Electric Six – Human Zoo

Le 14 octobre est sorti le dixième album des artistes de Detroit, bien conscients de ce titre absolument pas novateur, car le concept de zoo humain figure depuis toujours dans l’art et la littérature. Mais selon leurs dires toujours sérieux, «les vieux concepts doivent être brisés, comme des dents».
On retrouve bien un style Electric Six, un album varié, sans ligne définie, un zoo d’accumulation, des mélodies aux accents garage, des saturations en veux-tu en voilà, des choeurs et des inclusions de grosse voix dans des chants au second degré… On cherche le morceau-phare, celui qui restera en tête pour longtemps, comme nous ont marqués «It’s Showtime» et bien entendu «High Voltage» il y a quelques années. Ici, deux morceaux peuvent prétendre à ce titre, le premier et le sixième, correspondant à une face A et une face B de disque.


Rock, Garage, E6, Human Zoo, Electric Six, sortie 2014Visite du zoo. Voici la cage des blousons en jean.
 

En effet, en ouverture, «Karate Lips» s’assure du racolage d’oreilles grâce à une basse vigoureuse et des harangues qui laissent imaginer un ring de catch féminin où l’on reçoit des uppercuts de guitare. En seconde partie, une ouverture tout aussi excellente, encore plus radiophonique, plus rythmée, force à grimper sur les tables pour se remuer. Pour ne pas perdre le mojo, suit un morceau au tempo enlevé, aux notes de rock pur mais au thème dédaigeux «It’s Horseshit» et «Worst movie ever» sur la face B. Les guitares n’en peuvent plus, on se croirait dans une radio qui grésille tellement ça sature. Les inclusions électroniques du clavier viennent temporiser, l’oreille respire de nouveau, on reprend une dose de batterie.

Deux morceaux iconoclastes se font également écho, peut-être pour inquiéter les bigots qui se seraient égarés, «Satanic Wheels» et de l’autre côté «I’m the Devil» ; et dans la même veine on retrouve deux fois le thème de la violence, toutefois pas traité de la même façon. «Gun Rights», a un air buté et un vocabulaire limité de borné du flingue sur une mélodie enjouée de guitares qui s’amusent qui vous restera en tête ; tandis que son homologue «Good View of Violence» propose des phrases plus longues et un style plus groovy. Pour calmer les esprits échauffés par ce simulacre de violence, «I’ve Seen Rio in Flames» et ses réverbérations du clavier prennent une allure de bande originale de film. L’album complet se clôt par «The Afterlife», où les saturations disparaissent presque au profit de l’électro et le rythme se ralentit.

Revenons au pilier de l’album, le tube de l’automne (comment ça ça n’existe pas ? Eh bien ils viennent de le créer) «Who the Hell Just Call my Phone» relance la machine en milieu d’album, pour entamer une seconde partie en clone de la première. Son côté hip-hop procure un rapide condensé d’énergie qui réchauffera les pistes de danse. La déception vient de ce goût trop vite fini. Bien sûr, il est impossible de fabriquer de l’extraordinaire pendant trente-neuf minutes. Oui, si peu, c’est le plus court album du groupe, car plusieurs chansons ont été abandonnées en cours de route afin d’être intégrées dans un autre projet. À suivre !

Pour conclure, on sort de Human Zoo regonflé à bloc, c’est un album haut en couleur, en poils et en écailles, avec un peaufinage technique évident. Entendre cela serait incroyable pour un jeune groupe, mais peut-être que pour un dixième album, on aurait pu en espérer mieux… même si rien n’est à jeter, loin de là !

«I think it’s getting better all the time» pense Dick Valentine dans «Satanic Wheels». Et vous, pensez-vous que les garage-rockers s’améliorent au fil du temps ?

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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