Doe Paoro – After

"Doe Paoro continue clairement de se frayer un chemin dans la pop electro un peu mainstream et semble se fondre dans la masse mélodramatique et faussement indie des Woodkid, Hozier, Sia et autre Lorde."

 

Doe Paoro, indie, pop, electro, 2015


On avait laissé Doe Paoro il y'a un peu plus d'un an en pleine reconversion artistique avec son EP Ink On The Walls; une reconversion qui si elle n'avait rien de catastrophique n'augurait pas forcément du meilleur. Et ce n'est pas After, son dernier album en date, qui viendra nous rassurer quant à la carrière de l'artiste.

La première excuse pour râler se trouve d'ailleurs dans la playlist du disque. En effet, plus d'un an après sa parution, Doe Paoro balance l'intégralité des quatre titres de son précédent EP sur son album; un transvasement d'autant plus douteux qu'il sent furieusement le réchauffé. Alors, oui, ces titres sont plutôt sympas, mais pour le fan, n'y avait-il pas moyen de ne mettre que la meilleure moitié de l'EP ("Nostalgia" et "Walking Backwards") et de remplir ce petit vide avec un surplus de créativité ? Un autre problème étant que les six titres restants sont pour le moins... décevants.

 

Doe Paoro continue clairement de se frayer un chemin dans la pop electro un peu mainstream et semble se fondre dans la masse mélodramatique et faussement indie des Woodkid, Hozier, Sia et autre Lorde. On a ainsi le droit a de la pop FM pas bien finaude avec "Untethered", ainsi qu'à des percussions lourdes et pleurardes de rigueur sur "Travelling"; qui comparé à sa version live épuré fait pâle figure. Une version live qui se rapproche bien plus de ce que la chanteuse proposait à ses débuts. Ce ne sont donc pas tant les compositions que l'approche qui est réellement à blâmer. Doe Paoro n'a pas perdu son sens de l'écriture, mais l'exploite d'une mauvaise manière et alourdit systématiquement ses chansons d'une hype contemporaine ici totalement inutile. Et si l'artiste se mue pour de bon en chanteuse pop, alors on ne pourra que regretter un immense gâchis. En l'état, Il faudrait gratter et gratter encore la surface pour se consoler autant qu'on peut, mais rien n'y fait; cette peinture pop de bas étage reste collée sous les ongles. Alors, que faire ? S'en laver les mains ou gratter encore dans l'espoir de retrouver cette âme fantomatique qui avait su nous subjuguer sur un premier album aussi viscéralement jouissif qu'inespéré ?

 

 

Slow To Love, le premier LP de la dame, n'était-il qu'un malentendu ? Dans ce cas, Doe Paoro serait à ranger dans les artistes "coup d'essai, coup de maitre" que l'on verra sombrer dans notre oubli pendant qu'elle, pour peu d'y arriver, montera vers des sommets plus favorables, de ceux que l'on gravit à coup de popularité panurgique. Tout cela reste sacrément dommage, d'autant plus qu'un titre assez chouette comme "Growth/Decay" laisse un goût amer dans la bouche, pas tant pour ce qu'il est que pour ce qu'il aurait pu être. Tout à fait à l'image de cet album, au fond.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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