City Weezle – Taboo

  Première impression avant même d’enfourner la galette, Taboo a une pochette qui tape à l’œil. Signée Arnus et fortement inspirée par les dessins foutraques et délirants de Blanquet, on peut dire qu’elle colle parfaitement à l’univers de City Weezle, le quatuor Parigot-Irlandais qui nous intéresse aujourd’hui. Effectivement, l’idée qui s’impose d’emblée quand sonnent les premières notes du disque de Simon Fleury (chant / guitare), Benjamin Violet (guitare), Al Uchida (batterie) et Maxime Gilbon (basse), c’est celle d’un paquet cadeau bariolé qui, d’un instant à l’autre, peut vous sauter à la figure !

  Ce  premier album de douze morceaux fait suite à une démo sortie en 2008 (nommée The Leprechaun  (Taboo Session)) dont on retrouve ici les 5 titres avec un son bien plus énorme (évidemment me dira-t-on) et qui rend forcément hommage de meilleure façon au groove impeccable des cinq lascars.

City Weezle
  Les influences de ce groupe Rock-Fusion-Metal-Funk (et d’autres choses encore…) sont assez claires : Faith no More et Primus nous disent-ils, on ajoutera sans mal Zappa, Mr Bungle ou Infectious Groove… Oui, c’est évident dès le premier titre « Hot Potato » : Y en a ! Mais, vous avez beau dire, y a pas seul’ment d’la pomme, y a autre chose ! 3’41, la batterie, la basse et la guitare stoppent net. Un violon entre, puis une voix de ténor, des chœurs lyriques… Ils ont débarqué là, sans crier gare et s’imposent d’un air rigolard avant de partir eux-même en vrille. Surgit un solo de gratte bien baveux, franc clin d’œil à Queen (??!) et… Zapping. Le thème principal du morceau revient, tout le monde retombe sur ses pieds après un peu plus de sept minutes (quatre titres dépassent les sept minutes sur le disque). Chez City Weegle, on aime les digressions et on déteste quand la mécanique ronronne ! On laisse les autres pirater le tout-venant, ici c’est du bizarre dont il est question !  Ce n’est pas un hasard si Simon Fleury a collaboré sur un titre d’ Igorrr, artiste barré et inclassable (si on voulait quand même le faire, on parlerait d’ experimento-baroquo-metal… ou quelque chose comme ça !) membre du tout aussi frappa-dingue groupe Wourkr.

   Les deuxième et troisième titres (respectivement « Cunning Linguistics » et « Welcome to Hicksville ») sont des démonstrations d’une maitrise impressionnante. Ça groove terriblement. Basse, guitares et grosse caisse cisaillent le tempo avec une précision millimétrique : des fous armés de scalpels ! Impression flippante renforcée par un Fleury qui passe dans les basses saturées avant de tirer dans les suraigües comme un personnage de cartoon psychopathe ! Les clins d’œil continuent de pleuvoir, on sourit en entonnant avec eux un « They don’t need no education… » ( « Welcome to Hicksville »), un saxo free-jazz, strident et déraillant façon Akosh S entre, on est sur le cul… Mais, pas de répit ni de pitié, pas le temps de s’installer : ce cul, ils vont nous le botter, ils y tiennent coûte que coûte !

  On enchaîne avec « Taboo » et toujours plus de trouvailles sonores surprenantes. Vient le titre « Mary Jane ». Probablement le plus « calibré » radio de l’affaire. Tube en puissance qui démontre, heureusement, que le funk en France n’a aucune raison de se résumer radiophoniquement aux Viles Tares de la Musique et à un pantin Homme-Sandwich tel que ce tocard de Ben l’Oncle Soul (Vile Tare de la Musique 2010 donc) et qu’on retrouverait sur toute la bande FM si les programmateurs en avait une paire. Mais, humm… on s’égare.

  « El Mutador », au rythme plus lent, passe allègrement du ska jamaïcain aux rythmes hispaniques. Parsemez tout ça d’une grosse poignée d’ironie et passez au four 7 minutes 34.

  La démonstration continue, vous aurez le droit tour à tour à de purs moments progressifs suivis d’accélérations marathoniennes (« Fair Game »), à des inspirations free-jazz suivies de rythmiques ska, à un slow sirupeux où un pseudo Mercury finira par méchamment partir en c… et qui s’achèvera par un violon tzigane (ou slave ??!) endiablé (« Nimformation »).

  Le diable est irlandais et c’est naturellement dans le titre « Leprechaun » qu’il nous le rappelle. Le double mythologique du chanteur, tout de vert vêtu, nous incite à yodeler à tue-tête, debout sur le zinc, flûtes et violons complétant le tableau métallo-folklorique du morceau.

  « The Creep » rappelle un peu « Vampire Boy », titre tiré du premier 4 titres du groupe (diffusé sur LGR, bien sûr !) par son côté bouffonnerie horrifique. Le texte en est probablement tout aussi excellent, mais l’absence de booklet dans l’exemplaire de promo et (surtout !) mon niveau de compréhension ridicule de l’anglais m’empêcheront de l’affirmer.

  Arrive l’ultime morceau, baptisé « Farmhouse Love » qui conclut magnifiquement l’album le plus jouissivement taré qu’il m’ait été donné d’entendre depuis longtemps !

  J’attribue un 9/10 à cet opus. 10 signifierait qu’ils n’ont plus rien à prouver et qu’ils peuvent s’arrêter là. Et, puisque je leur souhaite longue vie…

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Faites un petit détour au passage sur les pages consacrées à Arnus, auteur de la pochette
Arnus sur La Grosse Radio
Arnus, site officiel

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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