Shuffle – Upon the Hill

"Shuffle fait des efforts, propose un album varié et bien ficelé relevé de quelques très bonnes idées, mais encore insuffisamment exploitées pour véritablement marquer les esprits".

Un EP, une centaine de concerts et quelques grosses premières parties dans la besace, les manceaux de Shuffle reviennent pour leur premier véritable album, étape ô combien importante. Le groupe s'inspire principalement du rock des années 1990 au sens large, rock alternatif et fusion notamment, avec un côté mélodique très présent, peut-être dû à leurs influences issues des années 1970. Influences revendiquées, mais qui à l'écoute restent bien timides, à l'exception d'un solo de clavier ici et là. Qu'importe me direz-vous, tant que la musique est bonne ! Et il y a du bon sur cet album. Du bon, et du moins bon.


tomorrow's relics, mr broom, is it real, upon the hill le mans


La bonne nouvelle, c'est que le groupe est sérieux, bosseur, et qu'il est parvenu à proposer quelques titres véritablement solides et entraînants. Bonne pioche avec "Tomorrow's relics" en ouverture, puissant, le clavier apporte un petit aspect aérien bienvenu, le refrain fait son effet, et tout cela s'écoute bien. On retrouve par la suite des titres moins évidents, comme le très fusion "Withdrawal", sur lequel Jonathan se montre encore un peu limite quand il passe en growl. Surtout, malgré quelques petits passages qui évoquent Opeth et qui laissaient envisager des développements inattendus, les titres ne cherchent jamais à véritablement s'éloigner des structures conventionnelles. Rester dans le conventionnel, pourquoi pas, mais il faut alors sortir des refrains et mélodies véritablement imparables, comme Clownage (par exemple) avait si bien su le faire sur son excellent Trails. Et c'est bien là que le bât blesse pour Shuffle.

C'est l'éternelle rengaine me direz-vous : chercher à taper dans le titre relativement simple mais imparable est une discipline olympique, aussi ingrate qu'exigeante que superbe quand on atteint les sommets. Trop de groupes se contentent souvent de balancer leur refrain le plus fort possible, en oubliant que ce qui fait sa réussite ou non, c'est la qualité de sa ligne mélodique. Un titre comme "Nobody cares", qui monte en puissance, manque d'une mélodie claire et facilement identifiable pour véritablement fonctionner, aussi bien fichu soit-il par ailleurs. De sorte que les titres finissent par se ressembler, malgré les efforts louables du groupe pour diversifier son propos (très bon "Is it real"). Heureusement, la belle fin d'album, ou le groupe, d'une part s'éloigne des structures trop conventionnelles, d'autre part trouve des mélodies plus marquantes ("Is it real" et "northern lights"), relève le niveau après un ventre mou.

 

Tout n'est donc pas noir, le groupe possède un certain potentiel, mais qui n'est pas encore pleinement exploité, d'autant plus que la production et le son manquent de relief, même si l'ensemble reste très propre. Très (trop) propre, manque de relief, voilà clairement ce qui cloche ici. Shuffle fait des efforts, propose un album varié et bien ficelé relevé de quelques très bonnes idées, mais encore insuffisamment exploitées pour véritablement marquer les esprits. Reste un premier album tout à fait sympathique, auquel il ne manque finalement qu'un peu de maturité. Le groupe doit travailler davantage ses points forts et surtout prendre garde à ce panneau dans lequel tombent tant et tant de jeunes formations : se concentrer sur de vraies mélodies. On attendra donc la suite des aventures des manceaux, qui on l'espère viendront confirmer les espoirs entrevus ici.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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