Archive – Axiom

Deux ans après son excellent With Us Until You’re Dead paru comme un manifeste émotionnel fusionnant des éléments orchestraux, électroniques, sentimentaux et progressifs, le collectif londonien Archive est sur le point de renforcer son génie de créativité. Leur 8ème épopée, Axiom présente tous les éléments précédemment énumérés, mais en apportant en plus une dimension spirituelle pleine de métaphores obsédantes.

Le morceau d’ouverture «Distirted Angels» se démarque par son fond musical balladesque et son chant envoûtant. Il est très mélodique et structuré par l’alternance des harmonies aux cordes extrêmement bien arrangées et le son de choeur filtré, le tout soutenu par les battements lointains mais lourds de la boite à rythme, créant ainsi une sorte de paysage post-apocalyptique, celui dans lequel les nuages sombres sont clivés des rayons de soleil et donnant tout au long de l’album cette sensation très contrastée passant d’une luminosité éblouissante à l’obscurité la plus  totale et inquiétante.

”¨L’illustration la plus parfaite à cela est sans doute  «Axiom» – le  long morceau éponyme et entièrement instrumental de l’album. Celui-ci s’ouvre sur des sons de cloche de l’église de Greenwich, qui es devenu une partie importante de la genèse de l’album, comme l’admet Darius Keeler,  un des noyaux du groupe aux cotés de Danny Griffiths. Soutenu par une montée harmonique du  choeur et des cordes créant à la fois un éblouissement extrême et une tension qui se résout dans des clasters  le son des cloches toujours présent se se mêle à des battements éloignés rappelant ceux des vagues se brisant contre les rochers, procurant une sensation sinistre et venant plonger l’auditeur de nouveau dans l’obscurité totale marquant ainsi le passage à la phase suivante du morceau. Ce concept ambigu est accentuée par des éléments électroniques joliment arrangés, créant un son velouté porté par des battements dansants et des riffs de guitare.

«Baptism»  le morceau qui suit «Axiom»  sera certainement le morceau le plus proche du Archive que l’on connait. Morceau énergique et troublant, il présente le style avant-gardiste typique de Archive , combinant la musique électronique au rock industriel. Les paroles répétitives ajoutent à cette chanson agitée comme une sensation d’appel désespéré.

«Transmission Data Terminate» est une autre chanson avec des éléments sonores complexes créant un sentiment d’inquiétude en dépit de ses paroles contradictoires ‘’It’s time for quiet. Let the quiet settle in.’’ et l’alternance entre les différents chanteurs ne fait que contribuer à ce sentiment de mouvement.

Archive crhonique Axiom

L’album se termine sur une reprise du morceau éponyme, étant intitulé à juste titre «Axiom (Reprise)» en par cette reprise de thème en quelque sorte boucle la boucle, mais laisse tout de même une sensation de non achevé, même si la beauté de la création ne laisse pas de doute.

Les sept titres de l’album se confondent en permanence, créant ainsi une expérience musicale de 40 minutes, qui, a à juste titre été transformée en une bande originale, ou pour être plus précise, a servi de scénario au film… 
Une explication serait peut être nécessaire ici: dans son interview précédant le Sundance festival, se référant à Axiom le film et à l’album éponyme Darius Keeler dit : «On a la sensation d’avoir fait la musique d’après le film, vraiment»… Et bien oui, n’est-ce pas après tout le cheminement habituel de toute création cinématographique? Apparemment non, ou du moins pas en ce qui concerne le huitième album d’Archive et leur premier film qui a engendré un processus créatif inversé impliquant le traitement d’un album comme un scénario et l’image mouvante comme une bande-son.
En collaboration avec le réalisateur Jesus Hernandez et le collectif cinématographique espagnol NYSU, Axiom (l’album) a subi une alchimie inédite, produisant finalement un film qui relie « les paroles réelles avec l’image. »

Axiom est certes d’après certains aspects, notamment les longues parties instrumentales, est très éloigné de l’Archive que la plupart connait, et pour cette raison ne sera certainement pas apprécié de tous, voir apportera de la controverse, qui sait, dans tous les cas l’album ne laissera pas indifférent, et c’est peut être bien là le signe de son intérêt, après tout, combien de chefs d’oeuvre dans l’histoire de l’art n’ont il pas suscité de controverse ou même déclenché des scandales avant d’être reconnus et promus à leur rang de chefs d’oeuvre.
Je ne dis pas par là qu’Axiom en est un, le temps le montrera, mais dans tous les cas, le dernier opus d’Archive vaut le détour, ne serait ce que pour l’intérêt de le démarche créative et artistique unique et son concept.

Le groupe s’est produit en live lors de la soirée d’ouverture de Sundance Festival à Londres lors de laquelle ils ont aussi présenté en première mondiale leur film, Axiom, suivi d’une seance de questions/réponses.  Archive jouera l’album live pour accompagner le film lors de l’unique performance mondiale exclusive dans le mythique Roundhouse de Londres le 29 mai prochain, et évidemment, je serai là pour vous en rapporter mes impressions et avec un peu de chance quelques images.

Tracklist :

1. Distorted Angels
Ӭ2. AxiomӬ
3. BaptismӬ
4. Transmission Data TerminateӬ
5. The Noise of Flames CrashingӬ
6. ShiverӬ
7. Axiom (Reprise)

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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