Les Fatals Picards à  l’Olympia (01.11.14)

Après 15 ans d’existence, Les Fatals Picards s’apprêtent enfin à sortir leur premier DVD live. Dans le cadre de la tournée de l’album « Septième ciel », l’Olympia fait office de tour de chauffe avant les concerts filmés deux semaines plus tard à Lyon et Grenoble. Sans surprise, le show est déjà bien rodé. Pas avares en blagues sur le public parisien, le groupe s’est livré à un concert enflammé, sans artifice mais avec une foule totalement acquis à leur cause.
 

 

Photos par Elise Schipman. Tous droits réservés.

Dans la pénombre, le quatuor entre en scène sur les riffs acérés de « Raise the flag » d’Airbourne. Quelques secondes plus tard, 2000 poings se lèvent en l’air pour reprendre en choeur « Le combat ordinaire », puis forment un V sur « Le retour à la Terre », avant de se transformer en signe des cornes plus loin… Ce soir, le public mouille le t-shirt sur les 24 morceaux, dans un Olympia, même pas complet, mais à l’ambiance exceptionnelle. Les dalles aux sols se tordent et se transforment en trampoline.

Un concert des Fatals Picards, ça donne la pêche et le sourire. Bien que les paroles soient souvent comiques, les rires retentissent souvent dès l'annonce des titres : « C'est un hymne à l'amour gentil, ça s'appelle "Gros Con" », « Cette chanson est dédiée à ceux qui pensent que Les Fatals Picards, c'est les ringards de l'Eurovision »,  « Plus personne à de briquets aujourd'hui, donc allumez tous vos clopes électroniques ! »

© Elise Schipman

Espérons que les éventuels sympathisants de droite dans la salle aient du second degré ! Les dix premières chansons sont quasiment toutes une ode à la gauche. « Voici des paroles écrites par Brice Hortefeux. Brice, si tu nous entends… » lance Paul Léger pour introduire le titre ironique « La sécurité de l’emploi » avant de dédicacer « Les Bourgeois » au public parisien. Décidément, le groupe n’est pas avare en blagues. Avec les speechs entre les morceaux, il y a de quoi écrire un one-man-show. Avant « Atomic Twist », Paul donne une leçon de danse : « Pour le twist, tu fais comme si tu fumes clope et que tu l'écrases. » Plus tard, le groupe rend des hommages ironiques à Grégoire (« La chanson française, c’est top ! »), Jennifer de Superbus, jusqu’à même faire de courtes reprises de Nolwenn Leroy, Patrick Bruel et Patrick Sebastien… toutes huées par le public, à l’exception de Seven Nation Army (plaisir coupable), Manau et « Manu Chao » des Wampas, que le public connaissait également par choeur.

Côté mise en scène, le show est minimaliste. Les lumières sont peu nombreuses et assez sommaires, mais bien composées sur certains titres comme « L’amour à la française » ou « Robert ». Aucune intégration vidéo, malgré la tendance ces temps-ci. Les Fatals Picards n’ont évidemment pas les moyens des grosses productions qui peuvent s’inviter à l’Olympia, et auraient-il seulement envie d’intégrer des clips à leurs concerts ? Ce manque, s’il en est un, est comblé par la théâtralité des membres et leur énergie à revendre. Le quatuor prend un plaisir sincère sur scène, et le communique au public. La plupart des chansons, des refrains, se ressemblent dans la forme et la construction, mais qu’importe, c’est exactement ce qu’est venu chercher la foule ce soir.

© Elise Schipman
 

Le quatuor organise une session acoustique, avec un petit moment de grâce sur « Mon père était tellement de gauche », interprété par le batteur Jean-Marc Sauvagnargues. Puis vient l’heure de la « chanson interdite », soit « Le jour de la mort de Johnny » (on n’est pas censé le dire, mais bon). À l’approche de la fin du concert, les Fatals Picards dévoilent leur artillerie de morceaux les plus rock : « Pogos d’amour », « Punk au Liechtenstein », « Punk à chien »… Paul s'empare d'une guitare « achetée 100 balles à Cash Converter » (et au son assez dégueulasse) pour faire rugir les amplis.

Avoir avoir remué ses fesses, fait lever entièrement les gradins, évité une bière qui a voltigé à travers la fosse, Paul regarde sa montre et annonce la fin du set. Après un rappel de quelques titres, le concert s’achève comme il avait commencé : en folie, sur des « Palapapa » et hymnes marxistes, avec « Rouge?bleu?orange?violet?… Non ! Noir(s) ! ». Si l'ambiance est au moins aussi bonne, pas d'inquiétude à avoir sur la qualité du DVD. Après 15 ans d'existence, ces gars-là n'ont plus rien à apprendre de la scène.



© Elise Schipman 



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