MLCD – The Tragic Tale of a Genius

  My Little Cheap Dictaphone est, à la base, un projet musical de Redboy, guitariste et chanteur du groupe Hollywod Porn Stars. Mais MLCD n’est pas du tout le NOUVEAU groupe de Redboy ! The Tragic Tale of a Genius est, en effet, le troisième album de ce groupe fondé en 2000 (soit avant les HPS !). Onze ans déjà !

MLCD   Onze ans pendant lesquels ce qui devait être un projet très personnel et dépouillé (Redboy enregistrait alors des bouts de morceaux sur des deux-pistes, des dictaphones etc… D’où le nom du groupe !) devint de plus en plus ambitieux et le son plus arrangé au fur et à mesure des rencontres avec Xavier Guinotte (basse), Jérôme Compère (batterie) et Pierre-Louis Lebacq (clavier). Le concept MLCD grossit, phagocyte gloutonnant les énergies et agglomérant toute une communauté de talents autour de lui.

  The Tragic Tale of a Genius a demandé trois ans de travail et les collaborations des vidéastes de Buddleduchesse pour la réalisations des treize clips (un par morceaux !) et des vidéos-projections du spectacle accompagnant l’album, d’un orchestre symphonique, du collectif liégeois JauneOrange et de vedettes rock de la scène internationale (Jonathan DonahueMercury Rev sur « What are you waiting for », Ralph MulderAlamo Race Track sur « Here’s not here » et Pall Jenkins – Black heart Procession et 3 mile Pilot sur « In my Head »).

 
  On sait comme, par le passé, des groupes pourtant talentueux se sont cassé les dents avec ce genre d’ambitions alors, quel est le résultat ? Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, cet album est positivement énorme ! Déclinant l’histoire, somme toute classique, d’un musicien de génie en quête de gloire qui vend son âme au diable, de son ascension jusqu’à sa descente aux enfers (on pense à Tommy Johnson, bluesman à qui le diable apprit la guitare à un croisement de chemins), la galette se laisse manger d’une traite. Et sans indigestion s’il-vous-plait ! Attention, les quatre Belges nous avait promis une ambiance de films noirs des années 50 et, si c’est tout à fait le cas dans le rendu visuel de leur travail (clips et vidéo-projo), ce n’est franchement pas si évident si on s’en tient au disque.

  A vrai dire, ça n’a aucune importance. Si l’ombre d’ Alfred Hitchcock ne plane pas vraiment sur les treize plages, celles de belges éminents (Ghinzu un peu et, surtout, dEUS) est, elle, flagrante et peut-être plus intéressante (musicalement parlant je veux dire !).

  L’ambiance est au sombre, on enchaîne désillusions et cauchemards certainement alcoolisés (la voix de Redboy, tour à tour claire ou voilée de vapeurs éthyliques !). Les arrangements symphoniques, s’ils donnent parfois dans le grandiloquent, induisent plus chez l’auditeurs un sentiment de malaise claustrophobique que de pureté aérienne (ce côté sucré qui pollue quelque fois les productions pop avec orchestres).

  Bref, classe et élégance sont les deux mots qui ne manqueront pas de venir à vos esprits quand vous entendrez cet album. Car, oui, vous allez l’entendre au cours de cette année 2011, je veux bien en faire le pari. Ce n’est pas pour rien si la Belgique, pays peuplé de gens de bon goût quand ils ne sont pas politiciens, a consacré MLCD d’un Octave de la Musique (Victoire de la musique belge) !


MLCD – [My Little Cheap Dictaphone] – WHAT ARE YOU WAITING FOR from bubbleduchesse on Vimeo.

 

MLCD – [My Little Cheap Dictaphone] – MY HOLY GRAIL from bubbleduchesse on Vimeo.

 

 



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