Shaka Ponk – Monkey Diary, Photographies & entretiens

Après avoir investi nos radios (dont la notre à leurs tous débuts) et les plus grandes salles de France, Shaka Ponk s'imprime désormais sur des pages. Avant la BD qui sortira à la fin du mois, un livre photo est publié aux Éditions Marabout. Près de 200 pages de photos exclusives, le quotidien d'un groupe passé de l'ombre à la lumière, instants volés et témoignages sincères.

"Tout était réuni pour que cela ne marche jamais" Ce sont les premiers mots du livres, sortis de la bouche de Frah, capitaine de l'embarcation Shaka Ponk. Un radeau pourtant devenu navire de guerre au fil des années. Preuve en est avec cet ouvrage qui lance un oeil sur ces quatres dernières années. Une biographie partielle capturée par Laurent Julliand, photographe inconnu au bataillon qui débarque avec 190 pages de raretés.

Laurent Julliand avait exposé ces photos à la Fnac Bercy-Village fin 2013, à quelques pas de la plus grande salle jamais remplie par le groupe. Bercy est d'ailleurs un élément central du livre. L'ouvrage débute avec une photo du groupe, juste avant de rentrer dans cette arène le 5 janvier 2013… puis se clôt avec une photo similaire prise juste après être sorti de scène. Certains semblent épuisés, d'autres excités… Les pages entre ces clichés permettent de cerner plus intimement la personnalité de chaque membre et l'entité Shaka Ponk : "une créature à formes multiples, qui ne supporte ni la contrainte technique, ni le compromis artistique".

Première partie : "The Band". Première info : le groupe ne compte pas cinq membres, mais huit. Goz bien entendu, le singe virtuel, mais aussi Korky, la vidéaste des Monkey TV — "le petit trou de serrure qui permet de voir comment ça se passe à l'intérieur" — et Seb le manageur, homme de l'ombre mais chef d'orchestre de la machine Shaka Ponk. D'un côté, une photo pleine page, de l'autre, des mosaïques. Au centre, les témoignages des membres qui se jugent entre eux et s'autocritiquent. Chacun en prend pour son grade : Frah et sa "grande et belle folie", Sam la "schizo", Mandris le "jeune chiot, joueur et taquin".

On entre peu à peu dans l'intimité du groupe, passant des images studios de The Geeks and Jerkin Socks au White Pixel Ape sans en voir la différence. Seules la coupe de cheveux de Steve et l'absence de lunettes de Frah nous indiquent qu'on est sur la tournée Bad Porn Movie Trax Tour, en 2010. À part ça, le groupe est resté le même, sans plus d'artifice qu'un tour bus plus spacieux.

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Oubliez le mythe des rockstars en tournée. Les "monkeys" ont l'air toujours en train de bosser, endormis sur leurs ordis, jamais en train de faire la fête autre part que sur scène. De plus, les photos respirent tant d'authenticité qu'on ne peut imaginer que ces clichés soient posés ou choisis pour véhiculer une image "studieuse". Les témoignages sont eux aussi empreints d'une sincérité touchante. Frah assume son choix : "Je n'ai aucune vie sociale, je respire Shaka 24h/24, mais tout ça me paraît normal. Ce sont les vies des autres que je trouve cheloues."

Beaucoup de témoignages n'auraient pas eu leur place dans des interviews classiques données à la presse. La langue de bois est proscrite :

  • CC et sa déprime après Bercy : "J'étais triste, je n'avais plus envie de rien…"
  • Sam raconte les coulisses du morceau Dot Coma, chanté derrière un voile en live : "On peut exprimer beaucoup d'amour [avec Frah], car on est deux, et on est deux à en chier"
  • … ou encore Steve qui parle des fans hardcore : "Il y a un côté flippant, un peu pathologique du fan qui vient à tous les concerts. […] Mais en même temps, c'est mortel…"


L'ouvrage fait la part belle aux photos en noir et blanc, ce qu'on regrette presque, tant celles en couleur sont resplendissantes. Parfois floues, avec un grain exagéré, la qualité imparfaite des clichés témoigne une fois encore de leur authenticité et de la volonté du photographe de respecter le format du reportage, qui capte l'instant comme il peut.

Laurent Julliand se confie lui-aussi. Nouveau voisin de Frah en 2008, celui-ci lui propose de photographier son groupe de musique à l'Elysée Montmartre l'année suivante. "Je suis resté à leurs côtés de l'ombre à la lumière, raconte-t-il, passant d'un minibus 9 places et des concerts dans des bleds imrpobables aux tournées de Zénith en tour bus, jusqu'à la grande salle de Bercy et les festivals mythiques en tête d'affiche."

Ce "Monkey Diary" est un ouvrage trasversal, étonnamment riche et plein de surprises, même pour les connaisseurs. Quelques focus sur les évènements marquants (Bercy, la blessure de Frah, les disques d'or…) et des clichés de toute l'équipe technique, surtout leurs bras tatoués, à la barre du navire Shaka Ponk. Des anecdotes sur le serveur de 60 téraoctets "NAS" du groupe, sur le troisième album qui n'a jamais été terminé avant sa sortie… Ce livre est finalement à l'image du groupe : un gros bordel bien emballé qui regorge de perles.



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