Slash – Slash

Je me suis longtemps posé la question : je publie cette chronique sur le blog ROCK ou sur le blog METAL ? Après tout, si l'on prend la racine même de l'univers slashien, on est en plein rock n'roll, avec une énergie suffisamment débordante pour se retrouver dans ce que l'on nomme Hard-Rock. Et puis j'ai tiré à pile ou face. C'est donc ici que se passe l'inévitable : que penser de l'album de Slash, avec ses invités prestigieux ?

Le concept est simple : Slash a invité ses potes à chanter sur ses morceaux.
Nous allons donc procéder à une chronique académique : morceau par morceau.

1 : Ghost : ce morceau a un groove sympathique qui, avec un peu plus de noirceur m'aurait fait penser aux Screaming Trees. La voix de Ian Astbury a toujours autant la classe et laisse présager un album bien sympathique. On n'est pas loin non plus de The Cult version 90, donc point désagréable bien que manquant d'épaisseur.

2 : Crucify the Dead : C'est Ozzy Osbourne qui s'y colle. Sa voix porte un passé costaud de pape du metal, mais le morceau se lance vite dans une mélancolie un peu niaise et, même s'il n'a en lui-même rien d'exaspérant, on commence à trembler quant à ce qui va suivre. Slash fait son solo, sympa de sa part, et l'on sent que le morceau va décoller mais que dalle, ça piétine, ça essaie de s'emballer mais ça retombe comme un flan congelé.

3 : Beautiful Dangerous : Sarah ferguson (on dit Fergie), je ne la connaissais pas et je ne veux pas la connaître. On sent que le morceau a été fabriqué pour faire plaisir à la dame qui fait du rock rnb, très rock FM. Je n'attends pas ça d'un mec qui a participé à l'un des plus grands albums du rock, à savoir le Appetite for Destruction des Guns. Mais bon, on ne s'impatiente pas, on passe au suivant...

4 : Back from Cali : Myles Kennedy est un pote de Slash, ok. Moi je veux bien, le gars a une bonne voix, c'est certain. Mais le morceau en lui-même me fait plus penser à Bon Jovi qu'à Soundgarden. Encore une fois, il va falloir que je m'y fasse, Slash est devenu un guitariste MTV. Et tout ce qui sentait la sueur chez lui sent le tilleul.

5 : Promise : Attention les filles, Chris Cornell débarque. Souvenez-vous, en 1991 sortait l'album Badmotorfinger de Soundgarden et l'on tremblait face à ce débordement d'énergie. Depuis, les choses ont changé. Et l'on pourra féliciter Slash pour la façon dont il a su s'adapter à l'univers de chacun. Car maintenant que Cornell fait des morceaux pop mélancolique pour générique de série TV, Slash a su pondre un morceau dans cette veine où la voix magnifique de Cornell est à l'aise. Moi un peu moins, mais bon...

6 : By The Sword : je ne connais pas ce Andrew Stockdale mais il a une belle voix. Le morceau a un côté Led Zep appréciable, mais jamais ne décolle, jamais ne décolle. Le petit côté psyché seventies du refrain me plaît bien, et je me prends à retrouver une pointe d'espoir. Je vous jure.

7 : Gotten : Adam levine, qui que vous soyez, vous n'y êtes peut-être pour rien, mais le morceau sur lequel vous chantez est d'une médiocrité sans borne. Vous auriez pu refuser, mais vous vous êtes pris au jeu. Une ballade pleine de liquide poisseux qui dégouline de partout. Beurk. Sans aucun intérêt.

8 : Doctor Alibi : on l'attendait au tournant celui-là. Parce que faire un morceau avec Lemmy, faut pas se râter. Et bien je vous le donne en mille, Slash ne s'est pas râté. Le morceau est bon, gentiment efficace, et même si ça manque de sauvagerie, ça fonctionne très bien. On sent que tout le monde se fait plaisir dessus, ce qui n'est pas le lot de tous les morceaux de l'album...

9 : Watch this : bonne mise en bouche, rythmique lourde et solo langoureux. Dave Grohl et Duff McKagan sont là derrière, à essayer de redonner l'appétit au slash. Sans parole, ça résonne parfois mieux. Le morceau est plaisant, même si on l'aura oublié demain, enfin... bref. Il permet de faire une pause et de prendre quelques riffs dans la gueule, ce qui ne fait de mal.

10 : I Hold on : avec Kid Rock, on est en plein dans le rock de stade amerloque, bien fichu mais mou du cul. Encore un morceau qui se savoure en charentaise, avec la page TV du Figaro dans les mains.

11 : Nothing to say : un morceau avec un riff, une cadence soutenue, des solos qui s'enflamment. Damned, il aura fallu attendre le onzième morceau pour avoir de la ferraille à se mettre sous la dent ! Il y aurait presque un air de Faith no More période King for a day dans ce morceau. Le morceau qui sauve l'album ?

12 : Starling : Myles Kennedy revient avec un morceau pour faire l'amour. Bon, on avait pas besoin de ça. Le refrain est sympa, bien formaté aussi. Mais qu'est-ce que c'est mou, tout ça, et d'un convenu !

13 : Saint is a sinner too : belle voix, clone vocal du fils Buckley, que ce Rocco de Luca. Le morceau est lent et triste, mais il contient de belles choses.

14 : We're all gonna die : nous terminons avec l'ami Iggy. Ben voila, faut pas grand chose pour faire un morceau rock n'roll, Slash, tu vois quand tu veux...

