Mantra Machine – Nitrogen

Fumer des joints colle bien avec l'esprit du rock psychédélique, du stoner et tous ces délires pour lesquels l'utilisation de cigarettes qui font rire peut paraît-il décupler l'inspiration. On ne sait pas si les néerlandais de Mantra Machine ont recours à ce genre de stimulants (encore qu'habitant à Amsterdam, ils auraient tort de se priver), mais leur premier album n'en est pas moins un concentré de rock fumant. Formé en 2012, le groupe a rapidement sorti un premier EP, avant de passer au long format. Nitrogen est sorti en novembre 2014, et a atterri dans nos platines il y a quelques semaines. Le temps d'écouter la galette dans tous les sens et sous toutes les coutures, et nous pouvons affirmer que si la scène française peut se targuer d'une scène stoner / psyché / Doom des plus riches et qualitatives (Abrahma, Glowsun, Domadora, Mars Red Sky...), nos voisins européens ne comptent pas se laisser faire et possèdent eux aussi de jeunes artistes de talent. 
 

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Mantra Machine propose donc du stoner instrumental, sans qu'on ne puisse effectuer de rapprochement véritable avec les maîtres du genre, à savoir Karma To Burn. Loin de l'énergie viscérale des américains, les Néerlandais prennent leur temps et privilégient l'ambiance à l'efficacité. Les titres sont relativement longs et se rapprochent de jams. Il est probable que ces compositions soient nées d'improvisations endiablées, avant d'être davantage structurées par la suite. Pour peu que le groupe joue bien ensemble, les concerts doivent valoir le détour ! La section rythmique est très efficace, et la guitare vient surplomber l'édifice et jouer le rôle du chant. Paul Geerts s'en tire fort bien derrière sa six-cordes, en jouant peut-être un peu trop souvent sur la distorsion, au détriment de la mélodie pure. A ce titre, Mantra Machine reste sans doute un petit cran en dessous des excellents Domadora et de leur non moins excellent album Tibetan Monk.

 

Attention cela dit à ne pas réduire Mantra Machine au simple rôle de "moins doué que...". Le groupe possède sa propre patte et privilégie indéniablement l'ambiance au reste, ce qui l'éloigne des groupes qui balancent la sauce comme Earthless. A ce titre, on se laisse volontiers emporter par des pistes pleines de feeling ("Thistle"). La guitare ne cherche pas à se faire virtuose, mais laisse au contraire suffisamment d'espace à l'auditeur pour qu'il puisse laisser son esprit vagabonder et s'approprier la musique. Il s'agit d'une approche différente mais complémentaire à celle des parisiens de Domadora. Comme quoi le stoner instrumental est un genre bien plus riche qu'on n'aurait pu le croire, qui n'est absolument pas destiné à se limiter à l'approche qu'en a Karama To Burn, aussi plaisante soit-elle. Au contraire, il existe vraisemblablement maintes et maintes façons de jouer de ce style, de se l'approprier, de l'interpréter. Alors que les membres de Karma To Burn eux-mêmes ont contribué à lancer de nouvelles pistes avec Long Distance Calling, les groupes talentueux se multiplient et contribuent à revitaliser une scène stoner qui n'en finit plus de surprendre. Mantra Machine est de ceux-là.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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