Ty Segall – Manipulator

Attention ! Voila le retour du stakhanoviste californien… Ty Segall revient sur le devant de la scène avec son groupe le Ty Segall Band. Après des escapades vers le rock lourd avec Fuzz et un passage beaucoup plus intimiste et introspectif lors de sa dernière tournée, le voilà de retour à ses premières amours.

Manipulator arrive donc sur nos platines et se retrouve immédiatement encensé par la presse à grand tirage. Serait-ce la fin de l’underground pour le prolixe californien ? L’album de la maturité ? Essayons de voir tout ça…

On ouvre sur une petite intro aux claviers… Une dose de fuzz… Du psyché façon Peebles... "Manipulator", qui donne son titre au nouvel opus semble sortir des sentiers battus. On s’éloigne de Fuzz, projet beaucoup plus heavy mais on est aux antipodes de son avant dernière livraison plus introspective. "Manipulator" respire l’expérimentation, les sonorités nouvelles. Ty n’en a pas fini de nous étonner. De belles mélodies pop en fin de morceau reprennent les racines californiennes des tauliers du coin les Beach Boys et Ty nous rappelle par la même occasion qu’il n’a rien perdu de son sens de la mélodie.
 


Manipulator est un album varié mais la ligne directrice semble être la recherche du morceau pop qui tue. Ty Segall travaille avec ses armes… On reste dans la dissonance organisée au niveau de la gratte mais soutenue par une basse qui cadre le tout. Ty se lâche et entraine ses copains dans sons sillage. Et il nous entraine là dedans par la même occasion. "Tall Man, Skinny Lady" en est une parfaite illustration.

"The Clock" est définitivement Beatlesien.  On dirait vraiment du rock anglais sixties. Petites guitares, envolée la disto... Un petit solo bluesy, quelques arrangements avec des cordes (comprendre des trucs de musique classique du moins j’en ai bien l’impression).

"Green Belly" sonne comme une jam blues. Une base de guitare acoustique. Quelques vocalises et hop le tour est joué. Peu de testostérone mais de la qualité mélodique. Je crains que certains fans de la première heure aient du mal à y trouver leur compte. La ballade de l’album, "Don’t You Want To Know (Sue)" montre que Ty a digéré l’oeuvre de Brian Wilson tout en réussissant à la croiser avec le coté grunge d’un Kurt Cobain. Déroutant mais réussi.

"Dieu que c’est beau !" dirait Balavoine (mais qu’est ce qui m’ a pris de penser à lui… Niveau rock ‘n’ roll, il y a quand même mieux…). Mais revenons à notre mouton. "The Singer" semble être le chainon manquant entre Pet Sounds de Brian Wilson et le Sergent Pepper’s des Scarrabées. C’est donc très beau… Peut-être trop ? J’ai du mal à retrouver la sauvagerie, la furie furieuse du prodige stakanoviste. Ici, c’est super produit, c’est nouveau chez le monsieur.
 

 


On retrouve un peu de cette spontanéité avec "It’s Over" au message simple, beaucoup plus électrisée et électrisante. Fuzz outrancière, tempo soutenu, joyeux bordel ! Yeah ! Ty is back !!

Un riff garage introduit de "The Faker" et tourne au long des quatre minutes qui voient se succéder quelques parties guitares de qualité et toujours ces belles harmonies vocales. On pense aussi aux Rolling Stones période maudite de Their Satanic Majesties Request, fuzz bien poussée dans ses derniers retranchements quand même.

"Connection Man" est beaucoup plus bordélique au niveau des grattes, plus saturées. On lorgne du coté du garage psyché avec des sons de synthé installant une ambiance horror movie série Z. Ca c’est du rock façon Ty Segall. "Mister Main" est dans le même style. On aurait pu le retrouver perdu dans les chutes du Piper At the Gates Of Dawn des Pink Floyd de Syd Barrett. Des petites cordes que n’auraient pas reniés les joueurs de jujuka chers à Brian Jones. Encore un autre facette du talent de monsieur Ty Segall.

De temps à autre on trouve des réminiscences de ce qu'il fait avec Fuzz. “Feel” commence tout en douceur pour s’énerver crescendo puis mieux redescendre sur un solo très fuzz psychédélique au son trash et nous offrir un break de batterie intéressant doublé d’harmonies vocales chiadées. A la fin du titre, on retrouve enfin notre Ty Segall façon Melted. Que c’est bon pour nos esgourdes !!!

"The Hand" entame sur une rythmique plus lourde. Quelques relents de "No Quarter" du grand Zeppelin avec l’intro acoustique (ça sent la 12 cordes) et des harmonies vocales des plus travaillées.  Ty nous prouve encore une fois qu’il est artiste inclassable et surtout un petit génie de la mélodie.

"Stick Around" se pose comme un rock plutôt bien foutu bâti sur une base rythmique solide laissant la part belle aux solos à tendance gros rock seventies mais toujours avec cette voix hyper mélodique. "Susie Thumb" enclenche la fuzz. Et nous voila partis dans un rock puissant. La mélodie y est encore accrocheuse et parfaitement maitrisée. Une aisance naturelle semble se dégager de ces créations. Ty Segall a le don pour pondre des choses accessibles au premier abord tout en se permettant de clôturer le morceau par un joyeux bordel.
 

Ty Segall Band
 

Retour du coté de la fuzz lourde avec "The Crawler". Une pincée de White Stripes dans ce titre garage à souhait. Encore de très bonnes idées et un coté mélodique qui ressort malgré la fuzz et la disto.

"The Feels" commence avec une intro toute douce avant d’introduire des petites guitares gorges de fuzz lysergiques. Musicalement on reste sur ces croisements fuzz ayant bouffé Brian Wilson au petit déj… Et au fil du morceau nous voila parti dans des digressions pinkfloydiennes période  Ummagumma… Mais ici tout est concentré en un peu plus de trois minutes…

Manipulator semble s’imposer dans tous les médias comme le chef d’œuvre de Ty Segall. C’est un album regorgeant de pépites diverses et variées passant en revue les différents centres d’intérêts musicaux du bonhomme. Album très facile d’accès, il devrait convenir au plus grand nombre et faire sortir Ty Segall du monde de l’underground où il régnait en Petit Prince. Les fans purs et durs suivront-ils ? Pour l’instant, il semblerait que ce soit le cas…
 

Ty Segall

Pour ceux qui voudraient jetez une oreille sur les live du groupe,
la tournée passe par la France et le Benelux :

TY SEGALL / TRIGGERFINGER
à La Rochelle (17) - La Sirene A La Rochelle
le Dimanche 19 Octobre 2014 à 18h00

TY SEGALL / JC SATAN
à Paris (75) - La Cigale A Paris
le Mardi 21 Octobre 2014 à 19h00

TY SEGALL
Première partie : LEFT LANE CRUISER
à Ramonville (31) - Le Bikini
le Mercredi 22 Octobre 2014 à 20h00

TY SEGALL / JC SATAN
à Clermont Ferrand (63) - La Cooperative De Mai
le Mardi 28 Octobre 2014 à 20h30

TY SEGALL
à Geneve (Suisse) - L'usine De Geneve
le Mercredi 29 Octobre 2014 à 20h00

TY SEGALL
à Amsterdam (Pays Bas) - Paradiso A Amsterdam
le Lundi 03 Novembre 2014 à 19h30
 

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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