Festival Les Déferlantes 2015 – Day 04

Mountain Men, Monsieur Santana … et les autres…

Allez, on y retourne une fois de plus !!! Les organisateurs nous offrent cette année une quatrième soirée et c’est toujours avec le même plaisir qu’on se dirige vers le site magnifique du Parc De Valmy. Après quelques jours de repos, les festivaliers sont prêts à accueillir la légende de Woodstock, le légendaire Carlos Santana.

Arrivé sur le site par la désormais célèbre montée dans les vignes, tout aussi classe que la montée de marches à Cannes, on sera accompagné par le son des Mountain Men. Il est 17h30 et la formation blues avec un harmoniciste et un chanteur guitariste s’apprête à séduire le public de l'après-midi languissant tranquillement dans l'herbe devant la scène secondaire Pression Live. Dès le début du show des deux Mountain Men, le public se lève et vient en masse devant la petite scène. Le public semble adhérer d'office à la simplicité et la folie douce du duo, ça tape fort des mains pour accompagner les mélodies groovy de la guitare de Mr Mat. Si Mr Mat reste assis pour jouer, le joueur d'harmonica, Barefoot Iano, pied nus, fait le show, jongle avec son instrument western, danse. Moment de grâce avec le public visiblement comblé quand les Mountain Men reprennent à leur sauce le "Georgia on my Mind" de Ray Charles.

Mountain Men Déferlantes 2015

Pendant qu'une partie du public du festival se tasse déjà devant la scène principale les stars de la soirée, Charlie Winston et Santana, le public de Mountain Men aura pu assister à un show solide et original d'une toute petite heure qu'on aurait eu plaisir à voir durer. Avant un petit rappel, le set s'est achevé sur un blues bien heavy, la voix de Mr Mat se fait encore plus rauque, le public tape fort des mains, l'accordéon danse, le public bouge. Et c'est une belle ovation qui clôt le concert. On était du côté de la scène du partenaire bière du festival, on espère revoir Mountain Men sur la grande scène. Ces gars auront eu le mérite de fédérer quelques centaines de personnes venues tranquillement en dilettante écouter les premières notes de la soirée… Et après deux morceaux, les Mountain Men avaient tout ce petit monde dans leur poche ! Avec leur blues rock, ils auront fait chauffer les Gibson acoustiques pour notre plus grand plaisir. Ces gars là ont proposé une musique avec une âme. Certes, ils n’ont rien révolutionné mais ils font le métier avec les tripes et ça se sent. Une bien belle découverte qui donne envie de voir ce le groupe envoie en version discographique. Il est près de 18h30, je me dirige vers le bar du carré presse avant d'interviewer ce duo franco-australien bien sympathique (voir lien au bas de la page).

Mountain Men Déferlantes 2015 02

Après cette mise en bouche de qualité, il est temps de se restaurer au chaud alors que quelques gouttes de pluie font leur apparition. On se prend alors à imaginer un Woodstock Bis 40 ans plus tard mais le ciel catalan redeviendra clément très vite pour nous permettre de passer la fin de soirée au sec avec en guise d’apéritif Vadel, charmant éphèbe qui semble être livré en pack non négociable avec le grand Carlos par la prod’ de ce dernier. Vadel assure en effet beaucoup de dates de la première partie de Santana. Le jeune guitariste bénéficie d’un backing band de qualité lui permettant de prendre quelques soli bien sentis. La filiation musicale avec Santana et plus généralement avec le rock seventies saute aux yeux. Ainsi Vadel reprendra le "Whole Lotta Love" du grand Zeppelin à sa sauce, malheureusement moins piquante que l’originale. Mais le travail est fait et le groupe peut laisser la place à Michael Kiwanuka avec la satisfaction du devoir accompli.

Pas de trace du passage de Kiwanuka dans les colonnes de La Grosse Radio, nous étions en ce moment en train d’interviewer Charlie Winston. Comme pour les Mountain Men, le lien est en bas de page.

Prochain concert pour nous, après avoir profité des amuses-bouche offert dans l’espace VIP où nous sommes toujours accueillis comme des princes par Thierry et Géraldine, Julien Doré. Julien Doré sur La Grosse Radio, c’est un peu comme si Louane faisait la couv’ de Hard Rock Magazine. On n’est pas positionné sur le même champ. Mais Julien livrera une prestation sans tricher et il réussira à convaincre une grande partie du public notamment lors d’un passage remarqué dans la foule pour finir un morceau sur une statue du Parc de Valmy. Un sens du show indéniable. Respect.