Verdict : pépé slash a encore de beaux restes, mais devra se reconvertir en VRP pour Gibson, si ce n'est déja fait. Son album est mou, n'a plus de sang dans les veines, sent la réglisse et le tilleul.

Ma note : 5/10

La parole est à la défense.

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La défense étant présente, elle va donc analyser cet album de la même façon. Slash nous sort donc là, après plusieurs années d'absence suite à un deuxième album de velvet revolver plutôt passé inaperçu, un album eponyme censé lui ressembler. Axé principalement rock, celui-ci nous réserve cependant quelques surprises de taille mais ne vous attendez surtout pas à une copie parfaite d'un mix entre guns et ses autres périodes en groupe.

1 : Ghost : Ce morceau qui entame l'album, le fait bien et nous montre que le rock est bien là. Une voix juste et des riffs sympathiques, on sent que slash est bien présent dans cette galette.

2 : Crucify the Dead : Ozzy et Slash sont des potes de grande date et ça se ressent dans ce morceau. Résolument écrit pour le papy rocker, sa voix se laisse porter sur la rythmique guitare de slash qui se laisse aller à un solo collant à la mélodie.

3 : Beautiful Dangerous : Là où certains pourront critiquer cet album, je pense que cette chanson est un point important de l'album car Fergie fait son apparition là où on ne l'attend pas. Même si ce n'est pas du Appetite (dixit l'attaque), il reste agréable à écouter et résolument rock.

4 : Back from Cali : En faisant un album ou plusieurs chanteurs s'y côtoient, il faut s'adapter (et cela vaut pour tout l'album). Ce morceau ne peut pas être rock FM, car slash ne fait pas du rock FM et ce sont donc les radios qui seront obligées de sortir de leur moule. Les riffs slashiens et solo diaboliques sont toujours de la parti, le tout impeccablement réalisé. Cette chanson à une âme là où le rock FM en manque.

5 : Promise : Toujours en s'adaptant au style de son chanteur, Slash nous sort là un tube. La voix et les guitares se marient de façon impressionnante ponctuées par un solo toujours taillé sur mesure.

6 : By The Sword : Andrew Stockdale de Wolfmother n'a pas à première vue une voix faite pour me plaire. Cependant dans un registre un peu plus bluesy sur le début, pêchu sur les refrains et quelques effets font leur office. Pour l'avoir vu en live dans une émission de télé américaine, cette chanson mérite que l'on s'y attarde.

7 : Gotten : Arrêtez, un album de rock ce n'est pas seulement de grosses guitares et du solo à n'en plus finir, nous sommes au 20eme siècle. De toute manière je vois mal Adam Levine chanter du pur rock n'roll. Cette balade plutôt agréable marque une pause dans cet album qui nous surprend de plus en plus.

8 : Doctor Alibi : Pour mieux repartir, rien ne vaut un bon morceau avec Lemmy qui sort sa basse et sa voix rocailleuse sur ce morceau taillé sur mesure. Moins puissant que dans son groupe d'origine, ce morceau marquera quand même cette traversée du monde de Slash.

9 : Watch this : Instrumental réalisé avec Dave Grohl et Duff (son ancien compère), cette piste manque un peu de technique et d'attrait pour s'y attarder vraiment. On note malheuresement que Duff ne s'est pas réessayé au chant alors qu'il y avait officié dans un de ses groupes.

10 : I Hold on : J'adore ce genre de morceau avec une voix cassée et une mélodie qui se retient. A écouter à fond dans la voiture, fenêtre ouverte quand il fait beau ! C'est du petit rock mais ça le fait toujours autant.

11 : Nothing to say : on revient dans une panoplie rock un peu plus metallicienne avec un morceau plus technique où slash se lâche sur ses gammes. Je trouve que c'est le morceau qui montre que slash est un bon guitariste mais qu'un solo ce n'est pas seulement des notes réalisées le plus rapidement possible mais un enchainement parfait de notes qui collent avec le reste de la chanson. En l'occurence, les solos de Slash sont habités d'une certaine âme depuis le début et c'est cela qui fait de lui le guitariste qu'il est aujourd'hui même s'il n'es pas le meilleur du monde techniquement parlant.

12 : Starling : Deuxième pause de l'album où l'on peut encore s'étonner des choix de slash. Cependant cette balade reste agréable à écouter. Dans le ton de l'album, je trouve ces petits break bien placés. 

13 : Saint is a sinner too : On change encore de registre pour aller vers un univers obscur que slah explore de main de maitre.

14 : We're all gonna die : Pour finir, un morceau résolument rock avec iggy qui nous cloture la ce disque en beauté. Proche du pop rock d'antan, ce morceau prend de l'ampleur en avancant.

Verdict : Certains diront que cet album est trop mou, d'autres qu'il est complètement râté mais je pense que cet album reflète le souhait de son auteur : se faire plaisir avec des potes. Et on le sent bien. Certes ce n'est pas une révolution, ni un album d'anthology, mais un bon album rock qu'il est nécessaire d'écouter car Slash restera Slash avec son empreinte sur chaque morceau et ses solos habités et son style si particulier. Il a su nous concocter une belle galette où il a su s'adapter parfaitement au styles des chanteurs (et amis) qu'il y a invités et pour ça je dis respect.
On aime, on aime pas ... Slash restera un des plus grands guitaristes du monde, parmi tant d'autres 😉

Ma note : 10/10 ( 9/10 en vrai mais ça c'est parce que je suis un fan inconditionnel, voyez déjà mon pseudo ...)

Slashsnakit



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