée un univers intéressant. Et comme elle nous le demande, on n’hésite pas à la suivre.

Going To Hell lorgne allègrement du coté heavy metal. Rythmiques solides et puissamment saturées. Le groupe ou backing band tient la route. Avec le morceau titre, Taylor nous montre qu’elle peut soutenir la comparaison avec quelques références du style. On pensera à Doro Pesh de Warlock ou encore Lita Ford, l’aspect sex-symbol présentant quelques similitudes. 
 


Avec « Sweet Things » ou « Absolution », on pourrait penser à du gros riff Black Sabbathien et la voix de Momsen sur le refrain doublée par un choeur de garcon peut rappeler la période Ozzy ou encore certains vieux Judas Priest., le tout mélé avec un break plus pop que le reste. Une joyeuse douceur à consommer sans modération.

« Heaven Knows » se pose comme un single pour faire chanter les gens dans des stades (ou plutôt des grandes salles, restons modestes). Je peux vous assurer que c’est vraiment ce qui s’est passé au Zénith de Paris il y a quelques jours. « Heaven Knows », avec son refrain accrocheur, est un titre très facile d’approche et les fans ne se sont pas fait prier pour aider la chanteuse. Je sais qu’on parle de musique, mais quand même je me vois dans l’obligation de signaler que dans le clip Miss Momsen est terriblement sexy et provoc, alors qu’en concert pour la tournée Going To Hell, elle a plutôt choisi la sobriété (en tout cas au niveau vestimentaire). Certains diront que dans le clip la sobriété est de rigueur, elle y est à poil, mais je ne rentrerai pas dans ces considérations…
 


 

Toujours au niveau des singles en puissance, avec « Why You’d Bring A Shotgun To The Party » on renoue avec les morceaux à rythmique carrée et puissante où Momsen s’époumone copieusement pour donner une interprétation péchue au morceau.

Avec son intro pompée sur un discours de série TV, « House On The Hill » est un morceau un peu moins violent que le reste. On rentre de plein pieds dans le dogme : « Tout album de gros rock doit avoir sa ballade stillovingyouesque ». C’est chose faite et cela permet au passage à Taylor Momsen de montrer ses qualités vocales dans un autre registre. Dans ce même style, « Dear Sister » est un petit intermède musical où elle joue la subtilité avec une voix fine sur une mélodie toute douce. Ce morceau peut se penser à la manière des intros d’Axl Rose « live » à la grande époque de Guns ‘n’ Roses où « Sail Away Sweet Sister » de Queen introduisait « Sweet Child O’ Mine » et « Wild Horses » annoncait « Knockin On Heaven’s Door ».

On trouve aussi dans ce Going To Hell, quelques titre lorgnant vers la folk. « Blame Me » en est l’illustration parfaite. Il ne serait pas etonnant de retrouver ce titre en acoustique. Avec « Waiting On A Friend », on se tourne encore du coté de la country. Une belle interpretation laissant une grande place à l’émotion plutôt qu’à la puissance. En tout cas, Taylor sur cet album nous prouve quelle a du talent autant pour l’un que pour l’autre… Bien joué.

« Burn » propose un rock influence fok grungy. On se rapproche des Pearl Jam tranquilles comme « Jeremy » ou même de quelques Nirvana présents sur l’album Unplugged. La voix de Taylor s’exprime confortablement dans ce style et donne de belles émotions.

Un album de gros rock à chanteuse donc. C’est réussi. Et on en arrive assez vite à oublier l’actrice sournoise de Gossip Girl et son physique avantageux pour se concentrer sur la musique. Dans le style, Pretty Reckless propose donc un album intéressant et bien léché (attention, pas de blagues salaces, bandes de vicieux..). Miss Momsen et ses sbires ont déjà prouvé leur efficacité en live, il a quelques semaines en première partie des Fall Out Boy. On les attend de pied ferme avec un set plus complet en tête d’affiche. Ca pourrait arriver assez rapidement…

Avis aux collectionneurs ! Le packaging de l’album est particulièrement soigné et il à noter que la version LP propose un meilleur point de vue sur les lombaires de Miss Momsen. Judicieux stratagème. Gageons que les fans vont casser la tirelire pour obtenir les précieux collectors…
 

Pretty Reckless Going To Hell LP et CD
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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