Julien Doré Déferlantes 2015

La tension augmente d’un cran avec la montée sur les planches de l’homme au chapeau, Charlie Winston. Mis en orbite il y a quelques années par un premier album officiel Hobo rafraichissant, le britannique peine à confirmer et à trouver un style qui lui corresponde parfaitement. Ce soir, il vient défendre sont nouvel opus Curio City qui manifestement n’a pas un grand écho chez le public des festivaliers des Déferlantes venu ce soir en masse pour Carlos Santana. Pas facile pour Charlie de capter l’attention du public mais il s’y emploie sans rechigner et le set d’une heure lui permettra de balayer rapidement sa jeune carrière. Le final sur "Like A Hobo" fera enfin réagir l’audience de manière très positive. Ce soir le public a traité Charlie Winston comme une simple première partie… Peut-être méritait-il mieux ?

Charlie Winston Déferlantes 2015

Depuis quelques longues minutes, on voyait pendant le set de Charlie Winston un défilé permanant de roadies qui transportaient des mètres cubes de cab d’ampli ainsi que moultes objets nous signifiant que nos esgourdes risquaient de prendre bien cher dans les minutes à venir. A l’instar de Lenny Kravitz la semaine précédente, Carlos ne voyage pas léger… Pléthore de gens envahissent la scène des le début du show et balancent un rythme latino prêt à mettre en orbite le soliste virtuose.

Santana Déferlantes 2015

On notera d’ailleurs pour le coté Gossip du festival que Cindy Blackman, batteuse de Kravitz samedi dernier était madame Santana en 2010. Depuis je n’ai pas reçu de nouveau faire part… Après cette digression people dénuée de tout intérêt musical revenons au show Santanien.

La guitare PRS est bien huilée, un crunch très léger sublime l’ensemble. Carlos est concentré sur sa six-cordes presque exclusivement. Il a délégué le chant à un session man de qualité, il me semblait qu’à Woodstock, c’est lui qui faisait le boulot pourtant…

Santana PRS Déferlantes 2015

Putain 40 ans ? J’aurais aimé pouvoir l’interviewer et lui demander ce qu’un mec qui a pondu un best-of en 74 pouvait encore espérer de la musique… Vous l’aurez compris, je n’écoute pas du Santana tous les jours au petit déjeuner. Comme beaucoup de gens, je sui venu là voir un "morceau" d’histoire musicale, une légende. Pour beaucoup, ce show est un moyen de retourner dans le passé, de faire revivre des émotions enfouies depuis bien longtemps… Et à en juger le sentiment de respect qui se dégage de la foule, on voit que pour la majorité, cela fonctionne.

Après, une heure de set, je serai aussi embarqué par le train Santanien… Par méconnaissance de l’œuvre, il m’aura peut-être fallu plus longtemps que les familiers du latino. Mais dès les premières notes d’ "Europa", je raccroche le wagon. Ce phrasé évocateur et langoureux caractéristique chatouille et fait hurler la PRS avec un sustain déchirant… Des couples exultent à coté de moi, ils atteignent l’extase... Même dans les salons privés des partenaires du festival, tout le monde tend l’oreille. Il se passe quelque chose. Avec "Europa", on touche à un thème mythique de la culture musicale, aussi fort que les Quatre Saisons de Vivaldi popularisées par les répondeurs de l’ANPE. Santana nous fait voyager dans le temps. La De Lorean fonctionne. Et le retour vers le futur se fera en douceur jusqu’à la fin du set. Une reprise du "Tequila" des Champs maintiendra la pression et le rappel avec "Oye Como Va" et "Black Magic Woman" finira de mettre d’accord (un LA) les derniers récalcitrants. Ce soir une légende était présente devant nous, on a apprécié, chacun à sa manière, chacun avec ses envies et finalement la qualité de son set, on s’en fout !

Voila, c’est fini… Les organisateurs nous ont proposé un programme éclectique, donc forcement tout n’a pas plus à tout le monde mais n’est-ce pas là le principe d’un festival ? Il restera de ces quatre jours pour la majorité des festivaliers une impression de bien-être et de convivialité et c’est en grande partie cela qui fait la force et la qualité de cet événement que nous avons déjà hâte de retrouver l’année prochaine avec une programmation plus rock ‘n’ roll bien évidemment !!! Sinon les gars, Cali disait en interview qu'il voulait Springsteen à Valmy. Les contacts sont-ils déjà bien avancés pour son passage aux Déferlantes 2016 ?

 

Textes : Eric Jorda & Yann Landry
Photos : Yann Landry & Patrick Quinta



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