Hoboken Division – Arts & Crafts

Hoboken Division… A la lecture du dossier de presse, envoyé par Nicolas Miliani, patron de Normandeep Blues, ce qui est déjà un gage de qualité, on s’aperçoit que le duo s’est déplacé du côté de Toulouse dans les studios Swampland pour enregistrer avec Lo’ Spider aux manettes. Ca part bien. Ajoutons à cela une superbe pochette signée Jean-Luc Navette dans ses traditionnels encrages déjà vu chez Heavy Trash et plus récemment chez Thee Verduns. En voilà assez pour nous mettre l’eau à la bouche avant de poser le nouvel opus Arts & Crafts sur notre platine…

Dès les première notes de « Shoot That Chicken » on sent bien qu’on s’aventure dans du blues trash. Ca respire l’esprit des cadors de chez Fat Possum. Junior Kimbrough n’est pas loin, le fantôme de RL Burnside rôde dans les parages. Les parties de slide vous saisissent aux tripes. Une fort belle mise en bouche.

Avec « Mighty Mistress » on peut supputer que les deux Hoboken Division ont été nourris aux White Stripes. La période rouge de Jack White semble autant avoir influencé le jeu de guitare que les parties vocales de madame. La période bleue actuelle reste pour moi plus énigmatique et beaucoup moins spontanée. Côté batterie, le minimalisme déjà présent chez Meg White se retrouve aussi et fonctionne parfaitement.

Avec des titres comme « Run », le coté garage punk s’invite à la fête. Le rythme s’accélère et on s’éloigne du blues. Mais comme le dit notre icône franco-belge, la musique qu’on aime, elle vient de là, elle vient du blues. Je rassure l’auditeur, citer Johnny, vous l’aurez compris, relève bien évidemment d’un pari que je viens donc de gagner. A moi le bon restau ce soir… Donc tout va bien, comme le disent les Hoboken Division dans « Everything’s Fine ». T’as vu comment on retombe sur ses pattes même après s’être fourvoyé chez Jean-Philippe Smet !!!  « Everything’s Fine », petite note de sensualité dans ce monde de brute, se pose comme une  pépite folk blues épurée où la voix chaude de la miss fait son effet portée par une guitare minimaliste au riff qui tourne en boucle. On retrouvera ce style en fin d’album avec une ballade limite country folk où la chanteuse installe une atmosphère sensuelle très réussie. « The Blue Devils » nous fait donc penser à quelques belles ballades des Rolling Stones où les parties de guitares rappellent celles d’un Ron Wood inspiré.

Avec « Sugardaddy », on retrouve le garage punk mélodique avec une mélodie vocale super réussie portée par une guitare gorgée de fuzz. Ca pourrait figurer sur les compils sixties Girls With Guitars ou toute autre pépite du genre.

On ne manquera pas de se laisser embarquer par la boucle hypnotique de “Desertion”, belle incursion de Hoboken Division dans un domaine à tendance psychédélique assumé. Après le fantôme de RL Burnside croisé plus haut, maintenant c’est celui de Syd Barrett qui s’invite à la fête.

Et puisqu’on est dans le rock sixties à tendance psyché, restons-y un peu avec « Late Night Riot » puisque  les Hoboken Division semblent apprécier ce style de musique.

« The Coffee Shop » nous ramène vers du rock’n’roll plus classique. Un riff accrocheur qui vous trotte dans le crâne. Et toujours cette alchimie entre les deux protagonistes du duo qui transparait tout au long de l’album et qui en est le fil conducteur. C’est bien fait. Encore une partie slide terrible.

On a pas mal parlé de R.L. Burnside durant cette chronique. Voilà maintenant que le groupe s’y attaque directement en reprenant « Shake Em On Down ». C’est la première fois que j’en entends une version chantée par une fille et force est de constater que ça cartonne sévère. Une très belle relecture.

Au final, les Hoboken  Division nous offrent avec Arts And Crafts un album varié où les influences majeures sont rock‘n’roll, blues trash, garage punk et musique psychédélique des sixties. Normalement en mélangeant tout ça on ne peut que partir sur de bonnes bases. Les Hoboken Division réussissent donc à proposer un album original et très bien construit. En plus il est beau avec son package noir classique illustré de mains de maitre par Jean-Luc Navette… Y a plus qu’à l’acheter, les gars !!!

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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